Programmes psychoéducatifs pour les aidants

Au fil de l’évolution de la maladie de son parent âgé, l’aidant sera confronté à différentes situations. Au Québec, le Professeur Francine Ducharme, titulaire de la chaire Desjardins en soins infirmiers à la personne âgée et à la famille de l’Université de Montréal, propose trois programmes psychoéducatifs dont l’efficacité est démontrée pour soutenir la santé mentale des proches aidants. Le premier programme, intitulé « Devenir aidant, ça s’apprend » (sept rencontres individuelles), repose sur un modèle de transition de rôle : « tout changement constitue une période d’instabilité et d’incertitudes qui nécessite des ajustements via l’apprentissage de connaissances et d’habiletés permettant d’acquérir des compétences et un sentiment d’auto-efficacité ». Le second programme, « Gérer son stress », repose sur une approche transactionnelle, fondée sur l’appréciation cognitive et les stratégies adaptatives (coping) ; il est proposé en cinq rencontres à domicile entre un aidant et un intervenant professionnel (infirmière, travailleur social), complétées par une visite de suivi un mois après la fin des rencontres. Le troisième programme, « Prendre soin de moi », construit avec des aidants, est destiné à des aidants dont le proche malade est entré en établissement. Il s’agit d’un programme de groupe de dix séances pour quatre à huit aidants, dans l’établissement d’hébergement. Il repose sur la notion d’empowerment (« encapacitation », appropriation).

Ducharme F.  Psychoéducation pour les aidants. Santé mentale 2012 ; 171 : 66-71. Octobre 2012. www.chairedesjardins.umontreal.ca, novembre 2012.

Répit

« Les dispositifs de répit proposés aux aidants familiaux et aux personnes atteintes de maladie d’Alzheimer ont considérablement évolué au cours de la dernière décennie », écrivent Alain Bérard, médecin de santé publique, adjoint au directeur, et Paul-Ariel Kenigsberg, économiste à la Fondation Médéric Alzheimer. « Les dispositifs classiques (accueil de jour, hébergement temporaire pour le malade, information, formation et répit pour l’aidant) se sont renforcés et diversifiés, de nouvelles formules (itinérantes, de nuit, favorisant la vie sociale) sont apparues, et l’offre de répit tend désormais à combiner différents dispositifs et à être plus flexible, de manière à mieux coïncider avec les besoins, les attentes et les possibilités des personnes. Au départ, les situations de répit cantonnaient les aidants familiaux dans un rôle qui leur était assigné de l’extérieur, et qui pouvait constituer une forme d’injonction à accepter l’aide ou la présence de tiers. La conception plus récente propose des solutions, sans les imposer, au moment opportun. Il ne s’agit plus seulement de réduire le « fardeau » des aidants ou de les éduquer à leur rôle, mais de leur donner des moyens de faire face aux difficultés qu’ils rencontrent, de renforcer leurs compétences et de promouvoir leurs capacités d’adaptation. Une logique d’ « encapacitation » (empowerment) remplace donc progressivement une logique d’assistance, ce qu’illustrent bien les dispositifs de soutien ou d’entraide entre pairs, qui concernent aussi bien les aidants familiaux que les personnes malades ».

Bérard A et Kenigsberg PA. Du répit pour les aidants. Santé mentale 2012 ; 171 : 72-75. Octobre 2012.

Spiritualité et efficacité personnelle des aidants familiaux

« Aide-toi, le Ciel t’aidera » : une étude de l'équipe d'Alvaro Losada, du département de psychologie de l’Université San Pablo de Madrid (Espagne), menée auprès de cent vingt-deux aidants de personnes atteintes de démence, montre que la spiritualité et l’efficacité personnelle des aidants ont un effet additif sur leur bien-être, cette combinaison pouvant réduire les symptômes dépressifs.

Lopez J et al. Spirituality and self-efficacy in dementia family caregiving: trust in God and in yourself. Int Psychogeriatr 2012; 24(12): 1943-1952. Décembre 2012.

www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/23092596.

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