Recruter des « patients-candidats »

« Les connaissances sur la maladie d’Alzheimer se sont enrichies ces dernières années. Elles sont le fruit de la recherche fondamentale et de la recherche dite clinique. Et plus précisément, des nombreux essais thérapeutiques dont les enseignements profitent non seulement aux patients mais aussi aux soignants, aux chercheurs et à chacun d’entre nous », écrit Joël Jaouen, président de France Alzheimer et maladies apparentées. « Pour autant, des moyens d'information supplémentaires et plus efficaces doivent être développés pour associer, toujours plus largement, les "patients-candidats" et le grand public aux problématiques touchant à la recherche clinique. Elle constitue pour les personnes malades un mode privilégié d’accès aux innovations thérapeutiques et, pour les soignants, une source de formation continue et d’amélioration des soins. La poursuite des efforts en faveur de la recherche est donc un enjeu majeur pour, un jour, guérir la maladie. Elle nécessite la mobilisation de tous : patients, chercheurs, professionnels de santé, industriels, pouvoirs publics, associations de patients et de familles. »

France Alzheimer et maladies apparentées. Newsletter, décembre 2016. www.francealzheimer.org/dossiers_d_information/recherche-clinique-passage-oblig%C3%A9-vers-m%C3%A9dicament, 6 janvier 2016.

Échec du solanezumab : désinvestissement

Rapidement après sa prise de fonction, le nouveau patron du laboratoire américain Eli Lilly, David Rick a annoncé des « ajustements » : la société va rationaliser ses divisions géographiques pour réaliser des économies, en réduisant le nombre de managers et en fusionnant sa division pays émergents avec la division Europe. Elle compte également supprimer les postes créés pour anticiper une sortie du solanezumab, qui a été annulée, suite à l'échec de la molécule lors des essais cliniques de phase III dans la maladie d’Alzheimer. « L'échec de ce traitement contre la maladie d'Alzheimer est l'une des grosses déconvenues de l'année 2016 dans le secteur pharmaceutique », écrit Jean-Yves Paillé, de La Tribune. « Cette annonce a fait perdre au laboratoire américain 8 milliards de dollars de capitalisation boursière, le 23 novembre 2016. »

La communauté scientifique s’interroge : l’hypothèse causale de la cascade amyloïde sur la neurodégénérescence est-elle trop dominante pour pouvoir être mise en question ? Faut-il intervenir plus tôt dans l’évolution de la maladie pour observer un effet significatif des médicaments ? Ou la dose administrée était-elle trop faible ? Peut-on augmenter la dose sans induire trop de toxicité ? Ou encore associer des molécules entre elles ?

www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/chimie-pharmacie/eli-lilly-force-de-reajuster-sa-strategie-apres-son-echec-contre-la-maladie-d-alzheimer-628847.html, 8 janvier 2016. www.npr.org/sections/health-shots/2016/12/29/506592761/where-does-alzheimer-s-treatment-go-from-here, Le Couteur DG. Solanezumab and the amyloid hypothesis for Alzheimer’s disease. BMJ 2016; 355 : i6771. www.bmj.com/content/355/bmj.i6771, 29 décembre 2016. Editorial. Solanezumab: too late in mild Alzheimer's disease? Lancet Neurol 2017; 16(2):97. Février 2017. www.thelancet.com/journals/laneur/article/PIIS1474-4422(16)30395-7/fulltext?rss=yes. Scheltens P. De toekomst van Alzheimer. Zorgvisie 2017 ; 46 : 47. Décembre 2016.

Les obstacles à une prise en charge palliative

Le risque de décès est accru de 50% chez les personnes atteintes de démence, et le taux de mortalité est de 55% à dix-huit mois chez les personnes vivant en établissement, rappelle France Hirot, du service de psychiatrie du CHRU de Lille, qui souligne : « la nutrition entérale en cas de dénutrition peut être pénible et n’améliore ni la guérison des escarres, ni la survie des patients. Le traitement des infections se fait encore trop souvent à l’hôpital. Privilégier un traitement ambulatoire diminue le taux d’hospitalisation pour pneumonie sans modifier la survie. La prise en charge palliative, mais aussi les directives anticipées et la désignation d’une personne de confiance améliorent la qualité de vie des personnes malades. »

Hirot F. Soins palliatifs dans la démence. Gériatrie Psychologie Neuropsychiatrie du Vieillissement 2016 ; 14(4) : 447-453. 19 décembre 2016. www.jle.com/fr/revues/gpn/e-docs/soins_palliatifs_dans_la_demence_308602/article.phtml.

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