Coûts socio-économiques de la démence en Europe

Le groupe socio-économie EuroCoDe, composé d’Anders Wimo et Anders Gustavsson du Centre de recherche Alzheimer de l’Institut Karolinska de Stockholm (Suède), Linus Jönsson, de la société i3 Innovus de Stockholm, David McDaid de la London School of Economics and Political Science (Royaume-Uni), Katalin Ersék, Kristian Karpati et Laszló Gulácsi de l’Université Corvinus de Budapest (Hongrie), Paul-Ariel Kenigsberg de la Fondation Médéric Alzheimer (France) et Hannu Valtonen, de l’Université de Kuopio (Finlande), publient une estimation de l’impact économique de la démence en Europe, à partir de données issues de la littérature lorsqu’elles sont disponibles et d’une expertise collective associée à une modélisation dans les pays où ces données ne sont pas disponibles. Le coût total de la démence (cost of illness) en 2008 dans les vingt-sept pays de l’Union européenne (UE27) est estimé à 160 milliards d’euros (22 000 euros par personne malade et par an), dont 56% de coûts d’aide informelle. Les coûts directs sont considérablement plus élevés dans les pays d’Europe du Nord que dans ceux d’Europe du Sud. Une analyse de sensibilité tenant compte de l’incertitude sur les effectifs et les coûts unitaires, montre une plage de variation des coûts totaux allant entre 111 et 168 milliards d’euros. Malgré les difficultés méthodologiques inhérentes à la qualité hétérogène des données nationales, cette nouvelle estimation de coûts est plus élevée que dans les études précédentes. Les coûts sociétaux de la démence sont considérables, et ont un impact important sur les systèmes sanitaire et médico-social en Europe.

EuroCoDe (European Collaboration on Dementia) était un projet coordonné par Alzheimer Europe, financé par la Commission européenne dans le cadre du programme de santé publique 2005-2008, et soutenu par la Fondation Médéric Alzheimer. Un article en français a été publié en juin 2009 dans Gérontologie et société (Kenigsberg PA et al). Les rapports des différents groupes de travail du projet EuroCoDe sont disponibles sur le site de la Commission européenne http://ec.europa.eu

Wimo A et al. The economic impact of dementia in Europe in 2008—cost estimates from the Eurocode project. Int J Geriatr Psychiatry, 28 octobre 2010. onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/gps.2610/abstract. www.alzheimer-europe.org, 28 octobre 2010. Kenigsberg PA et al. Impact socio-économie de la maladie d’Alzheimer et des maladies apparentées en Europe. Gérontologie et société 2009 ; 128-129 : 297-319. Juin 2009.

Coûts médicaux directs de la démence en Argentine

Le centre mémoire de l’hôpital Abel Zubizarreta de Buenos Aires (Argentine) publie une étude de coût de la maladie selon le diagnostic, menée auprès de cent quatre personnes démentes et leurs aidants, entre 2002 et 2008. Les coûts directs annuels sont estimés à 4 625 dollars (3 297 euros) pour la démence de type Alzheimer, 4 924 dollars (3 510 euros) pour la démence fronto-temporale et 5 112 dollars (3 645 euros) pour la démence vasculaire.

Rojas G et al. Clinical and economic characteristics associated with direct costs of Alzheimer's, frontotemporal and vascular dementia in Argentina. Int Psychogeriatr, 3 novembre 2010. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/21044400.

Compétences verbales : s’inspirer des études chez les autistes ?

Mark Dixon et ses collègues développent un programme de thérapie comportementale à l’Institut de réhabilitation de l’Université du Sud de l’Illinois (Etats-Unis). Ils proposent d’utiliser, chez des personnes atteintes de démence ou autres maladies neurodégénératives, des techniques d’apprentissage du langage élaborées en 1957 par Skinner, qui étudiait le comportement verbal des enfants autistes. Cette méthode pourrait faciliter la capacité à se souvenir de choses ou d’objets oubliés. Les personnes, stimulées visuellement, émettent des rythmes, des échos ou des éléments intra-verbaux.

Dixon M et al. Applying Skinner’s Analysis of Verbal Behavior to Persons with Dementia. Behavior Therapy, 2 novembre 2010. doi:10.1016/j.beth.2010.05.002 

Prise en charge cognitivo-comportementale

Le service de psychogériatrie de l’hôpital Bretonneau de Paris a mis en place une unité spécialisée pilote pour la prise cognitivo-comportementale des symptômes comportementaux et psychologiques associés à la démence (SCPD), avec un financement spécifique de l’Assistance publique–Hôpitaux de Paris dans le cadre de la mesure 17 du Plan Alzheimer 2008/2012. Cinquante-deux patients, âgés en moyenne de quatre-vingt-deux ans, ont été inclus. Quarante-huit vivaient à leur domicile et quinze n’avaient aucun aidant référent. Dix-huit patients venaient directement de leur domicile. Une amélioration des SCPD a été obtenue dans plus de 80% des cas et plus de 30% des patients ont pu rentrer à leur domicile. Les symptômes psychiatriques étaient dominés par l’agitation et l’agressivité, les comportements moteurs aberrants et les troubles du sommeil. Les patients hospitalisés présentaient une détérioration sévère de leurs fonctions avec les objectifs de ce type d’unité définis par le Plan Alzheimer 2008/2012.

Koskas P et al. Expérience d’une unité pilote (unité cognitivocomportementale) spécialisée dans la prise en charge des symptômes comportementaux et psychologiques de la démence. Rev Neurol (Paris), 12 octobre 2010. www.em-consulte.com/article/268481/resultatrecherche/1.

Chine : paysages thérapeutiques

L’école de géographie de l’Université normale de Pékin, et l’Institut de sciences géographiques de l’Académie des sciences de Chine, en collaboration avec le département de géographie de l’Université Queen’s de Kingston (Ontario, Canada) s’intéressent au sens socio-culturel de l’accompagnement des personnes âgées, à l’influence de l’environnement sur le bien-être des résidents de maisons de retraite et à l’intérêt des paysages thérapeutiques (therapeutic landscapes) et du vieillissement actif.

Cheng Y et al. Aging, health and place in residential care facilities in Beijing, China. Social Science and Medicine, 26 octobre 2010.

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