Troubles du comportement : le rôle de la psychogériatrie

Les patients psychiatriques à troubles du comportement se retrouvent souvent « indésirables » à la fois en gériatrie et en psychiatrie. Aussi se retrouvent-ils souvent en EHPAD ou en unité de soins de longue durée, sans que ces établissements soient spécialisés ou dédiés à ces pathologies. La psychogériatrie a pour avantage d’aborder le trouble du comportement comme un symptôme à explorer. La collaboration entre les équipes de psychiatrie de secteur et celles de gérontologie ou d’EHPAD se révèle être un grand soutien pour les soignants. De nouvelles pratiques émergent : intervention de neuropsychologues, plan d’aide individualisé, désignation d’un référent par patient, échanges autour de pratiques professionnelles. Résultats : moins de souffrance pour les patients, moins de comportements maltraitants, moins d’épuisement et d’absentéisme pour le personnel.
Soins Gérontologie, Julie Bouchara, septembre-octobre 2008.

Troubles du comportement : quelles thérapeutiques ?

Les troubles du comportement, en particulier ceux associés à la démence (dont la maladie d’Alzheimer est une des formes), comportent des attitudes difficiles à supporter pour l’entourage et les soignants, tels la violence physique, les errances, les cris, les projections d’objets. Ces troubles sont souvent l’expression d’une protestation, d’une plainte douloureuse : la vie en institution remet en cause tout un ensemble de rites, de repères, d’habitudes. Le trouble trouve parfois son émergence dans la réminiscence d’événements antérieurs douloureux. Il cherche à attirer l’attention sur soi, à pallier le sentiment d’abandon. Sa prise en charge exige donc que l’on commence par définir ses antécédents, en essayant d’analyser l’histoire du malade. L’évaluation peut se faire sur la base d’une grille spécifique. Les techniques non médicamenteuses doivent être privilégiées : espaces de vie organisés autour des idées de calme, de silence ; travail du soignant et du médecin fondé sur l’écoute et la volonté de comprendre (y compris la communication non verbale) ; activités de réhabilitation réalisées par des personnels spécifiquement formés (par exemple, ateliers de musicothérapie). Ne jamais oublier que les troubles du comportement représentent un signal de détresse adressé maladroitement à l’entourage.
Soins Gérontologie, Ph.Thomas, C.Hazif-Thomas, R.O.Peix, septembre-octobre 2008.

Troubles du comportement : quelle prise en charge ?

L’unité de soins de suite de psychogériatrie de l’hôpital Chardon Lagache-Rossini (AP-HP, Paris) a pour objectif principal la gestion des symptômes comportementaux et psychologiques liés aux troubles cognitifs organiques évolutifs. L’unité accueille des patients jugés « difficiles », « ingérables » et souvent considérés comme « dérangeants ». L’équipe s’astreint à une démarche médicale rigoureuse, fondée sur quelques principes élémentaires : tout trouble organique peut générer une confusion mentale chez une personne aux fonctions cognitives fragilisées ; tout médicament récemment introduit est jusqu’à preuve du contraire suspect : les symptômes les plus bruyants ne sont pas forcément les plus graves ; tout patient a une personnalité singulière.
La prise en charge débute par un recueil précis des antécédents du patient : la iatrogénie, en particulier, doit toujours être suspectée et éliminée. Un diagnostic précis des éventuelles pathologies psychiatriques doit toujours être effectué. Il faut éviter le plus possible l’usage des neuroleptiques, du fait de leur action néfaste sur les troubles cognitifs. Les symptômes comportementaux sont généralement l’expression d’un environnement inadapté à la compréhension du patient. D’où l’importance des techniques non médicamenteuses, par exemple dans l’adaptation des soins d’hygiène à la psychologie du patient, qui peut dans certains cas, les assimiler à une agression sexuelle. Ou dans la préférence donnée à la communication non verbale, qui permet souvent, à travers l’intonation, les attitudes corporelles, la mimique, de décoder tout un ensemble d’informations.
Soins Gérontologie , B.Le Dastumer , JL Noel, C.Séguy, D.Thorez, septembre-octobre 2008.

Hortithérapie

Les Ateliers Nature Culture, conçus par l’architecte paysagiste Martine Brulé, sont ouverts aux personnes handicapées, personnes âgées et personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer, en concertation avec les médecins, les psychologues, le personnel soignant et les animateurs, afin de développer des activités orientées vers un mieux être et une meilleure qualité de vie.
Il s’agit aussi de créer un lien à la fois culturel, ludique et thérapeutique entre les différentes activités « non médicamenteuses ». Parmi les thèmes proposés : la sensibilisation au milieu vivant, la composition de paysages miniaturisés, la réflexothérapie avec des pierres, les compositions florales, la rédaction d’un « carnet », avec photos, collages, herbier, etc. Le cadre de l’atelier est aussi une invitation à la découverte sensorielle, où les cinq sens sont représentés.
Les Cahiers de la FNADEPA , Martine Brulé, septembre-octobre 2008.

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