Réappréciation cognitive : une approche positive de l’aide pour réduire la dépression des aidants

Sheung Tak Cheng et ses collègues, de l’Université de l’Education et de l’Université chinoise de Hong-Kong (Chine), ont mené un essai contrôlé et randomisé auprès de 96 aidants de personnes vivant avec une maladie d’Alzheimer, pour tester l’efficacité d’une intervention de psychoéducation pour que l’aidant réévalue son rôle et trouve des aspects positifs à l’aide qu’il apporte. L’intervention, à domicile, est délivrée en quatre séances de trois heures, deux fois par semaine, pendant deux mois. Après l’intervention, les aidants ayant trouvé des aspects positifs de l’aide présentent des symptômes dépressifs moins sévères, ont mieux compris leur rôle et se sentent moins dépassés par la situation.

Cheng ST et al. Benefit-finding and effect on caregiver depression: A double-blind randomized controlled trial. J Consult Clin Psychol 2017; 85(5): 521-529. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/28287803.

Enjeux et difficultés de la recherche sur le vieillissement cognitif

En janvier 2017, la Fondation Médéric Alzheimer lançait une large consultation nationale sur Internet, en amont des Assises de la recherche et de l’innovation sociale pour relever le défi du vieillissement cognitif. Près de mille personnes : personnes en difficulté cognitive, chercheurs académiques, professionnels du soin et de l’accompagnement, aidants familiaux, bénévoles, membres d’associations ont répondu à cette consultation. Parmi les personnes interrogées, 76% rencontrent des difficultés pour évaluer l’impact des actions visant à améliorer l’accompagnement des personnes en difficulté cognitive et de leurs aidants ; 85% reconnaissent qu’il est difficile de déployer à large échelle les réponses et les savoirs qui ont fait la preuve de leur efficacité. Par ailleurs, 93% des professionnels du soin et de l’accompagnement souhaiteraient être davantage associés aux études sur le vieillissement cognitif ; et 83 % d’entre eux voudraient que les chercheurs s’intéressent davantage aux réponses expérimentées sur le terrain.

Chaize L et Simzac AB. A national consultation about social research and innovation on dementia. P4.6. 27th Alzheimer’s Europe Conference. Care today, cure tomorrow. Berlin, 2-4 octobre 2017. www.alzheimer-europe.org/Conferences/Previous-conferences/2017-Berlin/Detailed-programme-and-abstracts/P4-Ethical-issues-linked-to-dementia-research/(language)/eng-GB.

www.alzheimer-europe.org/content/download/144896/894406/file/P4.6_Lea_Chaize.pdf.

Troubles du comportement en établissement : qu’en pense le médecin coordinateur ?

Béatrice Laurent et Gérard de Bataille, gériatres et médecins coordonnateurs au Domaine de La Cadène à Toulouse, constatent l’accueil de plus en plus important de personnes atteintes de démence en établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes. Ce phénomène s’explique par les progrès du maintien à domicile : l’entrée en établissement a lieu de façon plus tardive, à l’heure des complications du syndrome démentiel. « Une nécessaire adaptation à ce profil de résident, atteint de démence et avec des troubles du comportement, devient centrale pour la qualité de vie des personnes âgées et pour la qualité de la vie au travail des soignants, sans pour autant négliger les autres domaines tels que nutrition et démence, autonomie fonctionnelle et démence, fin de vie et démence. Il semblerait donc qu’il faille raisonner en termes de standardisation de la présence de ces personnes âgées atteintes de démence et de troubles du comportement sur les autres domaines gériatriques, et non l’inverse », concluent les médecins coordinateurs.

Laurent B et de Bataille G. Les troubles du comportement en EHPAD : le point de vue du médecin coordonnateur. Rev Gériatr 2017 ; 42(7) : 426-430. Septembre 2017. www.revuedegeriatrie.fr/index.php.

Musicothérapie et résilience

Pour Philippe Thomas, du centre de recherche en sémiotique (EA3648) de Limoges, et ses collègues, les résultats de méta-analyses confirment les effets importants des ateliers thérapeutiques par la musique sur l’anxiété et la dépression des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer au stade léger à modéré. La musicothérapie continue à produire du bien-être pour le patient au stade avancé. Elle est efficace pour soutenir la résilience des malades et de leurs aidants. La musicothérapie renvoie au sens dans le soin et prévient ainsi les risques psychosociaux. « La musique permet, dans la situation d’adversité et de désordre que représente la maladie, de se désengager, de retrouver un temps d’apaisement et un espace où se poser, pour en quelque sorte se retrouver, comme avant, loin de la pathologie. Le mot résilier se compose du préfixe re, renvoyant à un retour ou à la reproduction de quelque chose, et de salire, qui signifie rebondir. Par conséquent, résilier veut dire sauter en arrière, pour se reprendre. »

Thomas P et al. Efficacité de la musicothérapie sur la résilience dans la maladie d’Alzheimer. Neurol Psychiatr Gériatr 2017 ; 101 : 299-306.  Octobre 2017.

www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1627483017300715.

Danse

Aux Etats-Unis, Susan Aguiñaga et David Marquez, du département de kinésithérapie, santé communautaire et nutrition de l’Université d’Illinois à Urbana-Champaign, ont étudié, dans un essai contrôlé et randomisé, la faisabilité d’une intervention de danse latino-américaine auprès de 21 personnes hispanophones, âgées en moyenne de 75 ans (5 hommes pour 16 femmes), atteintes de déficit cognitif léger. L’intervention (programme Bailamos) durait seize semaines. Le groupe témoin était constitué des personnes en liste d’attente pour l’intervention. A la dix-septième semaine, le groupe témoin a été invité à la danse. 91% des personnes étaient éligibles au programme. L’assiduité était de 56%, et le taux de décrochage de 43%. Les participants évoquent leur enthousiasme pour la danse, les aspects positifs et négatifs du programme, et le bien-être qu’ils ressentent après la séance. Pour les chercheurs, la danse latino-américaine est un mode d’activité physique agréable et praticable en sécurité.

En Grèce, Ioulietta Lazarou et ses collègues, du département de neurologie de l’Université Aristote de Salonique, ont mené un essai contrôlé et randomisé auprès de 129 personnes atteintes de déficit cognitif léger, âgés en moyenne de 67 ans, pour évaluer l’efficacité de la pratique de danses de salon pendant 10 mois. Le groupe des danseurs réussit significativement mieux les tests neuropsychologiques que le groupe témoin.

Aguiñaga S et Marquez DX. Feasibility of a Latin Dance Program for Older Latinos With Mild Cognitive Impairment. Am J Alzheimers Dis Other Demen 2017; 32(8): 479-488. Décembre 2017.  http://journals.sagepub.com/doi/abs/10.1177/1533317517719500.

Lazarou I et al. International Ballroom Dancing Against Neurodegeneration: A Randomized Controlled Trial in Greek Community-Dwelling Elders With Mild Cognitive impairment. Am J Alz Dis Other Demen 2017; 32(8): 489-499. Décembre 2017.

http://journals.sagepub.com/doi/abs/10.1177/1533317517725813.

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