Art intergénérationnel

Alzheimer Portugal a lancé un nouveau projet intergénérationnel : les Espaces de la mémoire, pour promouvoir l’inclusion des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer dans la cité. Ce projet, mené en accueil de jour, associe en binôme des personnes malades et des étudiants du Collège des Arts Maria Amalia. Les binômes créent des formes graphiques fondées sur les moments signifiants de leur vie. Les œuvres d’art décoreront l’accueil de jour de façon permanent.

Alzheimer Europe Newsletter, février 2013.

Bistrots Mémoire

Nés à Rennes il y a presque six ans, les Bistrots Mémoire ont essaimé partout en France, rappelle Isabelle Donnio, psychologue, chargée d’enseignement à l’École des hautes études en santé publique et co-fondatrice du Bistrot Mémoire de Rennes. Chaque mercredi après-midi, dans un café, des malades et leurs proches sont accueillis par une psychologue et des bénévoles pour un temps d’échanges, la plupart du temps à partir d’une présentation faite par un intervenant spécialisé. La finalité consiste à faire émerger la parole de chacun dans un contexte marqué par le plaisir et l’inscription dans la vie de la cité et le lien social. Ce lieu, inspiré par les anglo-saxons, a été soutenu dans un premier temps par la Fondation Médéric Alzheimer, rappelle Isabelle Donnio. « En rassurant et en assurant un accueil inconditionnel, sans jugement, le Bistrot Mémoire prévient les phénomènes de repli sur soi du malade et du couple aidant-aidé », explique-t-elle. « Quelqu’un qui vient de l’extérieur ne sait pas qui est qui. Il n’y a pas de hiérarchie entre les participants et l’équipe ». Pour Isabelle Donnio, « les Bistrots Mémoire sont comme les maillons d’une chaîne qui permettrait de traiter la dépendance non pas comme une décadence, mais comme une forme d’identité ».

Donnio I. Les Bistrots Mémoire : d’autres relations avec la démence. Documents Cleirppa 2013 ; 49 : 29-32.

Gîte

À Ponsan-Soubiran (Gers), Véronique Mondon vient de créer un gîte à destination des couples ou familles dont un des membres est atteint de de la maladie d'Alzheimer. Elle explique : « lors d'une formation à l'université de Saint-Etienne, j'ai travaillé la notion de répit aux aidants naturels des personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer. Mon gîte a pour mission d'accorder du répit, de continuer pour des couples à profiter de séjours de vacances ensemble, entre autres. J'accompagne le malade sur des activités pendant que son conjoint peut prendre du repos, visiter le département… »

La force du récit

Liz Young, psychologue clinicienne, Joanna Howard, bénévole et Kate Keetch, psychologue à la clinique Dunsbury Way de Havant-(Royaume-Uni), expliquent, chacune avec sa perspective, l’intérêt du récit de l’histoire de vie dans la stimulation mentale des personnes atteintes de démence, la remise en contact (reconnection) avec leur identité et leur bien-être émotionnel.

Le récit peut également être utilisé au plan politique pour la défense des droits des personnes malades. Jane Kendall, responsable du réseau Dementia Advocacy, explique comment elle a travaillé avec ses équipes pour identifier seize situations types, qui ont été ensuite présentées sous forme de courts récits (storytelling) mettant en avant l’intervention du bénévole défenseur des droits et les résultats pour la personne malade.

Young L, Howard J et Keetch K. “Once you start writing, you remember more”. J Dementia Care 2013; 21(2): 20-22. Mars-avril 2013. Kendall J. Taking their side; the power of storytelling. J Dementia Care 2013; 21(1): 23-25. Janvier-février 2013. Dementia Advocacy Network, Advocacy Plus. Taking their side: fighting their corner - 16 stories demonstrating the difference independent advocacy makes to the lives of people with dementia. 2012.

http://dan.advocacyplus.org.uk/data/files/Taking_their_side/FINAL_COPY_TAKING_THEIR_SIDE_MARCH_2012.pdf(texte intégral).

Tablettes tactiles

Tim Lloyd—Yeates, directeur de l’association Alive ! (Vivant !), lancée en 2009 et qui emploie maintenant quinze présentateurs, explique l’utilisation des tablettes tactile dans l’élaboration du récit de vie, dans des groupes de réminiscence. La tablette est reliée à un vidéo-projecteur ou à un écran de télévision. Les participants sont encouragés à partager leurs souvenirs de télévision, de films ou de musique. L’animateur cherche ces souvenirs sur Internet à partir de la tablette et les projette ou les fait écouter immédiatement. La source principale des extraits audio-visuels est le site YouTube. Les animateurs et les personnes malades apprécient également plusieurs applications téléchargeables, comme l’étang de poissons japonais (iFish Pond), la décoration de poterie virtuelle (Pottery HD), les applications de dessin et de création musicale (guitare et piano).

J Dementia Care, janvier-février et mars-avril 2013.www.aliveactivities.org.

Retour haut de page