Participation à des activités artistiques : quels effets ?

« Avoir des buts dans la vie diminue le risque de déclin cognitif », écrivent Martial Van der Linden, professeur de neuropsychologie et psychopathologie, et Anne-Claude Juillerat Van der Linden, docteur en psychologie, chargée de cours à l’Université de Genève, dans la revue universitaire The Conversation. « Dès lors, il importe de réfléchir collectivement aux moyens et actions à mettre en œuvre pour prendre en compte le point de vue des aînés et leurs souhaits, de leur donner plus de responsabilités dans les décisions, de faciliter leur participation citoyenne, de briser leur isolement. La pratique d’activités stimulantes et variées permet de différer la survenue d’un vieillissement cérébral problématique (Gow AJ et al, 2017). Le fait d’avoir des buts dans la vie et de donner une signification à son existence est associé à un risque moindre de déclin cognitif et de handicap (Boyle PA et al, 2010). "Garder la santé" », selon l’expression consacrée, c’est pouvoir s’investir dans des activités qui permettent d’interagir avec d’autres, notamment plus jeunes, de prendre du plaisir et de garder un rôle social valorisant. Ce travail de réflexion devrait tout particulièrement être mené au sein des collectivités locales, en lien direct avec les administrations des communes, les services d’aide aux personnes, les associations, les structures d’hébergement et les médecins de famille. Le recours aux activités artistiques contribue aussi à cet objectif. Pour le neurologue américain Daniel Potts, la créativité artistique peut être envisagée comme "l’art de préserver la qualité d’être humain ou l’identité personnelle" ». D’autres études (Eekelaar C et al, 2012) sont consacrées à la participation à des activités artistiques de personnes âgées présentant des troubles cognitifs, soit comme acteurs, soit comme spectateurs. Elles suggèrent que l’engagement dans des chorales, ateliers d’écriture de poèmes, lectures en groupe, visites de musée, pièces ou sorties au théâtre, améliore sensiblement leur bien-être, leur confiance en eux-mêmes, leur enthousiasme et leur sentiment de plaisir. Il contribue aussi à renforcer les contacts sociaux, à réduire l’anxiété, les idées dépressives ou la survenue de comportements agressifs. Cet engagement est d’autant plus justifié que, même avec d’importantes difficultés de mémoire, ces personnes âgées gardent leurs capacités de jugement et leurs préférences esthétiques. »

http://theconversation.com/lutter-contre-alzheimer-grace-aux-activites-artistiques-70453, 14 février 2017. Gow AJ et al. Lifecourse Activity Participation From Early, Mid, and Later Adulthood as Determinants of Cognitive Aging: The Lothian Birth Cohort 1921. J Gerontol B Psychol Sci Soc Sci 2017; 72(1): 25–37. Janvier 2017. www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC2897172/pdf/nihms199770.pdf (texte intégral). Potts C. The art of preserving personhood. Neurology 2012; 78 (11): 836-837. 13 mars 2012. www.neurology.org/content/78/11/836.full (texte intégral). Eekelaar C et al. Art galleries, episodic memory and verbal fluency in dementia: An exploratory study. Psychology of Aesthetics, Creativity, and the Arts 2012; 6(3): 262-272. Août 2012. http://psycnet.apa.org/?&fa=main.doiLanding&doi=10.1037/a0027499. Boyle PA et al. Effect of a Purpose in Life on Risk of Incident Alzheimer Disease and Mild Cognitive Impairment in Community-Dwelling Older Persons. Arch Gen Psychiatry 2010; 67(3): 304–310. Mars 2010. www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC2897172/pdf/nihms199770.pdf (texte intégral).

Grincer des dents

Le bruxisme (grincement des dents) est un motif peu connu d’inquiétude des aidants de personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer, écrivent le Pr Thomas Mathew et ses collègues, du département de neurologie de l’hôpital universitaire St John à Bangalore (Inde). Un traitement médical, efficace au moins quatre mois, est possible, à condition qu’il soit accepté par la personne malade et l’aidant. Le traitement consiste à injecter localement de petites quantités de toxine botulique de type A [utilisée en dermatologie]

Mathew T et al.The approach and management of bruxism in Alzheimer’s disease: An under-recognized habit that concerns caregivers (innovative practice). Dementia, 15 février 2017. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/28201931.

Vivre à la ferme : une alternative à la maison de retraite ?

Simone de Bruin et ses collègues, de l’Institut national de santé publique et de l’environnement à Bilthoven et de l’École de santé publique et soins primaires de l’Université de Maastricht (Pays-Bas), proposent de changer le concept des soins et de l’accompagnement des personnes âgées, d’un modèle médical vers un modèle psychosocial. La Ferme Green Care est un concept dont l’origine se situe à l’extérieur du secteur sanitaire : elle combine des activités agricoles et des services d’aide et de soins, pour des groupes de clients divers issus du secteur sanitaire et de la protection sociale. Le concept est né des accueils de jour : un lieu d’accompagnement familier, « comme à la maison » et à petite échelle. Il existe aujourd’hui deux cent cinquante fermes de ce type aux Pays-Bas. La moyenne d’âge des résidents est de quatre-vingt-trois ans. 62% sont des femmes. Les troubles cognitifs et fonctionnels sont modérés à sévères. Pouvoir sortir dehors, travailler au vert avec des animaux, garder son propre style de vie dans un environnement familier : les préférences des résidents sont prises en considération. « Ce que je trouve réellement important est que ma mère n’a pas le sentiment d’être malade. Je pense qu’elle est traitée avec dignité et respect. Je veux que les auxiliaires de vie traitent ma mère comme un être humain normal et pas comme quelqu’un qui n’arrête pas d’oublier les choses. C’est une approche personnelle de l’aide », dit un aidant familial.

De Bruin S et al. Rethinking Dementia Care: The Value of Green Care Farming. J Am Med Direct Assoc 2017 ; 18(3): 200-203. 1er mars 2017. www.jamda.com/article/S1525-8610(16)30550-3/abstract.

www.alzheimer-europe.org/content/download/78569/487535/file/P10.5%20VERBEEK%20Hilde.pdf.

Qualité de vie des aidants: comment la mesurer?

L’Université de Nottingham (Royaume-Uni) publie une échelle de qualité de vie des aidants familiaux âgés de personnes atteintes de démence (Dementia Quality of Life Scale for Older Family Carers : DQoL-OC). Cet outil spécifique, multidimensionnel et validé, comprend vingt-deux critères mesurant l’impact de l’activité d’aide sur les relations sociales ; la situation financière ; la santé psychologique ; l’autonomie ; la maitrise des évènements de la vie, la liberté ; les activités de loisirs en groupe ou individuelles ; la santé physique ; la santé générale ; l’énergie et la vitalité ; la satisfaction dans la vie et l’activité d’aide ; l’identité ; la vie en général.

Alzheimer Europe Newsletter, février 2017. www.nottingham.ac.uk/research/groups/.

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