Chaire de recherche « handicap et perte d’autonomie » de la CNSA

La Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie (CNSA) a lancé un appel à candidatures en vue de la création d'une chaire de recherche dédiée au handicap et à la perte d'autonomie dont les travaux « porteront sur l'adéquation des réponses médico-sociales de compensation du handicap et de la perte d'autonomie aux besoins et aux aspirations des personnes concernées. » La CNSA souhaite « inciter les chercheurs à produire des travaux scientifiques qui répondent à des questions soulevées par les acteurs de terrain et qui éclairent la conception, l'opérationnalisation et l'évaluation des politiques publiques du secteur. » Cette chaire réunira quatre chercheurs titulaires qui « œuvrent dans des disciplines différentes ». Elle pourra par ailleurs mobiliser d'autres chercheurs associés pour la mise en œuvre de son programme scientifique. La chaire sera attribuée le 4 novembre 2016 et son conventionnement avec la CNSA démarrera le 1er décembre 2016. C'est dans le cadre de cette convention, d'une durée initiale de trois ans, que sera défini le soutien financier de la CNSA, qui pourra atteindre 1.5 million d'euros sur cinq ans. La chaire visera notamment à : permettre de « nouvelles formes de coopérations scientifiques dans un champ de recherche qui est décrit comme atomisé » ; produire des travaux académiques en lien direct avec les missions de la CNSA ; « inciter des équipes de recherche à approfondir la connaissance et l'analyse critique des dispositifs et institutions conçus et/ou soutenus par la CNSA » ; articuler recherche théorique et perspectives d'application ; accompagner et favoriser des innovations ; « faire émerger des problématiques qui permettent des "sillons" de recherche, de la capitalisation, des expérimentations méthodologiques et des travaux à moyen et long terme » ; disposer d'un cadre d'échange entre chercheurs, professionnels du champ médico-social et éducatif, décideurs publics ou régulateurs du secteur, et bénéficiaires.

Actualités sociales hebdomadaires, 25 février 2016. CNSA. Appel à candidatures : création d’une chaire de recherche CNSA – handicap et perte d’autonomie. 17 février 2016.  http://cnsa.fr/documentation/appel_a_candidature_chaire_cnsa_17_02_16.pdf (texte intégral).

Interventions psychosociales : les recommandations des experts (1)

Les experts internationaux de la commission de neurologie du Lancet font le point sur les interventions non médicamenteuses destinées aux personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer et à leurs aidants. Ces recommandations ont été remises au Parlement européen le 15 mars 2016. « Les interventions non médicamenteuses ainsi que l’implication active et précoce des aidants devraient faire intégralement partie des stratégies thérapeutiques. Le diagnostic et le traitement des pathologies associées, des symptômes neuropsychiatriques et de la détérioration psychosociale constituent des éléments clé pour améliorer la qualité de vie des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer et de leurs aidants. Les changements du style de vie, l’exercice physique et le soutien nutritionnel peuvent avoir un rôle à toutes les phases de la maladie. Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour guider la mise en œuvre de programmes d’intervention : 1/ des revues systématiques et un consensus international pour établir quelles interventions fondées sur des preuves scientifiques devraient être disponibles en Europe et dans quelles indications ; 2/ des recommandations européennes, ainsi qu’une infrastructure pour mettre en œuvre l’utilisation des interventions pour lesquelles un bénéfice clair existe, devraient être mises en pratique, au moyen de formations, de soutien pour que la reproductibilité de ces interventions soit assurée ; ces interventions sont par exemple l’exercice physique, la thérapie de stimulation cognitive, les activités personnalisées, les formations aux soins centrés sur la personne en établissement d’hébergement, et les activités pour le traitement de l’agitation (avec ou sans interaction sociale) ; 3/ un consensus européen serait utile pour identifier les interventions non médicamenteuses prioritaires pour guider les décisions de remboursement dans chaque pays.

Winblad B et al. Defeating Alzheimer’s disease and other dementias: a priority for European science and society. Lancet Neurol 2016; 15: 455–532. 15 mars 2016. www.thelancet.com/pdfs/journals/laneur/PIIS1474-4422(16)00062-4.pdf (texte intégral).

Interventions psychosociales : les recommandations des experts (2)

Les experts internationaux de la commission de neurologie du Lancet poursuivent :4/ des essais contrôlés et randomisés supplémentaires sont nécessaires pour mieux comprendre des domaines clés et des besoins non satisfaits des personnes malades, notamment le traitement non pharmacologique des troubles du sommeil, de la douleur, des troubles psychotiques [hallucinations et idées délirantes] et de l’apathie ; 5/ il est nécessaire d’établir des partenariats entre les financeurs publics et des organisations commerciales pour financer les études d’intervention non médicamenteuses, pour faciliter les études sur des interventions combinées associant médicaments et approches psychosociales, et de faciliter les collaborations scientifiques entre la chercheurs et organisations commerciales ; 6/ un accès libre aux données issues des essais cliniques contrôlés et randomisés d’interventions non médicamenteuses est nécessaire pour réaliser des revues systématiques et des méta-analyses s’appuyant sur les données individuelles des patients ; 7/ les manuels de traitement et les programmes de formation des aidants présentant des interventions non médicamenteuses efficaces devraient être largement diffusés, notamment par les équipes de recherche ayant développé et évalué de tels programmes ; 8/ les interventions et activités non médicamenteuses peuvent avoir une valeur éthique intrinsèque dans un accompagnement de haute qualité, même lorsque la mesure de leur efficacité s’avère difficile. La preuve éthique, telle que des signes observés de bien-être dans le cadre d’une activité porteuse de sens pour la personne, doit être systématiquement recueillie, discutée et utilisée en pratique clinique.

Winblad B et al. Defeating Alzheimer’s disease and other dementias: a priority for European science and society. Lancet Neurol 2016; 15: 455–532. 15 mars 2016. www.thelancet.com/pdfs/journals/laneur/PIIS1474-4422(16)00062-4.pdf (texte intégral, 78 p).

Interventions psychosociales : la qualité méthodologique des études cliniques

« Les interventions dites non-médicamenteuses pour les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer ou de troubles apparentés font aujourd’hui l’objet de nombreuses tentatives d’évaluation scientifique qui s’avèrent souvent infructueuses », rappellent Kevin Charras, responsable du pôle Interventions psychosociales de terrain et ses collègues de la Fondation Médéric Alzheimer.  Ils ont étudié onze méta-analyses sur ce sujet publiées par la Cochrane Library, référence mondiale pour la qualité méthodologique des études cliniques. Six méta-analyses permettent de tirer des conclusions au moins partielles sur l’efficacité des interventions psychosociales évaluées dans le cadre d’essais contrôlés et randomisés [dont les résultats ont le plus haut niveau de preuve scientifique] : la stimulation cognitive, la psychothérapie, la réminiscence, les interventions sur les comportements difficiles après analyse fonctionnelle de leurs causes, la réhabilitation cognitive et les programmes psycho-éducatifs. Pour les auteurs, « étant donné le rôle croissant qu’elles jouent dans la prise en charge de la maladie d’Alzheimer, les interventions psychosociales devraient être évaluées de manière particulièrement rigoureuse. Les faiblesses méthodologiques observées dans certaines études empêchent non seulement d’évaluer correctement l’impact de ces interventions, mais retardent aussi leur déploiement dans la pratique clinique. Améliorer la qualité scientifique de ces études impliquerait d’adapter la méthode de l’essai contrôlé randomisé aux spécificités des interventions psychosociales et de tirer parti de toutes les autres méthodes susceptibles de produire des connaissances rigoureuses. »

Charras K, Gzil F, Reintjens C et Frémontier M. Évaluation des interventions psychosociales pour la maladie d’Alzheimer : quelles leçons tirer des méta-analyses de la Cochrane Library ? Geriatr Psychol Neuropsychiatr Vieil 2016 ; 14(1) : 104-16. Avril 2016. www.jle.com/download/gpn-306723-evaluation_des_interventions_psychosociales_pour_la_maladie_dalzheimer_quelles_lecons_tirer_des_meta_analyses_de_la_cochrane_library_--Vvv8KH8AAQEAAHtdT-kAAAAF-a.pdf(texte intégral).

Soutien cognitivo-comportemental par téléphone : quels résultats à deux ans ?

Gabriele Wilz, du département d’intervention clinique de l’Institut de psychologie de l’Université Friedrich Schiller à Iéna (Allemagne) a mené un essai contrôlé et randomisé auprès de cent-cinq aidants de personnes atteintes de démence vivant à domicile, pour tester l’efficacité d’une intervention brève de soutien cognitivo-comportemental par téléphone. Deux ans après l’intervention, des effets significatifs sont observés : les plaintes somatiques ont diminué (notamment pour les douleurs articulaires et les troubles cardiaques), l’état de santé perçu et la qualité de vie se sont améliorés.

Wilz G et al. Are psychotherapeutic effects on family caregivers of people with dementia sustainable? Two-year long-term effects of a telephone-based cognitive behavioral intervention. Aging Ment Health, 8 mars 2016. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/26954588.

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