Nanotechnologies

Des chercheurs du service de génie électrique à l’Université d’Arkansas montrent, in vitro , chez le rat, que des nanotubes magnétiques, associés à un facteur de croissance neuronal, permettent la différentiation de cellules spécifiques en neurones, sans toxicité cellulaire anormale apparente.
www.newswise.com , 13 janvier 2009. Nanotechnology . Xie J et al. The effects of functional magnetic nanotubes with incorporated nerve growth factor in neuronal differentiation of PC12 cells . Mars 2008.

Antipsychotiques et réduction de l’espérance de vie

L’administration prolongée d’antipsychotiques (neuroleptiques) réduit l’espérance de vie des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer, selon une étude randomisée conduite par Clive Ballard du King’s College de Londres, menée auprès de cent soixante-cinq personnes malades vivant en institution et recevant soit des antipsychotiques (thioridazine, chlorpromazine, halopéridol, trifluoropéridol ou rispéridone), soit un placebo, et suivie pendant quatre ans. La probabilité cumulée de survie à douze mois était de 70% chez les personnes sous antipsychotiques contre 77% chez les personnes sous placebo. La différence de survie s’accentue au fil du temps : 46% contre 71% à deux ans, 30% contre 59% à trois ans. Cette étude est la première du genre à être menée sur une aussi longue période. Les antipsychotiques sont souvent utilisés, en dehors de leurs indications officielles, chez des personnes atteintes de maladie d’Alzheimer, pour corriger ou prévenir les périodes de grande agitation et l’agressivité. De tels résultats conduisent à remettre en question l’usage qui peut être fait des médicaments antipsychotiques chez ces malades. Cet usage se fonde sur une série d’études récentes montrant un bénéfice modeste et de courte durée (six à douze semaines) pour lutter contre les troubles du comportement. Les auteurs ne remettent pas en cause cet usage ponctuel, à de faibles doses, des antipsychotiques les plus récents, mais condamnent leur utilisation prolongée, pratique répandue et qui entraîne, au Royaume-Uni, des dépenses annuelles de l’ordre de quatre-vingt millions de livres (quatre vingt dix millions d’euros). Ils plaident pour des interventions psychosociales et des soins individualisés, et estiment que l’usage fréquent et prolongé des antipsychotiques en institution est le reflet d’une insuffisance de personnel et d’une insuffisance de formation. En Europe et en Amérique du Nord, la proportion de malades en institution à qui ces médicaments sont prescrits sur une longue période est estimée entre 30% et 60%.
Le Monde, 12 janvier 2009. Lancet Neurol. Ballard C et al. The dementia antipsychotic withdrawal trial (DART-AD): long-term follow-up of a randomised placebo-controlled trial. 9 janvier 2009.

Economie de la dépendance : programmes de recherche européens

Dans le cadre du septième programme-cadre de recherche et de développement (PCRD) et en collaboration avec seize autres partenaires, l’IRDES (Institut de recherche et de documentation en économie de la santé) développe un projet INTERLINKS (Health systems and long-term care for older people in Europe – Modelling the INTERfaces and LINKS between prevention, rehabilitation, quality of services and informal care). Il s’agit de mettre en place une méthodologie permettant de construire un cadre conceptuel de description et d’analyse des différentes modalités d’organisation des soins au long cours (long term care) pour personnes âgées dans une perspective européenne et en prenant en compte trois niveaux d’analyse : macro (financement, régulation), méso (organisation et planification des ressources) et micro (délivrance sur le terrain). Le but est de montrer comment les liens vers les services de soins médicaux, la qualité des services de soins de long terme, les incitations à la prévention et à la réhabilitation, et l’aide aux aidants informels peuvent être gouvernés et financés afin de renforcer les structures, les procédures et les résultats des organisations de soins de long terme. Un outil de comparaison inter pays sera construit afin de permettre à chacun de se situer et de définir ses zones d’action prioritaires. Ce modèle permettra d’émettre des recommandations au niveau européen. Le leader du projet est leEuropean Centre for Social Welfare Policy and Research de Vienne (Autriche). Les données proviendront de la littérature, d’un groupe d’experts, ainsi que d’expérimentations sur le terrain. L’enquête internationale SHARE pourrait constituer l’un des outils majeurs de cette recherche.
En lien avec ce projet européen, l’IRDES collaborera en 2009-2011 avec le Laboratoire d’économie et de gestion des organisations de santé de l’Université Paris-Dauphine et la MiRe-DREES, sur un projet comportant quatre volets : approche comparative internationale, état des lieux des populations traitées en soins de long terme en France, comportements de demande de soins de long terme et comportements d’offre sur le marché de la prise en charge institutionnelle (coûts, pratiques de gestion, qualité).
IRDES . Lettre d’information. Janvier 2009. IRDES . Programme de recherche 2009-2011,novembre 2008. www.irdes.fr . 

Maladie d’Alzheimer et surdité : faut-il appareiller ?

Faut-il appareiller un patient malentendant souffrant d’Alzheimer, et, si oui, comment ? C’est à cette question que le Groupe de recherche Alzheimer Presbyacousie, (GRAP Santé), souhaite répondre grâce à une recherche lancée depuis six mois. « Pour ce faire, explique Laurent Vergnon, fondateur du GRAP Santé, nous allons proposer à des malentendants atteints d’Alzheimer et présentant un score MMSE (Mini-mental state examination) supérieur à 15 de porter des aides, fournies par la fondation Siemens ; la moitié du groupe bénéficiera en outre d’un suivi orthophonique. Les résultats pourraient fournir un argument supplémentaire en faveur d’un appareillage précoce, souligne Laurent Vergnon. « La privation sensorielle est dramatique, qu’elle soit visuelle ou auditive ». « Inversement, cela pourrait confirmer que si un malentendant n’est pas appareillé, les contacts avec les autres vont se faire plus rares, la communication également et cela pourrait créer un terrain favorable au développement de troubles cognitifs ajoutés, car le cerveau est alors ‘désafférenté’ ». In fine, ces travaux pourraient étayer la thèse selon laquelle il vaut beaucoup mieux appareiller avant la survenue de la maladie d’Alzheimer pour que le port d’une aide auditive devienne un automatisme. L’étude pourrait confirmer qu’en présence d’une surdité de perception, quand le transcodage n’est plus effectué correctement et qu’il y a distorsion, il ne faut pas seulement appareiller la personne mais aussi la mettre en relation avec un orthophoniste pour se familiariser avec le nouveau langage « déformé » qu’elle doit maintenant essayer de comprendre.
www.audition-infos.org , 14 janvier 2009.

Plus personne au lit ? le coussin sonne l’alarme

Bernard Briantais, retraité de Cholet, a mis au point un coussin « intelligent » permettant de détecter l’absence prolongée d’une personne âgée dans son lit. Il se place sous le matelas et déclenche une alarme si la personne âgée ne retourne pas se coucher au bout d’un certain temps. La durée est réglable en fonction des besoins et du mode de vie de la personne. L’alerte peut se déclencher ainsi au bout de quelques secondes ou de quelques minutes. Le système a initialement été conçu pour des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer résidant en établissement, incapables d’utiliser un médaillon d’alerte.La technologie a été adoptée par une vingtaine de maisons de retraite dans la région de Cholet et équipe déjà cent vingt lits. Marie-Thérèse Girard, directrice de la maison de retraite Nazareth, a équipé depuis deux ans une quinzaine de chambres de ce système. «C’est une meilleure sécurité pour le résident et un meilleur confort. On fait de la prévention ». La nuit, il y a trois rondes, espacées de deux heures et demie. « Le personnel n’a pas été totalement libéré. Mais la surveillance est plus pointue. Il peut intervenir rapidement et éviter de retrouver une personne inanimée. ». Parfois, le personnel s’est opposé à cette installation, craignant qu’elle ne se transforme en outil de contrôle. Marie-Thérèse Girard hausse les épaules : « Les appels classiques sont déjà enregistrés. Où est la différence ? » Elle est dans le confort des personnes âgées. « C’est de la bientraitance ! ».
www.senioractu.com , 9 janvier 2008. Ouest France, www.choletmaville.com , 25 novembre 2008.

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