Stimulation cognitive : quelle efficacité ?

L’équipe du Professeur Martin Orrell, de l’University College de Londres, a mené une revue systématique de la littérature concernant l’efficacité de la stimulation cognitive, à partir du registre spécialisé Cochrane Dementia and Cognitive Improvement Group (ALOIS), qui recense les études de bonne qualité méthodologique.La stimulation cognitive est une intervention psychologique largement utilisée dans l’accompagnement de la démence, proposant une palette d’activités aux personnes malades, qui apporte une stimulation générale des capacités cognitives. Quatre-vingt-quatorze études ont été identifiées, dont quinze étaient des essais contrôlés randomisés. Une méta-analyse (analyse statistique combinant les résultats d'une série d'études indépendantes) a été réalisée à partir des données de ces études, portant sur un total de quatre cent sept personnes recevant une stimulation cognitive contre trois cent-onze personnes dans le groupe témoin. La stimulation cognitive apporte un bénéfice significatif à la fonction cognitive, concluent les auteurs, cet effet se maintient trois mois après la fin du traitement, et apparaît supérieur à l’effet apporté par les médicaments. Des analyses secondaires sur des échantillons plus petits montrent également des bénéfices significatifs de l’intervention sur la qualité de vie et le bien-être de la personne malade, et sur la qualité de la communication et de l’interaction sociale, perçue par les professionnels. Pour les auteurs, la cohérence des preuves scientifiques devrait inciter à diffuser largement la stimulation cognitive dans l’accompagnement des personnes atteintes de démence.

Aguirre E et al. Cognitive stimulation for dementia: A systematic review of the evidence of effectiveness from randomised controlled trials. Ageing Res Rev, 7 août 2012. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/22889599.

Formation du personnel : quel effet sur les troubles psycho-comportementaux ?

Aimée Spector et ses collègues, du département de recherche en psychologie clinique de l’University College de Londres, publient une revue systématique de la littérature concernant les interventions de formation des personnels d’établissement à la prise en charge des symptômes psycho-comportementaux de la démence. Sur deux cent soixante-treize études, seules vingt, publiées entre 1998 et 2010, sont de qualité méthodologique acceptable. Douze études montrent une réduction significative des symptômes psycho-comportementaux des personnes malades après la formation du personnel ; quatre études montrent une tendance positive à leur réduction et quatre études n’observent aucun effet de la formation sur la réduction des symptômes.

Spector A et al. A systematic review of staff training interventions to reduce the behavioural and psychological symptoms of dementia. Ageing Res Rev, 20 juillet 2012. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/22820151.

Quelle architecture pour demain ?

Entre foyer-logement et résidence services : « assisted living » est un lieu de vie qui n'a pas de traduction française simple. On peut proposer « logement regroupé avec services » : les personnes âgées vivent chez elles, dans un logement indépendant, et disposent de services de soins et d'accompagnement sur place permanent : santé, transport, aide ménagère, préparation de repas. Monte Olinger, du cabinet d’architecture américain Baker Barrios, écrit : « depuis plus de trente ans, les professionnels du design sont conscients de la proportion croissante de ces lieux de vie pour la population générale et pour les personnes aux prises avec les différentes formes de démence. Que l’on soit médecin, opérateur, bâtisseur, architecte ou designer, les générations futures nous imposent la tâche de régler les choses avant que la fin de notre génération. Comment saurons-nous si nos hypothèses, nos modèles et nos décisions étaient corrects, en termes d’architecture, d’économie, de soins et d’accompagnement ? Un service Alzheimer réussi procurera un environnement « soutenant » (a nurturing place : un endroit où l’on prendra soin d'eux et où ils se sentiront en sécurité). Ce lieu répondra aux besoins individuels des résidents : des choix réels pour les résidents en termes de plans, d’équipement et de voisinage ; le lien du résident avec les principes retenus pour le bâti ; les besoins uniques de la personne, en termes physiques, sociaux et spirituels et ses préférences (proclivities), qui doivent être prises en compte pour l’architecture d’intérieur. D’autres aspects, culturels, concernent les besoins en interface avec l’environnement et les autres résidents ou le personnel : environnement sensoriel, santé émotionnelle et bien-être du résident, de la famille et des amis ; lien avec la famille ; sécurité ; renforcement de l’autonomie et de la vie active ; lieux de soins palliatif ; lieux adaptés à des programmes porteurs de sens et de réussite ».

Olinger MS. Making a difference: resident-focused models for memory care facilities. J Interior Design 2012; 37(3): v-xii. www.idec.org/documents/j.1939-1668.2012.01076.x.pdf(texte intégral).

Technologies d’assistance

Le réseau britannique d’amélioration de l’habitat Housing Learning and Improvement Network publie une revue des politiques et des pratiques actuelles d’utilisation des technologies d’assistance permettant de « bien vivre avec une démence » (living well with dementia) dans différents types d’habitat, illustrée par des études de cas et des témoignages de personnes malades et leurs aidants.

En Espagne, Maria José Ciudad et Ignasi Sáez, du service de gériatrie et se soins palliatifs de Badalona (Espagne), présentent une revue des technologies d’assistance pour personnes atteintes de démence et détaillent la mise en œuvre de deux projets européens : Aladdin (plateforme technologique pour la gestion et le suivi à domicile de la santé de la personne malade et de son aidant) et Home Sweet Home (plateforme de commande domotique de l’environnement de la personne malade).

En Irlande du Nord, Kerry-Louis Skillen et ses collègues, de l’Ecole d’informatique et mathématiques de l’Université de l’Ulster, en collaboration avec Ivar Solheim du centre norvégien de calcul, proposent un modèle ontologique de profil d’utilisateur, pouvant s’adapter à des besoins et préférences changeants. L’exemple présenté est l’utilisation d’un smartphone par une personne atteinte de démence à l’extérieur de chez elle.

Porteus J (coord). Assistive technology as a means of supporting people with dementia: a review. Report. Housing Learning and Improvement Network. Juillet 2012.www.housinglin.org.uk/_library/Resources/Housing/Support_materials/Reports/HLIN_AT_Report.pdf(texte intégral). Ciudad MJ et Sáez I. Aplicacions de les TIC per al support a l’envelliment i a la demència : estat actual i experiències. Aloma 2012 ; 30(1) : 145-155 (article en catalan).Skillen KL et al. A user profile ontology based approach for assisting people with dementia in mobile environments. http://mobilesage.eu/en/content/k-skillen-l-chen-c-nugent-m-donnelly-i-solheim-user-profile-ontology-based-approach(texte intégral).

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