Plasticité neuronale : activation des cellules souches résidentes

Il existe des cellules-souches neuronales résidentes dans deux zones du cerveau adulte des mammifères : le bulbe olfactif et le gyrus denté, partie centrale de l’hippocampe, impliqué dans l’apprentissage et la formation de la mémoire. Ces cellules progénitrices ont trois destins possibles : rester une cellule souche, devenir un neurone ou devenir une cellule de soutien, comme les astrocytes de la glie (tissu de support, de nutrition et d’élimination) ou les oligodendrocytes (qui s’enroulent autour des axones et forment la couche isolante de myéline).
Des chercheurs de l’institut Salk de La Jolla (Californie, Etats-Unis) montrent, chez la souris, qu’un seul gène permet de programmer le passage d’une cellule souche de la lignée neuronale vers une lignée d’oligodendrocytes. Cette expérience démontre que les cellules souches résidentes du cerveau adulte gardent une plasticité et qu’elles peuvent être reprogrammées vers un autre type cellulaire.
www.newswise.com , 30 juin 2008. Nature Neuroscience. Toni N et al. Neurons born in the adult dentate gyrus form functional synapses with target cells . 11 juillet 2008.www.urmc.rochester.edu 8 juillet 2008. Glia . Sim FJ et al. Statin treatment of adult human glial progenitors induces PPAR gamma-mediated oligodendrocytic differentiation. Juillet 2008.

Mort neuronale : peut-on la prévenir ?

Quelles sont les bases moléculaires de la neurotoxicité du peptide amyloïde Abeta dans la pathologie de la maladie d’Alzheimer.? Il se fixe sur le récepteur p75 de la neurotrophine, un médiateur de la mort neuronale (apoptose). L’équipe d’Elisabeth Coulson, de l’Institut du cerveau de l’Université de Brisbane (Australie) montre, chez la souris, que les neurones cholinergiques du cerveau antéro-basal (impliqués notamment dans l’olfaction, la régulation du sommeil et l’innervation cholinergique de l’hippocampe et du cortex) deviennent résistants à la toxicité du peptide Abeta (1-42) injecté dans l’hippocampe, lorsque l’expression du gène p75 est inactivée. La mort neuronale est corrélée à l’accumulation d’un clivage du récepteur de la neurotrophine. Plusieurs molécules sont à l’essai pour l’inactivation de ce récepteur chez l’animal.
www.news-medical.net11 juin 2008. J Neurosci. Sotthibundu A et al. Beta-amyloid (1-42) induces neuronal death through the p75 receptor. 9 avril 2008.

Cuivre, zinc : quelles pistes thérapeutiques ?

L’agrégation du peptide bêta-amyloïde est induite par des ions métalliques tels que le cuivre et le zinc. Le laboratoire de biologie de l’oxydation de l’Institut de recherche en santé mentale de Victoria (Australie) teste la seconde génération de petites molécules de synthèse, les quinolines, qui ciblent cette agrégation. Dans un modèle animal expérimental (souris transgéniques présentant des plaques amyloïdes), ils montrent qu’un analogue de la 8-hydroxyquinoline (PBT2), administrée par voie orale, détruit en quelques heures le peptide bêta-amyloïde soluble présent au niveau des synapses, et restaure totalement la performance cognitive. Trois propriétés pourraient permettre au PBT2 de devenir un candidat médicament : l’activité ionophore (sur le transport intracellulaire des ions métalliques), l’inhibition des réactions in vitro sur le peptide amyloïde et une meilleure perméabilité à la barrière hémato-encéphalique.
www.sciencedaily.com11 juillet 2008.Neuron . Adlard PA et al. New drug reverses Alzheimer’s disease within days in mouse models. 10 juillet 2010.

Cascade amyloïde : nouvelle cible thérapeutique.

L’équipe de neurosciences de la Mayo Clinic de Jacksonville (Floride, Etats-Unis) a mis au point des modulateurs de l’enzyme gamma-sécrétase qui, au lieu de se fixer sur l’enzyme, se fixent sur son substrat, le précurseur de la protéine bêta-amyloide, altèrent la production de peptide Abeta42 et inhibent l’agrégation bêta-amyloïde. Ces travaux permettent d’étendre les cibles des petites molécules pouvant avoir un effet inhibiteur de la cascade amyloïde.
www.news-medical.net11 juin 2008. Nature . Kukar TR et al. Substrate-targeting gamma secretase modulators. 12 juin 2008.

Cascade amyloïde : un anti-inflammatoire neuroprotecteur

Le département de neurologie de l’Université Phillips de Marburg (Allemagne) et le Feinstein Institute de Manhasset (New York) ont testé, chez la souris, la molécule anti-inflammatoire CNI-1493,, par ailleurs en cours d’essai clinique chez l’homme pour le traitement de la maladie de Crohn (affection inflammatoire chronique du tube digestif). Chez des souris mutantes surexprimant le précurseur de la protéine amyloïde, on observe une réduction significative des dépôts amyloïdes après huit semaines de traitement (70% dans le cortex et 87% dans l’hippocampe), ainsi qu’une amélioration des capacités cognitives.
www.futura-sciences.com, 13 juillet 2008. Bulletin électronique de l’ambassade de France aux Etats-Unis, ADIT-www.bulletins-électroniques.com, 4 juillet 2008. J Exp Med. Bacher M et al.CNI-1493 inhibits Abeta production, plaque formation and cognitive deterioration in an animal model of Alzheimer’s disease. 7 juillet 2008.

Retour haut de page