Stimulus

Quels sont les meilleures façons de stimuler les personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer vivant en institution ? Une équipe internationale, conduite par Jiska Cohen-Mansfield, du Research Institute on Ageing of the CES Life Communities à Rockville (Maryland, Etats-Unis), a étudié l'influence de deux types de stimulation (activités liées au travail et activités liées à la manipulation de cubes colorés) sur la participation de soixante-neuf résidants de maisons de retraite atteints de la maladie d'Alzheimer, aux Etats-Unis et en Israël. Les personnes malades préfèrent clairement les activités liées au travail. Lorsqu'elles manipulent des cubes, elles préfèrent les grosses pièces aux petites. Ces observations peuvent aider les aidants professionnels à améliorer la participation des personnes malades vivant en institution.

Arch Gerontol Geriatr. Cohen-Mansfield J et al. The impact of stimulus attributes on engagement of nursing home residents with dementia. Juillet-août 2009.

Journée mondiale de la maltraitance

L'Association Française pour la Bientraitance des Aînés et/ ou Handicapés (AFBAH), ALMA France (Allô maltraitance des personnes âgées et/ou handicapées) et l'association Les petits frères des Pauvres rappellent, à l'occasion de la quatrième journée internationale de lutte contre la maltraitance, que les personnes âgées n'ont pas à rester seules face à des maltraitances et que cette lutte et surtout la prévention de la maltraitance doivent devenir une cause nationale. «L'essentiel des cas de maltraitance a lieu à domicile. Remédier à ces situations ne passe pas forcément par le circuit judiciaire, mais par l'écoute et la médiation, ce qui demande du temps et l'implication de nombreux intervenants. Prendre conscience de cette réalité est le meilleur moyen de prévention », précise un communiqué commun des trois organisations. Pour Bernard Duportet, président de l'AFBAH, le tabou qui a occulté la réalité maltraitante pendant tant d'années a presque été vaincu : « il est possible d'en parler, d'analyser les comportements maltraitants, de dire à une majorité de maltraitants qu'ils ne sont pas des criminels en puissance, mais des personnalités fragiles ou fragilisées, qu'il est possible d'expliquer leurs gestes et leurs attitudes par l'analyse et par l'information, d'en démonter les mécanismes et d'éviter la récidive. Il est également possible et nécessaire de dire que les faits doivent être examinés dans leur intégralité sans jugement de valeur hâtif réducteur, et qu'il convient également de reconnaître que pour certains, la confrontation à des situations difficiles telles que le grand handicap ou certains troubles du comportement exige qu'une distance soit mise entre les deux protagonistes du drame de la maltraitance potentielle ».

Bientraitance : numéro national d'appel

Selon le secrétariat d'Etat chargé de la Solidarité, la maltraitance est un phénomène complexe, renvoyant à une diversité de situations allant de la négligence à la violence. Elle correspond le plus souvent à une succession de petits actes qui, réunis, créent les conditions de l'isolement et de la souffrance. Comment lever le tabou et libérer la parole ? Un an après sa création, le numéro national 3977 permet aux victimes et à tout citoyen de signaler les cas de maltraitance dont il a connaissance. Tous les départements français sont maintenant couverts. En 2011, chaque département disposera d'une antenne locale. L'association ALMA France couvre soixante-dix-sept départements. Depuis le 5 février 2008, elle reçoit en moyenne cent trente appels par jour. Un quart des appels concerne des situations en établissement d'hébergement. 81% des dossiers relèvent d'une problématique de maltraitance (maltraitance psychologique 25%, maltraitance financière 14%, maltraitance physique 13%, négligences 16%, privation de citoyenneté 7%, maltraitance médicale 5%). Les autres demandes concernent des difficultés dans les démarches administratives, des conflits familiaux (hors actes de maltraitance), des demandes d'information (prestations, protection juridique, orientation).

Secrétariat d'Etat à la Solidarité. Dossier de presse. La politique de bientraitance en direction des personnes âgées. 13 mai 2009. www.agevillage.com, 18 mai 2009.

Bientraitance : état d'avancement

80% des contrôles réalisés par les directions départementales de l'action sanitaire et sociale sont des contrôles-surprise dans les établissements médico-sociaux. Le numéro national 3777 a bénéficié d'une nouvelle campagne de communication dans la presse senior et les établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD). Un diagnostic « bientraitance » sera établi chaque année dans chaque établissement entre les professionnels et les familles, à l'aide d'un questionnaire d'autoévaluation élaboré par l'Agence nationale d'évaluation et de la qualité des établissements sociaux et médico-sociaux (ANESM). Le conseil de vie sociale en est l'un des signataires. Une « enquête flash » sera transmise aux directions départementales de l'action sanitaire et sociale (DDASS) en juillet. Près de la moitié des départements ont déjà organisé ou programmé des assises de la bientraitance. Dix mille exemplaires de la recommandation de l'ANESM « La bientraitance : définition et repères pour la mise en oeuvre » seront adressés aux DDASS. Concernant la formation, l'objectif est de former 100% des cadres à une culture de la bientraitance. Valérie Létard, secrétaire d'Etat à la Solidarité, soutient le projet Mobiqual mis au point par la direction générale de la santé (DGS) et la Société française de gériatrie et de gérontologie (SFGG), qui sera diffusé par la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie (CNSA). Un référentiel de formation adapté aux besoins des établissements sera élaboré en partenariat avec les organismes professionnels collecteurs agréés (OPCA), les fédérations d'établissements et l'administration. Enfin, l'ANESM organisera à l'automne prochain dix ateliers inter-régionaux de formation pratique aux recommandations dans dix grandes villes.

Secrétariat d'Etat à la Solidarité. Dossier de presse. La politique de bientraitance en direction des personnes âgées. 13 mai 2009. www.agevillagepro.fr, 18 mai 2009. www.agevillage.com, 18 mai 2009. Sénat. Question n°05971 de Marcel Rainaud, JO du 21 mai 2009.

"Sur-vivant"

Marcel Brasey est suivi par la consultation mémoire des Hôpitaux Universitaires de Genève. Membre de DASN International (Dementia Advocacy and Support Network). Témoignant de son parcours de dix ans après un diagnostic précoce, il déclare : « Je ne suis pas fier d'être une personne atteinte de la maladie d'Alzheimer, mais je suis fier des expériences que cela m'apporte ». Pour faire face, il a choisi plusieurs activités adaptées à ses capacités : construire son propre rôle de « sur-vivant », en abandonnant celui de « victime présumée » ; utiliser l'ordinateur comme support d'information, d'apprentissage, de contact vers l'extérieur ; réaliser un site Internet pour des personnes malades au stade léger, qui soit un lieu de réflexion, de partage et de réconfort ; réduire le stress intérieur et extérieur par la méditation. « J'ai construit mon assurance-vie de jeune diagnostiqué sur trois piliers : mes proches, pour la cohésion quotidienne et les besoins de base affectifs ; les professionnels de la consultation mémoire, pour la compréhension, la motivation et le travail de réhabilitation ; les contacts et échanges avec d'autres « malades », permettant de créer un sentiment fort d'appartenance à un groupe de partage de connaissances : nous croyons fermement que si nous savons ce qui va nous arriver, nous serons mieux préparés et à même de retarder la progression des symptômes de nos maladies ».

Actes du colloque « La maladie d'Alzheimer, un défi social ». Paris, 5 juin 2009.

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