Phytothérapie : approche européenne

L’étude européenne GuidAge, coordonnée par le Professeur Bruno Vellas, de l’unité INSERM U558 au gérontopôle de Toulouse, portant sur deux mille huit cent cinquante-quatre personnes, avait pour but d’évaluer l’efficacité d’un traitement de cinq ans par un extrait de Gingko biloba (EGb761, principe actif du médicament Tanakan), dans la prévention de la démence de type Alzheimer, chez une population de personnes âgées de soixante-dix ans ou plus, exprimant spontanément une plainte mnésique auprès de leur médecin de famille et vivant à domicile à l’inclusion dans l’étude. Le Pr Vellas salue la coopération entre les centres mémoire et un réseau de six-cent-cinquante-huit médecins de famille formés à la recherche clinique, qui a permis une observance du traitement de 93% dans la population en intention de traiter. Le principal objectif d’efficacité (retarder la conversion vers une démence de type Alzheimer) n’a pas été statistiquement atteint. Cent trente-quatre personnes ont développé une démence, dont 4.3% dans le groupe traité par l’EGb761 et 5.2% dans le groupe ayant reçu un placebo. Une différence statistiquement significative est observée dans le sous-groupe des patients traités pendant au moins quatre ans (neuf cent quarante-sept personnes), mais le nombre de patients concernés est très faible 1.6% des patients traités par EGb761 contre 3.0% dans le group placebo ont développé une démence. Le Pr Vellas indique que les résultats de cet essai clinique doivent être confirmés par d’autres études.

Par ailleurs, le laboratoire Ipsen a transféré à la recherche publique française une banque biologique constituée au cours de l’étude GuidAge et contenant les échantillons de sang et les extraits d’ADN de plus de deux mille personnes ayant participé à l’étude.

My-pharma-editions.com, www.capital.fr, 22 juin 2010.

Dépression

Dans la littérature, 85% des personnes accueillies en maison de retraite présentent une affection neuropsychiatrique mais tous n’ont pas la possibilité de bénéficier d’une prise en charge adaptée, avec le risque d’aggravation de leur état. Comment augmenter la qualité de vie de ces personnes en améliorant la prise en charge ? En Indre-et-Loire, des psychologues des établissements des Fondettes et de Saint-Cyr-sur-Loire (groupe Korian) confirment une prévalence élevée en EHPAD : plus de 50 % des personnes testées avec l’échelle MADRS (Montgomery-Åsberg Depression Rating Scale). Les auteurs proposent l’intervention d’une équipe mobile de gérontopsychiatrie avec un rôle d’expertise, un rôle thérapeutique et un rôle d’accompagnement des équipes, afin d’anticiper et de désamorcer les crises, tout en rassurant les familles. Cette équipe viendrait compléter efficacement les compétences pluri-professionnelles au sein de l’institution.

Michèle Joulain. maître de conférence et ses collègues du département de psychologie de l’Université de Tours (Indre-et-Loire), ont étudié, auprès de cinq cent-soixante-et-onze personnes âgées de soixante-six à quatre-vingt quinze ans, l’impact de l’activité et des loisirs sur le niveau de dépression. Les résultats montrent un impact positif des activités de loisirs sur la dépression, les activités physiques et les activités impliquant un engagement social étant primordiales. Pour les auteurs, au-delà des spécificités des activités, c’est l’aspect fondamental des échanges interpersonnels pour le bien-être qui est réaffirmé.

Kuhnel ML et al. Prévalence de la dépression en EHPAD : nécessité d’une approche gérontopsychiatrique. Juin 2010. Neurologie Psychiatrie Gériatrie. Joulain M et al. Vieillissement, vieillesse et dépression : le rôle des activités et des loisirs. Juin 2010

Vocalises

Pour Dominique Manière, du CHU de Dijon, Marc Morlet, de l’hôpital local d’Auxonne (Côte d’Or) et Louis Ploton, de l’Université Lyon-2, si les comportements vocaux perturbateurs des personnes âgées, notamment atteintes de démence, ne sont pas les troubles comportementaux les plus fréquents, ils sont parmi les plus dérangeants et donc les plus susceptibles de conséquences graves, pour la personne malade comme pour l’entourage, les professionnels ou les autres résidents. Depuis quelques années, la littérature scientifique sur le sujet s’est étoffée, même si de nombreux travaux sont restés descriptifs ou ne sont pas des études contrôlées. Les principales causes de comportements vocaux perturbateurs sont la douleur, les sources d’inconfort, les hallucinations et délires, la dépression, l’anxiété. Comme tout trouble du comportement associé aux démences, ils justifient une approche médico-psychosociale et pluri-professionnelle. Leur prise en charge thérapeutique par des psychotropes ne doit jamais être systématique ni d’instauration rapide, et une réflexion éthique est indispensable face à ces situations très complexes, selon les auteurs.

Psychol Neuropsychiatr Vieil. Manière D et al. Les comportements vocaux perturbateurs. Juin 2010.

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