Activités sur mesure : quelle efficacité sur les troubles du comportement et l’autonomie ?

Laura Gitlin, du centre pour les soins innovants à l’École infirmière de l’Université Johns Hopkins à Baltimore (Etats-Unis), en collaboration avec le centre d’innovation sur le handicap du département des Anciens combattants américains, a testé l’efficacité d’une intervention d’ergothérapie chez 160 couples de personnes vivant avec une démence à domicile, et leurs aidants.  L’intervention comprend la formation des aidants (maximum de 8 séances par téléphone) et 8 séances d’activités personnalisées pour les personnes malades. Dans le groupe d’intervention, les chercheurs observent une réduction du nombre et de la sévérité des symptômes psycho-comportementaux ; du nombre d’activités nécessitant une assistance ; de la dépendance fonctionnelle et de la douleur. Les aidants sont moins stressés. Les bénéfices de l’intervention ne durent pas plus de 8 mois.

L’équipe du Pr Henry Brodaty, du centre de recherche collaborative sur la démence de l’Université de Nouvelle Galles-du-Sud à Sydney (Australie), en collaboration avec Laura Gitlin, a testé cette intervention dans un essai pilote auprès de 20 personnes atteintes de démence fronto-temporale et leurs aidants. Des résultats similaires sont observés.

O'Connor CM et al. The tailored activity program (TAP) to address behavioral disturbances in frontotemporal dementia: a feasibility and pilot study. Disabil Rehabil, 15 octobre 2017. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/29034719. Gitlin LN et al. Targeting Behavioral Symptoms and Functional Decline in Dementia: A Randomized Clinical Trial. J Am Geriatr Soc,28 novembre 2017. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/29192967.

Stimulation cognitive : quelle efficacité ?

Kayoung Kim et ses collègues, du centre national de santé mentale de Séoul, proposent une méta-analyse de 14 essais contrôlés et randomisés, portant au total sur 731 participants, dont 412 ont bénéficié d’une stimulation cognitive. Par rapport au groupe témoin, cette intervention est efficace pour améliorer la cognition et la qualité de vie de personnes vivant avec une démence, par rapport au groupe témoin. L’effet de l’intervention est faible à modéré.

Kim K et al. Cognitive Stimulation as a Therapeutic Modality for Dementia: A Meta-Analysis, Psychiatry Investig 2017; 14(5): 626–639. Septembre 2017.

www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC5639131/pdf/pi-14-626.pdf (texte intégral).

Jardins thérapeutiques : quelle efficacité ?

L’exploitation des jardins en tant que lieu de convivialité, d’activité et de ressourcement, rencontre de plus en plus de succès dans les établissements sociaux et médico-sociaux accueillant des personnes âgées atteintes de troubles cognitifs. Cependant, les publications scientifiques sur les bénéfices des jardins sur les personnes âgées atteintes de troubles cognitifs sont rares. Kevin Charras et Jean-Pierre Aquino, de la Fondation Médéric Alzheimer, en collaboration avec Véronique Laulier, de l’École nationale supérieure du paysage de Versailles, et Armelle Varcin, de l’École nationale supérieure d’architecture et du paysage de Lille, proposent une revue de la littérature sur le sujet. À partir des composantes tirées des principaux modèles de conception de jardins thérapeutiques, une démarche de design fondé sur la preuve a été adoptée afin de déterminer l’impact sur le bien-être et le comportement des personnes malades. Vingt-deux articles ont été sélectionnés pour les besoins de cette étude. Les éléments de preuve scientifique des bénéfices thérapeutiques sont encore approximatifs et ce domaine de recherche insuffisamment investi ; toutefois, les résultats des différentes études convergent.  Cette revue de la littérature fait ressortir six dimensions de conception paysagère : l’attractivité et la maîtrise des espaces extérieurs, les usages sociaux, la curiosité, l’accessibilité et l’ergonomie, la composition et la gestion végétale.

Charras K et al. Conception de jardins à l’usage des personnes âgées atteintes de troubles cognitifs : revue de la littérature et cadre conceptuel fondé sur la preuve. Gériatr Psychol Neuropsychiatr Vieil 2017 ; 15(4) : 417-424. Décembre 2017.

www.jle.com/fr/revues/gpn/e-docs/conception_de_jardins_a_lusage_des_personnes_agees_atteintes_de_troubles_cognitifs_revue_de_la_litterature_et_cadre_conceptuel_fonde_sur_la_preuve_310883/article.phtml.

Sentiers pour tous

En Ecosse, l’association Paths for All (Sentiers pour tous) a demandé à la Faculté de sciences sociales de l’Université de Stirling d’évaluer les progrès du projet Dementia Friendly Walking (promenade accompagnée d’une personne malade avec un « ami de la démence »), qui entre dans sa deuxième année. On compte aujourd’hui une centaine de groupes locaux de marcheurs en Ecosse, et 500 marches par semaine. Grant Gibson, chargé de cours en études sur la démence (dementia studies) à l’Université de Stirling et coordinateur de l’évaluation, met en avant quatre thèmes clés pour les personnes malades : être avec d’autres; être à l’extérieur ; montrer ce que l’on est toujours capable de faire ; se sentir en sécurité, en confiance et en sachant que l’on pourra être aidé en cas de besoin. « Je marche pour me maintenir vivant », dit un participant. Le leadership des « chefs de marche » est essentiel pour mener des groupes, organiser et faciliter les marches, et soutenir les marcheurs. Cette évaluation a été conduite selon les principes de la co-production et de la co-création : l’étude a été menée sur place par trois personnes âgées bénévoles spécialement formées par l’Université de Stirling pour devenir des « chercheurs locaux » (community researchers) qui sont, pour ce projet, considérés comme des chercheurs à part entière : non seulement en recueillant et en analysant les données de terrain, sous la supervision d’un chercheur universitaire, mais aussi en contribuant au rapport final.

Gibson G et al. Dementia Friendly Walking Project. Evaluation Report. University of Stirling, Paths for All. 30 octobre 2017. www.pathsforall.org.uk/pfa/news/new-research-by-the-university-of-stirling-on-our-dementia-friendly-walking-project.html, www.pathsforall.org.uk/component/option,com_docman/Itemid,537/gid,2303/task,doc_download/ (texte intégral).

Dénutrition : collation nocturne en établissement (1)

Alors que le repas du soir est souvent servi vers 18 heures en EHPAD (établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes), il reste difficile pour nombre de personnes âgées de supporter un jeûne nocturne, atteignant souvent plus de douze heures, voire quatorze quand le petit déjeuner n’est servi qu’à 8 heures du matin. La mise en place d’une collation nocturne pour ceux qui le désirent est parfois une alternative nécessaire. Elle présente de nombreux bénéfices : amélioration de l’endormissement, maintien d’un meilleur sommeil, limitation du recours aux somnifères, régulation de la glycémie, réduction du risque de chutes. Cette collation est aussi intéressante pour les personnes atteintes de démence, qui déambulent dans les couloirs la nuit, résume Juliette Viatte, de Géroscopie. Une étude menée par le réseau Limousin Nutrition (Linut) auprès de 22 établissements en 2015 et 2017, indique que 81.8% des EHPAD proposent aujourd’hui une collation nocturne. Dans 25% des cas, il s’agit d’une demande spécifique des résidents. Dans 25% des cas, cette distribution est liée à une hypoglycémie. Le troisième quart correspond à un dîner peu ou mal consommé. Le dernier quart regroupe des causes multiples (personne déambulante, dîner précoce, volonté du médecin de réduire le jeûne nocturne). La collation nocturne apporte 300 kilocalories, permettant de pallier les risques liés à un jeûne nocturne supérieur à 12 heures.

Géroscopie pour les décideurs en gérontologie, novembre 2017.

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