Soins intégrés

Rebecca Hart, dans une thèse de master en gérontologie de l’Université de Miami (Etats-Unis), propose un concept de maison de retraite « comme à la maison » pour des personnes atteintes de démence, fondé sur les concepts de Lawton (adéquation de la personne et de l’environnement), de Kitwood (soin centré sur la personne), et trois principes de base : l’identité de la personne est préservée au-delà du déclin cognitif ; le sens de la vie doit être suscité et accompagné ; l’environnement doit rappeler celui de la maison.

Aux Pays-Bas, Mirella Minkman, de Vilans, le centre expert néerlandais sur les soins de longue durée, a mené une enquête auprès des coordinateurs de soins intégrés (dont les réseaux de soins pour la démence) pour vérifier le degré de mise en œuvre de quatre-vingt-neuf critères. La moitié des critères sont remplis dans les réseaux démence. 

Hart RM. Hart’s home away from home: an integrative approach to dementia care. Master’s thesis. University of Miami (Kenny JM, dir). 2011. http://etd.ohiolink.edu/send-pdf.cgi/Hart%20Rebecca%20Marie.pdf?miami1311203360. Minkman M et al. The implementation of integrated care : the empirical validation of the Development Model for Integrated  Care. BMC Health Serv Res 11 : 177. 30 juillet 2011. www.biomedcentral.com/1472-6963/11/177 (texte intégral).

Environnement : l’architecture des établissements

Plusieurs articles s’intéressent aux caractéristiques architecturales de l’hébergement collectif des personnes atteintes de démence. Aux Pays-Bas, William van der Eerden et Gemma Jones analysent le développement des maisons de retraite au gré des changements de politique de l’habitat, des services à la personne et des priorités financières, et décrit le plus grand établissement  de prise en charge spécifique de la démence (cinq cent vingt lits) qui, il y a trente-cinq ans, a développé le concept de « village dans la communauté », allant à l’encontre du concept des petites unités de vie.

Fiona Kelly et ses collègues, du centre de développement de services pour la démence (DSDC) à l’Université de Stirling (Ecosse), évaluent la fiabilité et la validité de deux outils d’audit architectural et environnemental (Design Audit Tool et Environmental Audit Tool) auprès de trente maisons de retraite, montrant des variations inter-sites concernant le repérage des résidents dans l’espace, l’usage des couleurs et des contrastes, l’accès aux espaces extérieurs, l’individualisation des espaces personnels et collectifs, l’éclairage et les opportunités d’interagir avec son environnement.

Van der Eerden et Jones GM. Dutch large-scale dementia-care environments : a village within the community. J Care Serv Manag 2011; 5(3): 137-146. Juillet 2011. www.ingentaconnect.com/content/maney/csm/2011/00000005/00000003/art00003. Kelly F et al. Improving care home design for people with dementia. J Care Serv Manag 2011; 5(3): 147-155. Juillet 2011.

www.ingentaconnect.com/content/maney/csm/2011/00000005/00000003/art00004.

Environnement : l’espace sanitaire à domicile

Le maintien à domicile des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer ou de maladies apparentées peut être soutenu entre autres par l’adaptation de l’habitat. Au domicile, le bloc sanitaire pose une problématique spécifique liée à l’intimité des lieux. Les ergothérapeutes sont confrontés aux difficultés particulières de cet équipement qui peut nécessiter des modifications techniques et architecturales importantes pour permettre l’autonomie alors que de façon contradictoire la maladie d’Alzheimer implique le maintien maximum des repères. S’appuyant sur différentes méthodes d’ergothérapie, Olivier Marousé, ergothérapeute à l’équipe mobile Alzheimer du centre de santé Filiéris de Metz (régime minier CARMI-Est) et Kevin Charras, responsable du pôle Interventions psychosociales de la Fondation Médéric Alzheimer, proposent une approche spécifique expérimentale qui se base non pas sur les capacités résiduelles des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer ou de maladies apparentées, mais sur les interrelations entre cette personne et l’espace sanitaire : la finalité est de créer un espace ayant du sens pour la personne, ce qui optimisera sa compétence pour qu’elle en garde le plus longtemps possible un usage adapté.

Marousé O et Charras K. Du bloc à l’espace : approche ergothérapique de la maladie d’Alzheimer pour l’aménagement du bloc sanitaire à domicile. Neurologie Psychiatrie Gériatrie, 30 juin 2011. www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1627483011000961.

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