Musicothérapie : quelle efficacité ?

A Taïwan, KR Chou et Y Lin, de l’Ecole infirmière de l’Université médicale de Taipei, ont mené une étude contrôlée et randomisée auprès de cent quatre résidents de trois maisons de retraite atteints de démence, comparant les effets de douze séances de trente minutes de musicothérapie à la prise en charge habituelle des activités de la vie quotidienne. La dépression et la fonction cognitive ont été évaluées avant l’intervention, à la sixième et à la douzième séance, et un mois après la fin de l’intervention.  La dépression est très significativement réduite après la douzième séance de musicothérapie. L’intervention ne modifie pas le niveau de stress (mesuré par le niveau de cortisol, marqueur physiologique). La fonction cognitive est significativement améliorée à la sixième séance, à la douzième séance et un mois après la fin de l’intervention. La musicothérapie est plus adaptée aux stades léger à modéré de la maladie, et a davantage d’impact sur la fonction de rappel que sur l’orientation, l’enregistrement des informations, l’attention et le calcul, le langage et les capacités visuo-spatiales.

C. Potter, du service de psychiatrie générale de l’hôpital Holywell à Antrim et A. Scott, de l’Université ouverte de Londres (Royaume-Uni), proposent une revue systématique des essais contrôlés et randomisés concernant des interventions de musicothérapie pour réduire les troubles du comportement chez des personnes atteintes de démence. Les chercheurs ont identifié six études de niveau méthodologique satisfaisant,  menées sur un total de deux cent soixante-deux participants. Toutes les études montrent un effet positif de la musicothérapie sur les troubles psycho-comportementaux. Les résultats les plus significatifs sont obtenus dans des programmes ciblés et interactifs, centrés sur les relations thérapeutiques.

Chou KR et Lin Y. The effectiveness of group music therapy to improve depression and cognition status in elderly persons with dementia. Eur Psychiatry 2012; 27 (suppl 1). Abstracts of the 20th European Congress of Psychiatry, communicationP-444. www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0924933812746114. Potter CL et Scott A. Music therapy for the treatment of behavioural and psychological symptoms of dementia: a systematic literature review. Eur Psychiatry 2012; 27 (suppl 1). Abstracts of the 20th European Congress of Psychiatry, Communication P-459.

www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0924933812746266.

Musique, peinture ou cuisine ?

Pauline Narme, du laboratoire de neurosciences fonctionnelles et pathologie (EA 4559) au département de psychologie de l’Université Lille-Nord-de-France, en collaboration avec le département de psychologie de l’Université de Vincennes-Saint-Denis et la résidence Val d’Escaut du centre hospitalier de Valenciennes, a conduit deux études contrôlées et randomisées auprès de trente-trois personnes atteintes de démence au stade modéré à sévère, comparant l’impact d’ateliers musicaux à celui d’ateliers non musicaux (peinture ou cuisine) sur l’état émotionnel des personnes malades. Tous les ateliers améliorent à court terme l’état émotionnel. Toutefois, ce bénéfice est plus important et durable après une intervention musicale. Il n’est pas nécessaire que les animateurs des ateliers aient une expérience ou une formation musicale particulière. Deux séances de deux heures par semaine pendant un mois suffisent à obtenir un impact significatif. 

Narme P. Thérapies non médicamenteuses dans la maladie d’Alzheimer : comparaison d’ateliers musicaux et non-musicaux. Geriatr Psychol Neuropsychiatr Vieil 2012 ; 10(2) : 215-224. www.unboundmedicine.com/medline/ebm/record/22713851/.

Agir sur l’apathie en maison de retraite

L’équipe du Professeur Philippe Robert, du centre mémoire de ressources et de recherche du CHU de Nice, a évalué, dans un essai randomisé, l’efficacité d’un programme de formation du personnel de maisons de retraite à la prise en charge de l’apathie chez deux cent trente personnes âgées atteintes de démence. L’apathie est rarement identifiée comme un problème par les professionnels. L’émoussement affectif (emotional blunting) apparaît comme la seule dimension sensible au changement. L’impossibilité d’améliorer le niveau d’intérêt des résidents peut s’expliquer par les difficultés de connaître les centres d’intérêt individuels des personnes malades. Mais il reste possible de modifier la réactivité émotionnelle des résidents et les perceptions du personnel. 

Leone E et al. Management of apathy in nursing homes using a teaching program for care staff: the STIM-EHPAD study. Int J Geriatr Psychiatry, 14 juin 2012. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/22700526.

Evaluation de la douleur : qu’en pensent les personnes malades et leurs aidants ?

L’équipe de Gunhild Waldemar, du groupe de recherche sur les troubles de la mémoire à l’hôpital universitaire de Copenhague (Danemark) a mesuré la douleur déclarée par trois cent vingt personnes atteintes de maladie d’Alzheimer résidant à domicile (score MMSE ≥ 20) et par une tierce personne (cohorte Danish Alzheimer Intervention Study). La douleur a été mesurée à l’aide de l’échelle analogue visuelle intégrée à l’échelle européenne de qualité de vie EuroQoL. Les évaluations diffèrent :les tierces personnes surévaluent la douleur par rapport à la personne malade. 33% des personnes malades et 52% des tierces personnes déclarent que les personnes malades ont mal. Quel que soit l’évaluateur, la douleur est associée significativement à des symptômes neuropsychiatriques et dépressifs et à une faible qualité de vie. 

Jensen-Dahm C et al. Discrepancy Between Self- and Proxy-Rated Pain in Alzheimer's Disease: Results from the Danish Alzheimer Intervention Study. J Am Geriatr Soc, 15 juin 2012. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/22702408.

Ergothérapie : quelle recherche ?

Une revue systématique de la littérature scientifique britannique entre 1999 et 2010, portant sur les interventions d’ergothérapeutes à domicile auprès des aidants de personnes atteintes de démence, n’identifie que dix-sept articles, généralement de faible qualité méthodologique. 

Hall L et Skelton DA. Occupational therapy for caregivers of people with dementia: a review of the United Kingdom literature. Br J Occup Ther 2012 ; 75(6) : 281-288.  www.ingentaconnect.com/content/cot/bjot/2012/00000075/00000006/art00007, Juin 2012.

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