Prothèse cognitive

Le projet international Cogknow (2006-2009) vise à développer des technologies d'assistance destinées à des personnes atteintes de maladie d'Alzheimer ou apparentée au stade léger. Ce projet international est mené en collaboration par l'Institut EMGO de l'Université libre d'Amsterdam (Pays-Bas), le centre de soins à distance de l'Université de technologie de Luleå (Suède), l'entreprise Novay d'Enschede (Pays-Bas), les Université d'Ulster et de Queens à Belfast (Irlande du Nord), le centre norvégien de télémédecine et le conseil du comté de Norrbotten de Luleå (Suède). Il s'agit de développer une « prothèse » cognitive intégrée, configurable à distance, pour le soutien des personnes malades dans des domaines où les besoins ne sont pas satisfaits : la mémoire, le contact social, les activités de la vie quotidienne et le stress psychologique. Trois cycles de développement, s'appuyant sur quarante-cinq utilisateurs et quarante-cinq aidants (processus « users-driven » : conduit par les utilisateurs), ont permis de développer un prototype testé dans les trois pays. Chaque cycle comprenait l'évaluation des besoins des personnes malades et leurs aidants, l'amélioration du prototype et une phase d'évaluation. Le système développé a été nommé « navigateur de jour » (Cogknow Day Navigator) et offre un soutien personnalisé dans quatre domaines : le rappel des choses à faire et l'orientation dans le temps, l'appel téléphonique par appui sur une image, un lecteur multimédia et des fonctions de sécurité (indiquant par exemple si la porte d'entrée est restée ouverte, ou aidant la personne malade à rentrer chez elle depuis l'extérieur). Ce dispositif est relié à un serveur central, qui est programmé avec les préférences et les calendriers des personnes malades. Ce projet est soutenu par un programme de recherche européen (FP6-ICT).

Neurologie Psychiatrie Gériatrie. Dröes et al. Assistive technology for people with mild dementia : results from the Cogknow project. Septembre 2009.

Une caméra autour du cou

La SenseCam, un appareil photo numérique, capable de prendre des clichés automatiquement toutes les trente secondes, pourvu d'un objectif grand angle, de capteurs de luminosité et de contraste, d'un détecteur de température et d'un accéléromètre, capable de stocker trente mille clichés sur un gigaoctet de mémoire, a été mis au point en 2005 par les laboratoires de recherche de Microsoft, en collaboration avec le centre mémoire de l'hôpital universitaire Addenbrooke de Cambridge (Royaume-Uni). L'objet est destiné à capturer les moments de la vie d'une personne de manière passive. Cinq cents modèles sont en circulation, essentiellement utilisés par des chercheurs. Selon le magazine New Scientist, l'entreprise britannique Vicon va produire en masse ces caméras, sous le nom de ViconRevue, afin d'en baisser le prix de vente. Selon Henry Kautz, de l'Université de Rochester (New York, Etats-Unis), cette caméra pourrait trouver sa place dans la vie de tous les jours d'une personne souffrant de troubles de la mémoire, aux côtés d'un carnet de notes.

Clubic.com, 19 octobre 2009.

Stimulation cognitive en EHPAD

La stimulation cognitive est un type d'intervention non pharmacologique initié en France à l'hôpital Broca et à la Fondation nationale de gérontologie à la fin des années 1980. Elle désigne la sollicitation méthodique des fonctions cognitives, psychologiques et sociales, à travers une approche écologique, c'est-à-dire adaptée aux besoins réels de la vie quotidienne. Elle comporte deux volets, l'un s'adressant aux personnes malades, l'autre à leurs aidants naturels et/ou professionnels. Pour Jocelyne de Rotrou, du centre mémoire de ressources et de recherches de l'hôpital Broca de Paris, et Pierre Bert, de la direction médicale d'AREPA (association des résidences pour personnes âgées), la stimulation cognitive en EHPAD peut être organisée soit sous forme individuelle, soit sous forme collective, au sein de groupes homogènes de résidents constitués en fonction des résultats d'une évaluation initiale pluridisciplinaires (bilans neuropsychologique, sensoriel et locomoteur, autonomie, nutrition...) réalisée sous la responsabilité du médecin coordonnateur avec l'aide du médecin traitant. La stimulation cognitive est proposée au résident par le médecin coordonnateur, qui doit recueillir son accord et celui de ses proches. Le PASA (pôle d'activité et de soins adaptés de l'établissement, qui accueille pendant la journée les résidents souffrant de maladie d'Alzheimer avec des troubles modérés du comportement) peut être le lieu privilégié de la mise en place d'un programme de stimulation cognitive. Sous la responsabilité du médecin coordonnateur, la stimulation cognitive est mise en oeuvre par le personnel du PASA : psychologue, ergothérapeute, assistant de soins en gérontologie, psychomotricien ou personnel soignant de l'établissement. Le personnel doit être spécifiquement formé à l'évaluation, aux techniques de soins et de communication et aux traitements non médicamenteux de la maladie d'Alzheimer. Le programme de stimulation est adapté à l'évolution de l'état clinique de la personne malade.

Le Journal du médecin coordonnateur, octobre-décembre 2009.

Médicaments spécifiques Alzheimer

La direction régionale du service médical de l'Assurance maladie de Provence-Alpes-Côte d'Azur a mené une étude descriptive rétrospective sur près de dix-huit mille personnes ayant reçu au moins un médicament spécifique de la maladie d'Alzheimer. 87% étaient déclarés en affection de longue durée pour au moins une des trente maladies ; 56.3% des patients étaient en ALD 15 (maladie d'Alzheimer et autres démences), 3.5% en ALD 16 (maladie de Parkinson) et 4% en ALD 23 (affections psychiatriques). 77% des prescriptions émanaient d'un médecin généraliste, 11% d'un neurologue, 3% d'un psychiatre ou d'un neuropsychiatre, 2% de médecins d'autres spécialités (dont la gériatrie). 79% des personnes étaient traitées en monothérapie. 16% recevaient une bithérapie associant un anticholinestérasique (donépézil, rivastigmine, galantamine), cette association n'étant pas recommandée. Le risque iatrogénique était présent dans le cas de co-prescription prolongée d'anxiolytiques (23% des personnes de l'étude). 64.9% des patients ont eu des actes infirmiers, 49.5% des actes de kinésithérapie, 45.3%un transport sanitaire, 39.1% du matériel d'aide à domicile et 12.5% des actes d'orthophonie. Un tiers des personnes malades a été hospitalisé au moins une fois dans l'année, une proportion comparable à celle observée dans l'étude Real.fr. La décision d'hospitalisation n'est pas exceptionnelle, mais coûteuse pour l'assurance maladie. Pour la Haute autorité de santé, l'hospitalisation devrait s'organiser en première intention en unité Alzheimer pluridisciplinaire ou en unité de cour séjour gériatrique ou de psychiatrie du sujet âgé, afin d'éviter le passage par les urgences. Les séjours répétés ou prolongés sont peu nombreux. En termes de coût, les hospitalisations représentent 26% du montant total remboursé, qui s'élève à 8 242 €, et les soins infirmiers 35%. Par comparaison, en 2004, le montant moyen remboursé pour l'ALD 15 était de 8 453 € pour la France entière, les soins infirmiers représentant 13% du total. Le service médical de l'assurance maladie souligne la difficulté de traiter et de suivre la maladie d'Alzheimer au regard des recommandations professionnelles de la Haute autorité de santé. Le médecin traitant et l'infirmière sont au centre de la prise en charge à domicile, mais ils sont insuffisamment formés et coordonnés. L'assurance maladie attend les effets de deux mesures du plan Alzheimer 2008-2012 : la lutte contre le risque iatrogène des psychotropes (mesure 15) et la coordination.

La Revue de Gériatrie. Allaria-Lapierre V et al. Patients traités par médicaments spécifiques de la maladie d'Alzheimer : une analyse descriptive à partir des bases de données de l'Assurance maladie. Septembre 2009.

Recherche en maison de retraite

Peu de recherches cliniques sont conduites en maison de retraite. Le réseau REHPA (réseau de recherche en établissement d'hébergement pour personnes âgées) est un espace de collaboration entre le service de gériatrie du CHU de Toulouse et deux cent quarante maisons de retraite. Une étude observationnelle est menée par l'équipe du Professeur Bruno Vellas auprès de quatre mille neuf cents résidents : 73.9% sont des femmes, d'âge moyen 65.7 ans /- 8.8 ans. Le poids moyen est de 61.9 /- 14.8 kg, le score des activités de la vie quotidienne de 2.8 /- 2.1. Une maladie d'Alzheimer est diagnostiquée dans 43.5% des cas (dont seulement 50.9% sont traités). 19.6% des personnes malades présentent un comportement agressif, 10.8% crient, 10.9% déambulent, 27.4% sont traitées par des antipsychotiques, 54.4% ont une hypertension, 8.7% ont un diabète, 14.8% une ostéoporose, 4.1% sont tombées la semaine précédant l'étude, 37.9% ont mal et 19.8% ont perdu du poids. Plus d'une personne sur sept (13.5%) a été hospitalisée depuis moins de trois mois.

J Nutr Health Aging. Rolland Y. Descriptive study of nursing home residents from the REHPA network. 2009.

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