Psychologie positive

La recherche en psychologie positive a longtemps été cantonnée à l’approche qualitative, faute d’outils de mesure robuste des résultats, expliquent Charlotte Stoner et ses collègues, du département de psychologie clinique de l’University College de Londres, qui ont développé deux outils (PPOM : positive psychology outcome measure et EID-Q (Engagement and Independence in Dementia) pour mesurer l’espoir, la résilience, le sentiment d’autonomie et la participation sociale. 

Interventions non médicamenteuses pour les troubles psycho-comportementaux : quelle efficacité ?

Iosief Abraha, du centre national italien de recherche sur le vieillissement (IRCCS-INRCA) à Ancône, et ses collègues, publient une « revue systématique des revues systématiques » des interventions non médicamenteuses pour traiter les troubles psycho-comportementaux chez les personnes âgées atteintes de démence. Les chercheurs ont identifié trente-huit revues systématiques et cent quarante-deux études princeps, portant sur un grand nombre de catégories d’intervention : la stimulation sensorielle (vingt-sept études princeps), comprenant l’acupression, l’aromathérapie, le massage ou toucher/massage, la luminothérapie, le jardin sensoriel; les interventions cognitives à orientation émotionnelle (soixante-dix études princeps), comprenant la stimulation cognitive, le thérapie par la musique et la danse, la stimulation multisensorielle Snoezelen, la stimulation nerveuse électrique transcutanée, la thérapie de réminiscence, la thérapie de validation, la présence simulée ; les techniques de gestion des comportements (trente-deux études princeps), comprenant l’exercice physique, la thérapie assistée par l’animal, les unités spécifiques Alzheimer et la modification de l’environnement du repas. La majorité des études montre une grande variation de la définition et de la mise en œuvre de l’intervention, de la durée de suivi, et du type de résultat mesuré, habituellement avec de faibles effectifs. Les interventions dont l’efficacité est prouvée sont la musicothérapie et les techniques de gestion comportementale.

Abraha I et al. Systematic review of systematic reviews of non-pharmacological interventions to treat behavioural disturbances in older patients with dementia. The SENATOR-OnTop series. 16 mars 2017.

http://bmjopen.bmj.com/content/bmjopen/7/3/e012759.full.pdf (texte intégral).

Réapprentissage structuré

L’apprentissage sans erreur (errorless learning) est une méthode utilisant des instructions pour empêcher les personnes de se tromper pendant le processus d’apprentissage. Sebastian Voigt-Radloff, du centre de médecine gériatrique et gérontologie de l’Université de Fribourg (Allemagne), et ses collègues, ont mené un essai multicentrique randomisé auprès de cent-soixante personnes atteintes de maladie d’Alzheimer ou de démence mixte, vivant à domicile, pour comparer la méthode du réapprentissage structuré en mode sans erreur à celle des essais et erreurs, appliqué à la réalisation de tâches de la vie quotidienne. Les deux méthodes sont aussi efficaces. Les améliorations durent au moins six mois.

Voigt-Radloff S et al. Structured relearning of activities of daily living in dementia: the randomized controlled REDALI-DEM trial on errorless learning. Alzheimers Res Ther 2017; 9(1): 22. 23 mars 2017. www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC5364615/ (texte intégral).

Allemagne : réseaux régionaux de la démence

En Allemagne, des réseaux régionaux de la démence ont récemment été établis pour proposer un soutien « en temps opportun » aux personnes malades et à leurs familles. Une étude multicentrique observationnelle (DemNet-D), menée par Franziska Laporte-Uribe, du centre allemand des maladies neurodégénératives (DZNE) à Witten, auprès de quatre cents couples aidants-aidés, montre que la prise en charge en réseau réduit le fardeau de l’aidant en ce qui concerne les tâches pratiques, les conflits sur les besoins et les conflits de rôle.

Laporte Uribe F et al. Regional dementia care networks in Germany: changes in caregiver burden at one-year follow-up and associated factors. Int Psychogeriatr, 2 mars 2017. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/28249632.

Malades jeunes : le maintien en emploi

« Le recul de l’âge de départ à la retraite signifie que l’on diagnostiquera davantage la démence chez des personnes en situation d’emploi », rappellent Jacqueline Chang, chargée de cours en sciences infirmières, et ses collègues, des Universités de Kingston et de St Georges à Londres. « Le maintien des malades jeunes en activité, rémunérée ou non, aussi longtemps que possible, aide à maintenir un sentiment de bien-être et devrait être vue comme une stratégie de référence. Si cela n’est pas possible, une alternative est de leur proposer des interventions répliquant des activités liées au travail. Mais pour justifier le développement et le déploiement de ces stratégies, une évaluation robuste est nécessaire. »

Chang J et al. Young-onset dementia: the benefits of employment. J Dementia Care 2017 ; 25(2) : 30-31. Mars-avril 2017.

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