Déclaration de Liège : la recherche pluridisciplinaire sur le vieillissement doit devenir une priorité

« Pour améliorer les conditions de vie des vieilles personnes, la société et les professionnels ont besoin de meilleures connaissances sur le vieillissement et la vieillesse, de formation et d’information de tous les acteurs et décideurs », écrivent des gériatres et gérontologues francophones réunis à Liège (Belgique) en mai 2014. « Une majorité de travaux et la quasi-totalité des formations présentent la vieillesse sur l’ancien stéréotype purement déficitaire aujourd’hui caduque.  La vieillesse est une période physiologique et évolutive de la vie dont croissent la qualité et la durée. La qualité de vie de la vieillesse dépend de facteurs biologiques, économiques, éducatifs, génétiques, hygiéniques, médicaux, psychologiques, sociaux qui interfèrent étroitement. La recherche sur le vieillissement et la vieillesse doit devenir une priorité pour toutes les sociétés. La recherche scientifique sur le vieillissement et la vieillesse a besoin d’être développée dans tous ses aspects : anthropologique, biologique, culturel, économique, éducatif, médical, politique, psychologique, social, sociétal, sociologique, etc. La recherche ne concerne pas que les aspects délétères de l’avancée en âge mais aussi les aspects adaptatifs aux conditions de vie et aux agressions de la vie. Le vieillissement est un processus complexe multifactoriel : la pluridisciplinarité dans cette recherche doit être considérée comme une règle absolue. Ces études et cette recherche doivent répondre aux mêmes règles de protection de la personne que toute autre recherche sur la personne humaine. Elles doivent respecter les règles d’autonomie, de consentement informé, de dignité, de liberté et de sécurité. Les buts de cette recherche portent sur une meilleure compréhension des mécanismes délétères et protecteurs du processus de vieillissement, sur la manière d’agir sur ces processus, sur l’amélioration du bien-être des vieilles personnes et l’élargissement de leur place dans les activités humaines et la vie de la société. »

Déclaration des gérontologues et gériatres francophones réunis à Liège (Belgique) le 14 mai 2014 lors du Xème Congrès International Francophone de Gérontologie et de Gériatrie. Rev Geriatr 2014 ; 39(10) : 637-638. Décembre 2014. www.revuedegeriatrie.fr (texte intégral).

Interventions non médicamenteuses pour le déficit cognitif léger : quelles preuves ?

Jagan Pillai et ses collègues, du centre de santé du cerveau de la clinique de Cleveland (Ohio, Etats-Unis), proposent une revue systématique de vingt-trois essais contrôlés et randomisés sur les effets des interventions non médicamenteuses au stade du déficit cognitif léger. Huit études portent sur les effets de l’activité physique, quatorze sur ceux des interventions cognitives et une sur les effets de la socialisation. La plupart des études montrent une efficacité des interventions non médicamenteuses par rapport au groupe témoin. La qualité méthodologique des essais d’interventions au moyen de l’activité physique est meilleure que celle des essais d’intervention cognitive. La qualité des études s’améliore. Cependant, l’hétérogénéité du diagnostic de déficit léger et la variabilité des interventions et des critères de résultat limite la portée générale de ces études.

Horr T et al. Systematic review of strengths and limitations of randomized controlled trials for non-pharmacological interventions in mild cognitive impairment: focus on Alzheimer's disease. J Nutr Health Aging 2015; 19(2):141-153. Février 2015. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/25651439.

Troubles psycho-comportementaux à l’hôpital

Une étude prospective de cohorte, menée par Elizabeth Sampson, de l’University College de Londres, auprès de deux cent trente personnes atteintes de démence âgées de plus de soixante-dix ans et hospitalisées en soins palliatifs, montre que 75% présentent des symptômes psycho-comportementaux. Pour Elizabeta Mukaetova-Ladinska et Ann Scully de l’équipe de liaison pour les personnes âgées de l’Université de Newcastle (Royaume-Uni), « un grand nombre de symptômes psycho-comportementaux de la démence pourraient être facilement régulés au moyen d’approches non médicamenteuses ». Les auteurs trouvent « surprenant de constater le manque de preuves scientifiques concernant les effets des politiques centrées sur la personne atteinte de démence sur la réduction des troubles psycho-comportementaux dans les services hospitaliers aigus. Peut-être une approche adaptée d’aide et d’accompagnement à domicile éviterait des hospitalisations inutiles. »

Sampson EL et al. Behavioural and psychiatric symptoms in people with dementia admitted to the acute hospital: prospective cohort study. Br J Psychiatry 2014; 205(3): 189-196. http://bjp.rcpsych.org/content/205/3/189.full.pdf+html (texte intégral). Mukaetova-Ladinska EB et Scully A. Behavioural and psychiatric symptoms in people with dementia admitted to acute hospitals. Br J Psychiatry 2015; 206(2):166.Février 2015.www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/25644882.

Activité physique

En Allemagne, un essai clinique contrôlé et randomisé, mené par Tania Zieschang de l’hôpital Agaplesion Bethanien de Heidelberg auprès de cent vingt personnes atteintes de démence légère à modérée, montre qu’un entraînement moteur intensif (résistance musculaire progressive et rééducation fonctionnelle) améliore la performance motrice de façon importante, avec des effets durables neuf mois après la fin de l’intervention.

Aux Etats-Unis, Megan Brown et ses collègues, du département de kinésithérapie de l’Université Marymount à Arlington (Virginie, Etats-Unis), auprès de trente personnes atteintes de démence, ont conçu un programme spécifique d’entraînement à l’équilibre en accueil de jour (séances de 45 minutes, deux fois par semaine pendant trois mois). L’intervention améliore le score d’équilibre de Berg (Berg Balance Scale) et le temps pour se lever et marcher (Timed Up and Go Test).

Zieschang T et al. Intensive, progressive motor training in people with mild to moderate dementia. European Geriatric Medicine 2015; 6(1): 95-96. Février 2015. www.sciencedirect.com/science/article/pii/S187876491400117X. Schwenk M et al. Improvements in gait characteristics after intensive resistance and functional training in people with dementia: a randomised controlled trial. BMC Geriatr 2014; 14:73. 12 juin 2014. www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC4062767/pdf/1471-2318-14-73.pdf (texte intégral). Ries JD et al. Group Balance Training Specifically Designed for Individuals With Alzheimer Disease: Impact on Berg Balance Scale, Timed Up and Go, Gait Speed, and Mini-Mental Status Examination. J Geriatr Phys Ther, 22 janvier 2015. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/25621384.

Zones rurales : la parole et la socialisation

Le Wisconsin est un État de l’Ouest des Etats-Unis où les deux-tiers de la population vit en zone rurale. Asenath La Rue et ses collègues, de l’Université du Wisconsin à Madison, ont testé un programme combinant des exercices de langage et de socialisation auprès de soixante-quatre personnes atteintes de maladie d’Alzheimer ou troubles apparentés, vivant à la campagne (Language-Enriched Exercise Plus Socialization-LEEPS Program). Ce programme comprenait des séances hebdomadaires ou bi-hebdomadaires  d’exercices et de stimulation du langage entre un bénévole formé et une personne malade, entrecoupées de sorties sociales, avec ou sans bénévoles. Vingt-neuf des participants ont pu être évalués une fois après dix mois, et huit participants après vingt mois. La cognition, l’humeur et la performance physique ont été stables tout au long du suivi.

La Rue A et al. Intervention of Multi-Modal Activities for Older Adults With Dementia Translation to Rural Communities. Am J Alzheimers Dis Other Demen, 4 février 2015.www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/25657291.

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