Un peu de pression pour calmer l’agitation.

Des chercheurs taiwanais ont employé avec succès l’acupression pour maîtriser l’agitation de personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer. Les résultats d’une étude pilote menée auprès de trente et une personnes indiquent que deux séances d’acupression quotidienne de quinze minutes chacune ont eu pour effet de diminuer les manifestations d’agitation chez les patients. On estime qu’environ 70% des personnes souffrant de la maladie d’Alzheimer présentent des troubles du comportement associés à l’agitation. L’acupression est une technique thérapeutique de la médecine traditionnelle chinoise qui consiste à stimuler des points d’acupuncture à l’aide des doigts plutôt qu’en y insérant des aiguilles. Les chercheurs rapportent que l’acupression a eu un effet calmant immédiat qui s’est maintenu pendant les quatre semaines du traitement. 
 J Clin Nurs , Yang MH et al. The efficacy of acupressure for decreasing agitated behaviour in dementia: a pilot study , février 2007 ; www.passeportsante.net , 16 février 2007.

Calmer par la musique favorite ou par les voix de la famille.

Une équipe australienne du département de médecine psychologique de l’Université Monash de Clayton (Australie) a comparé l’efficacité de deux traitements psycho-sociaux visant à réduire la fréquence de l’agitation physique ou verbale chez des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer ou de maladies apparentées. Trente résidents d’une maison de retraite présentant des troubles sévères et fréquents du comportement ont été observés en simple aveugle, avant, pendant et après des expositions multiples et aléatoires de cassettes audio de quinze minutes selon trois modalités. La cassette pouvait soit simuler la présence de la famille, soit passer la musique favorite du résident, soit encore, à titre de placebo, faire entendre un texte sur l’horticulture. Les résultats montrent que la présence simulée de la famille ou la musique favorite sont deux interventions efficaces, mais dont l’effet est variable selon les personnes. Dans de nombreux cas, la fréquence des troubles du comportement peut être réduite de moitié, alors que d’autres patients deviennent plus agités. La cassette placebo a donné une amélioration inattendue. 
 Am J Geriatr Psychiatry , Garland K et al,. A comparison of two treatments of agitated behavior in nursing home with dementia: simulated family presence and preferred music , 9 février 2007

Les enzymes du Manitoba

Les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) et les laboratoires pharmaceutiques canadiens (Rx&D) ont annoncé aujourd’hui le renouvellement du Programme de recherche en collaboration IRSC-Rx&D. Même si, dans la majorité des cas, on ignore la cause de la maladie d’Alzheimer, on sait qu’une de ses formes, de nature héréditaire, est causée par des mutations dans une protéine appelée préséniline. On connaît peu de choses sur la fonction normale de la préséniline et sur la raison pour laquelle ces mutations entraînent la maladie d’Alzheimer. Cependant, les chercheurs ont découvert que les neurones qui portent ces mutations meurent plus vite en situation de stress, fort probablement à cause de la surproduction de calcium par le réticulum endoplasmique, où se concentre la préséniline. Le Dr Gordon Glazner de l’Université du Manitoba se consacre à l’étude des enzymes dont l’activité est stimulée par la libération du calcium par le réticulum endoplasmique, afin de mieux comprendre comment les mutations de la préséniline augmentent la vulnérabilité des neurones qui meurent en raison du stress. Ces travaux pourraient ouvrir de nouvelles pistes dans la recherche d’un traitement contre la maladie d’Alzheimer.
 www.cnw.ca , 8 février 2007.

Survie sous antipsychotiques

Les antipsychotiques sont largement utilisés pour traiter les troubles du comportement chez des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer. Récemment, des doutes sérieux ont été émis concernant le risque cardiaque et de surmortalité qui pourrait être imputable aux antipsychotiques atypiques chez ces personnes. Une étude multicentrique a été menée par deux hôpitaux universitaires finlandais sur deux cent cinquante-quatre patients très fragiles, atteints de maladie d’Alzheimer, âgés de quatre-vingt-six ans en moyenne, résidant en institution, et inclus dans l’étude en 1999-2000. 
 Près de la moitié de ces personnes (48.4%) recevaient un traitement antipsychotique, 37.4% un traitement neuroleptique conventionnel et 11.0% un antipsychotique atypique. Le nombre moyen d’hospitalisations était plus élevé chez les non-utilisateurs d’antipsychotiques. Parmi les utilisateurs d’antipsychotiques atypiques (rispéridone, olanzapine), 32.1% sont morts dans les deux ans, contre 45.3% pour les utilisateurs de neuroleptiques conventionnels et 49.6% pour les non-utilisateurs d’antipsychotiques. En conclusion, ni les antipsychotiques atypiques ni les neuroleptiques conventionnels n’aggravent le risque de mortalité ou le risque d’hospitalisation. Une mortalité plus élevée est observée chez les personnes prenant un grand nombre de médicaments. Le risque de mortalité est doublé chez les patients subissant une contention physique. 
 Am J Geriatr Psychiatry , Raivio MM et al, 9 février 2007

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