Verrous génétiques

De petites molécules d’acide ribonucléique (siARN, small interfering RNAs ) ont la capacité de verrouiller sélectivement certains gènes. Les micro-ARN s’associent à une protéine spécifique (dite argonaute) pour former un complexe qui interrompt le processus de synthèse des protéines. L’effet d’interférence par l’ARN a valu en 2006 le prix Nobel de physiologie et de médecine aux Américains Andrew Fire et Craig Mello. On pense que la nature a inventé ce procédé pour protéger la cellule, animale ou végétale, des invasions de parasites de toute nature. Nombre d’experts estiment aujourd’hui possible de synthétiser des ARN interférents capables d’éteindre l’expression de n’importe quel gène existant dans le noyau d’une cellule. Dans le domaine des maladies neurodégénératives (Parkinson, Alzheimer, Huntington et sclérose latérale amyotrophique), des essais encourageants ont été obtenus chez les rongeurs.
Les Echos, 9 septembre 2008.

Expertise de l’environnement architectural

Comment créer des espaces conviviaux où le résident se sente libre et respecté tout en étant dans un milieu protégé ? La Fondation Médéric Alzheimer mène une étude exploratoire de neuf mois, baptisée EVAL, dont les premiers résultats seront connus fin 2008. Elle consiste en une expertise, sur trois sites, de l’agencement architectural et de l’environnement des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer, évaluées au plan cognitif, comportemental, médicamenteux et physiologique. « L’aménagement de l’environnement améliore la qualité de vie des malades », selon Kevin Charras, responsable du pôle Etudes à la Fondation Médéric Alzheimer. L’enjeu est de mesurer ces effets pour aboutir à une grille d’évaluation des espaces. « Il est intéressant de qualifier les espaces pour faciliter leur lisibilité », explique-t-il : « par exemple, en délimitant des espaces aux usages différents avec des meubles et des éléments cloisonnant » : ateliers, restauration, salon. Il s’agit de donner des repères sans multiplier les stimuli, comme le ferait une multiplication des décorations et couleurs.
La Gazette Santé-social. septembre 2008.

Eclairage et vieillissement

Une personne de soixante ans ne reçoit que 60% de la lumière qu’elle percevait à vingt ans, selon le professeur Christian Corbé, ophtalmologiste et président de l’Agence française de l’éclairage (AFE), qui a organisé un colloque cet été sur cette problématique. Le vieillissement entraîne un décalage par rapport à l’environnement habituel, en raison de la perte de sensibilité spectrale, de luminance, de contraste chromatique, d’acuité visuelle. Un bon éclairage peut remédier à cette situation, et même faire reculer certains effets de la maladie d’Alzheimer à un stade précoce, en offrant sérénité et quiétude. Le plan Alzheimer, selon lui, va inciter les professionnels de l’éclairage à se pencher sur les maisons de retraite. Jean-Jacques Ezrati, éclairagiste-conseil et Véronique Valbin, psychologue clinicienne, ont formé les soignants d’un établissement du Finistère à augmenter ou baisser les contrastes. Pour le repas, les pots à eau sont colorés. Dans les chambres, l’éclairage a été modifié (teintes froides et éclairement élevé le jour ; teintes chaudes et éclairement variable la nuit). Pour la salle de bain, la lumière est restée identique. Pour les couloirs, les variateurs existants sont davantage utilisés et en position basse le soir. Quels résultats ? Au cours des repas, les personnes montrent davantage d’autonomie pour s’alimenter, et dans les couloirs, ils accèdent plus facilement à leur chambre.
Décideurs , août-septembre 2008.

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