Approches non médicamenteuses : les meilleures pratiques pour les aidants

Une revue systématique de la littérature, menée par Dolores Gallagher-Thompson, de l’Ecole de médecine de l’Université de Stanford (Etats-Unis) et des experts mondiaux de Chine, Australie, Royaume-Uni, Espagne, Taiwan, propose une analyse critique des meilleurs programmes et modèles de services, fondés sur des preuves scientifiques, mettant en œuvre des approches non médicamenteuses pour accompagner les aidants familiaux de personnes atteintes de démence. 

Gallagher-Thompson D et al. International Perspectives on Nonpharmacological Best Practices for Dementia Family Caregivers: A Review. Clin Gerontologist 2012; 35(4), 316-355. 1er juin 2012. www.tandfonline.com/doi/abs/10.1080/07317115.2012.678190

Un salon doit ressembler à un salon

En 2009, les caisses de retraite complémentaires AGIRC et ARRCO ont lancé une recherche-action baptisée Eval’zheimer, visant à adapter l’environnement physique et organisationnel des structures dédiées aux personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer. L’une des idées développées dans ce programme, concernant une vingtaine d’établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) est le réaménagement des espaces : « il faut penser l’espace en fonction de ce qu’on veut y vivre », résume Dominique Rovera-Deroche, manager technique à la direction sociale de l’AGIRC-ARRCO. Ainsi, « le salon en EHPAD, c’est généralement une salle avec des fauteuils et une télé. Tout ce qui n’est pas « à usage » n’existe pas, comme des journaux, sur une table basse, comme dans votre salon et le mien. Du coup, les personnes malades d’Alzheimer, par exemple, ne reconnaissent pas ce « salon » : l’espace devient maltraitant, parce qu’il ne correspond pas au nom qu’on lui donne », explique Anne Saint-Laurent, directrice de l’action sociale. Les professionnels doivent aussi apprendre à respecter les espaces pour ce qu’ils sont, et apprendre à ne pas laisser traîner un chariot dans le salon. Dans cette démarche, les équipes des unités Alzheimer des EHPAD participants sont aidées par un sociologue et un spécialiste de la Fondation Médéric Alzheimer.

Le Mensuel des maisons de retraite, mai 2012.

Education au sommeil de personnes malades vivant en famille d’accueil

Susan McGorry, professeur de santé psychosociale et communautaire à l’Université de Washington à Seattle (Etats-Unis), a développé une intervention destinée à améliorer le sommeil de personnes atteintes de démence vivant en famille d’accueil. L’intervention consiste en quatre séances de formation pour les aidants de la famille d’accueil, pour les aider à développer et à mettre en œuvre un plan individuel de sommeil. La qualité du sommeil de l’aidant a été mesurée par un actigraphe de poignet, les aidants de la famille d’accueil mesurant quant à eux la somnolence durant la journée, les symptômes dépressifs et les comportements perturbateurs. Les aidants apprennent à identifier les périodes de veille et de sommeil, l’activité diurne et les facteurs environnementaux pouvant contribuer à la déambulation nocturne. Les premiers résultats indiquent une réduction de la déambulation nocturne et du temps de sommeil total.

McCurry S et al. Development and evaluation of a sleep education program for older adults with dementia living in adult family homes. Am J Geriatr Psychiatry 2012; 20(6):494-504. Juin 2012. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/22367233

Aidants : soutien par des pairs

Une étude chinoise contrôlée et randomisée, menée par l’Ecole de sciences infirmières du collège médical de Jilin auprès de soixante-dix-huit aidants familiaux de personnes atteintes de démence, montre qu’un soutien mutuel en groupe, avec des pairs aidants, allège significativement la souffrance psychologique et améliore la qualité de vie par rapport au groupe témoin. La participation à l’étude a eu peu d’influence sur la demande de services de soutien.

Wang LQ et al. An experimental study on the effectiveness of a mutual support group for family caregivers of a relative with dementia in mainland China. Contemp Nurse 2012 40(2): 210-224. Février 2012. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/22554214.

Mobilité cognitive et mouvements physiques

Pour Bernard Andrieu, professeur en épistémologie du corps et des pratiques corporelles à la Faculté du sport de l'Université Henri-Poincaré de Nancy, et Pascale Gérardin, psychologue au service de gériatrie du CHU de Nancy, « le vieillissement est souvent décrit comme une crise. Il induit une rupture dans un équilibre antérieur. Les activités physiques peuvent permettre de s’adapter à l’avancée en âge comme processus dynamique d’investissement de soi. Elles sont aussi des méthodes de prise en charge non médicamenteuses de la maladie d’Alzheimer et des maladies apparentées. La déambulation, si fréquente chez les patients souffrant de troubles cognitifs, paraît signifier l’importance du mouvement comme dans un principe de retour au corps et de fonctionnalité préverbale ».

Andrieu B et Gérardin P. Mobilité cognitive et mouvements physiques, une importance capitale. Soins gérontologie 2012 ; 95 : 35-37. Mai-juin 2012.

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