Stimulation cognitive : pour quels résidents ?

Un essai contrôlé et randomisé, mené par Jennifer Middelstädt, de l’Institut de gérontologie de l’Université de Vechta, et ses collègues de l’hôpital universitaire de Cologne (Allemagne), auprès de soixante-et-onze personnes atteintes de démence légère à modérée, montre que l’efficacité de la stimulation cognitive est d’autant plus élevée que le déficit cognitif est peu important. La dépression a un effet modérateur significatif : la stimulation cognitive a davantage d’effet chez les personnes ayant peu de symptômes dépressifs. Pour les chercheurs, le traitement de la dépression est indispensable avant une intervention de stimulation cognitive.

Middelstädt J et al. Cognitive Stimulation for People with Dementia in Long-Term Care Facilities: Baseline Cognitive Level Predicts Cognitive Gains, Moderated by Depression. Alzheimers Dis, 4 août 2016. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/27497474.

Le soutien par les pairs : une approche reconnue

Le soutien par les pairs, bien établi dans les champs du handicap physique et de la santé mentale, est désormais reconnu comme l’une des modalités de soutien par et pour les personnes atteintes de démence et leurs aidants. La stratégie nationale anglaise pour la démence a permis d’établir quarante sites de démonstration. Sarah Keyes, de l’École de santé dans les sciences sociales de l’Université d’Edimbourg, et ses collègues, ont mené des entretiens qualitatifs approfondis dans huit de ces sites, auprès de cent personnes vivant avec une démence et quatre-vingt professionnels. « Le soutien par les pairs a un impact positif, émotionnel et social, prenant racine dans l’identification aux autres, la communauté d’expérience et la réciprocité du soutien. Il existe aussi un contraste entre la qualité du soutien par les pairs et le soutien par les professionnels », résument les chercheurs, qui mettent en avant l’importance de l’expérience vécue et la promotion d’une approche basée sur les capacités restantes (strength-based approach) avec un soutien interpersonnel mettant les personnes malades en capacité, plutôt qu’une approche basée sur les déficits.

Keyes S et al. ‘‘We’re all thrown in the same boat ... ’’: A qualitative analysis of peer support in dementia care. Dementia 2016; 15(4): 560-577. Juillet 2016.  http://dem.sagepub.com/content/15/4/560.full.pdf+html (texte intégral).

Utilisation de l’espace et droits de l’homme : structurer des environnements adaptés

Kevin Charras, responsable du pôle Interventions psychosociales de terrain à la Fondation Médéric Alzheimer, Colette Eynard, de l’Association du réseau de consultants en gérontologie et Géraldine Viatour, de la MAIA du Grand Versailles (service mettant en œuvre la « méthode d’action pour l’intégration des services d’aide et de soins dans le champ de l’autonomie »), après avoir observé trois unités spécifiques pour personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer, proposent un référentiel de structuration de l’environnement prenant en compte l’utilisation de l’espace et les droits de l’homme. Les chercheurs identifient six dimensions : l’organisation de l’espace, la cohésion sociale induite par l’espace, l’ambiance résidentielle ou institutionnelle ; la vie privée ; l’approche affichée des soins et de l’accompagnement ; le contrôle et l’attention.

Charras K et al. Use of space and human rights: planning dementia friendly settings. J Gerontol Soc Work 2016; 59(3): 191-204. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/27030003.

L’aidant de la personne atteinte de presbyacousie

La prise en charge de la personne atteinte de presbyacousie ne fait actuellement pas partie des programmes de formation dans les écoles d’orthophonie, regrette Séverine Leusie, orthophoniste, docteur en neurosciences et secrétaire du Groupe de recherche Alzheimer Presbyacousie Santé (GRAPSanté). Elle se souvient : « Une rencontre avec une collègue orthophoniste et son mari très sourd a changé complètement notre manière de faire et les bons résultats ont enfin remplacé nos demi-échecs. Cette orthophoniste mariée à un sourd sévère de soixante-dix ans avait vu l’état de son mari se dégrader profondément. Dépressif, acariâtre, replié sur lui-même, il présentait des désordres psychiques qui avaient fait penser à son médecin traitant à un début de maladie d’Alzheimer. Il ne portait plus ses appareils depuis plus de cinq ans et devenait très difficile à accompagner. De fait, il était resté assis devant nous, muet et indifférent durant presque une heure. » Elle a revu le couple deux mois plus tard : tout semblait être rentré dans l’ordre et nous avons discuté à trois durant toute la rencontre. Il avait, comme je l’avais conseillé, repris ses appareils maintenant bien réglés et tous les jours, plusieurs fois dans la journée, ma collègue le faisait travailler, répéter, imiter, simuler, inverser les rôles comme j’aime le faire, le presbyacousique devenant le rééducateur et l’orthophoniste le sourd. Je n’ai pas tout de suite compris comment en quelques semaines seulement, ma collègue avait obtenu de bien meilleurs résultats que moi en plusieurs mois. Il n’y avait en fait rien à comprendre : le presbyacousique a besoin d’un aidant. » Pour Séverine Leusie, « il faut un aidant par patient. Tous les jours ou presque, l’aidant doit vérifier que les appareils sont correctement nettoyés, avec des piles qui fonctionnent, que le patient les a bien installés dans les oreilles et plusieurs fois par jour, dans toutes les circonstances de la vie, de dos, dans la cuisine, dans la rue, dans le jardin, on doit s’entendre et se comprendre d’un bout de la maison à l’autre. Lorsque le conjoint "fait l’affaire", c’est l’aidant idéal, mais s’il n’y a pas ou plus de conjoint, il faut faire appel à la famille ou à des amis ou à des voisins, ou à une association », organiser l’équipe dont le presbyacousique a besoin (circuit du GRAPsanté). Il faut bien sûr former l’aidant et s’assurer qu’il pourra faire travailler son presbyacousique tous les jours ou presque pendant six mois et ensuite autant que de besoin jusqu’à la fin de sa vie. Si cette approche, au début, peut sembler fastidieuse, on se rend très vite compte qu’il s’agit plutôt d’une habitude à prendre, comme veiller à bien prendre ses médicaments tous les jours ou à s’hydrater régulièrement. Former l’aidant à aider le patient est le rôle de l’orthophoniste et ce dont a besoin l’orthophoniste pour savoir comment l’aider est justement apporté par le couple lui-même et plus spécifiquement par l’aidant ! »

La Lettre du GRAPSanté 2016 ; 80. Août 2016. www.grapsante.org/lettres/GRAP_lettre_80_Aout_2016.pdf.

Malades jeunes : l’expérience du retour au travail en photos

David Evans et ses collègues, de l’École infirmière de l’Université d’Australie du Sud, ont donné un appareil photographique à des personnes jeunes atteintes de démence pour qu’elles documentent leur expérience du retour au travail un jour par semaine. Les photos concernent quatre grands domaines : l’impact de la démence sur la personne malade, sur la famille, l’expérience au travail et les nouveaux amis.

Evans D et al. Use of Photovoice with people with younger onset dementia. Dementia 2016; 15(4): 798-813. Juillet 2016. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/24962000.

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