Horizons lointains

Selon Philippe Amouyel, directeur général de la Fondation Plan Alzheimer, évoquant les pistes génétiques pour la mise au point d’un traitement de la maladie d’Alzheimer, « il faut vingt-cinq ans pour mettre au point un traitement ou un vaccin, à partir d’hypothèses à valider. La Fondation Plan Alzheimer est associée à l’industrie pharmaceutique pour raccourcir au maximum le temps de mise sur le marché d’un traitement ». 

www.agevillage.com, 26 mai 2010.

Immunoglobulines

Michael Rafii, professeur assistant de neurosciences à l’Université de Californie à San Diego (Etats-Unis) et directeur associé de l’étude collaborative ADCS (Alzheimer’s Disease Collaborative Study) a lancé un essai clinique de phase III (à grande échelle chez l’homme) pour évaluer les effets de l’immunoglobuline chez des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer.

Alzheimer Europe Newsletter, mai 2010. 

EHPAD et hôpitaux : transferts à risque (1)

« L’hospitalisation renforce la dépendance », selon le Professeur Yves Rolland, du CHU de Toulouse. Une étude du gérontopôle (PLEIAD : étude épidémiologique descriptive en EHPAD) a analysé les flux de patients entre établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD), domicile, hôpitaux, et autres institutions, dans trois cents établissements de plus de cinquante lits. Deux mille deux cent trente-et-un patients ont été inclus, dont mille cinq atteints de la maladie d’Alzheimer. Ces mouvements sont importants : en trois mois, 25% des résidents inclus dans l’étude sont entrés ou sortis de leur EHPAD, et 6% sont décédés. Dans ces transferts, l’hôpital occupe une place centrale : 70% des personnes âgées sortant d’EHPAD sont hospitalisées, et 70% des entrants viennent de l’hôpital. Au retour d’une hospitalisation, le taux de personnes classées en GIR1 ou 2 (les plus dépendantes) atteint 50%, alors qu’il est de 28% chez les nouveaux entrants à l’EHPAD venant du domicile. S’ils sont hospitalisés, les résidents souffrant de la maladie d’Alzheimer montrent une nette aggravation de leur état de dépendance : 43% présentent une dépendance très lourde (GIR 1 et 2) lorsqu’elles viennent du domicile, et 66% après une hospitalisation. L’étude montre une corrélation entre le passage par l’hôpital et une plus grande vulnérabilité à divers facteurs de risque : polymédication, surconsommation de psychotropes, chutes, contention, perte de poids. Cette vulnérabilité est majorée pour les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer : perte de poids 39% (contre 20% pour les nouveaux entrants en EHPAD venant du domicile), anorexie 24% (contre 13%), troubles de l’alimentation 34% (contre 20%) contention 29% (contre 13%). Les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer présentent aussi davantage de troubles du comportement après hospitalisation. En conséquence, la charge de travail est accrue pour les personnels 

www.agevillagepro.com, 8 juin 2010. www.espaceinfirmier.com, 7 juin 2010. Le Monde, 3 juin 2010. AFP, Le Parisien, 2 juin 2010.

EHPAD et hôpitaux : transferts à risque (2)

L’importance du nombre d’hospitalisations dues à l’âge de plus en plus élevé des résidents et à l’augmentation des maladies chroniques (y compris la maladie d’Alzheimer) dont ils sont atteints accroît à la fois la charge de travail des personnels des EHPAD et la fragilité des personnes malades. Pour prévenir les facteurs de fragilité, plusieurs pistes de progrès sont proposées : mettre en place un bilan diagnostique approfondi par le médecin coordonnateur au cours de l’admission au vu des conséquences lourdes de la maladie sur le devenir des résidents, et établir un plan de soins spécifique ; réduire la consommation de psychotropes en la limitant à deux au maximum et en réduisant drastiquement la consommation de neuroleptiques ; mettre en place un plan nutrition chez les personnes âges en institution ; prendre des mesures pour éviter les chutes ; lutter contre la contention qui doit rester exceptionnelle, en cas de soins l’exigeant impérativement, comme les perfusions.

Pour Françoise Forette, directrice de la Fondation nationale de gérontologie (FNG), ces hospitalisations sont légitimes, car il n’y a pas toujours d’infirmière de nuit en EHPAD (15% des EHPAD, selon l’enquête PLEIAD). Elle estime qu’ « on ne peut pas faire de l’EHPAD un mini-hôpital », mais il est possible de renforcer les liens entre les deux types d’établissement, au moyen de réseaux et d’équipes mobiles de gériatrie. Françoise Forette se félicite par ailleurs que « près d’un EHPAD sur deux (44%) dispose désormais d’une unité Alzheimer », d’après elle, contre 28% en 2007.

www.agevillagepro.com, 8 juin 2010. www.espaceinfirmier.com, 7 juin 2010. Le Monde, 3 juin 2010. AFP, Le Parisien, 2 juin 2010.

Gestion de cas : quelle efficacité pour les personnes malades et leurs conjoints?

Ulla Eloniemi-Sulkava, de l’Union centrale de protection sociale des personnes âgées à Helsinki (Finlande) a coordonné un essai contrôlé et randomisé auprès de cent vingt-cinq couples de personnes atteintes de démence et de leur conjoint aidant, répartis en deux groupes : un groupe témoin et un groupe d’intervention, bénéficiant d’un programme multidimensionnel avec un coordinateur de soins familiaux, un gériatre, des groupes de soutien pour les aidants, et des services individualisés. Après 1.6 an, on observe que 25.8% des personnes malades du groupe témoin sont entrées en institution, contre 11.1% des personnes malades du groupe d’intervention. La différence est significative à 1.6 an, mais pas à deux ans. Au plan économique, l’intervention a permis une économie significative brute de quinze mille six cents euros par couple et par an. L’économie est réalisée principalement sur l’hébergement et les visites d’infirmières libérales. L’intervention a permis de réduire le recours aux services municipaux et les coûts afférents. Le bénéfice net de l’intervention est de huit mille euros, si l’on exclut les coûts de l’intervention elle-même (gériatre salarié, infirmière, kinésithérapeute à domicile). Si ces coûts sont inclus, le gain financier n’est plus significatif.

La Lettre mensuelle de l’année gérontologique, mai 2010. J Am Geriatr Soc. Eloniemi-Sulkava U. Family care as collaboration: effectiveness of a multicomponent support program for elderly couples with dementia. Randomized controlled intervention study. Décembre 2009.

Retour haut de page