Élixir de jouvence

Joseph Castellano et ses collègues, du département de neurologie de l’Université de Stanford (Etats-Unis), ont identifié, dans le plasma du cordon ombilical humain, un facteur protéique sanguin (TIMP-2 : inhibiteur tissulaire des métalloprotéinases 2) capable de restaurer la mémoire de repérage dans l’espace chez la souris âgée, en agissant sur la plasticité neuronale de l’hippocampe. Des essais cliniques chez l’homme sont en cours pour déterminer la sécurité et l’efficacité (phases 1-2) de greffes de cellules souches de cordon ombilical humain.  

Participation aux essais cliniques

Aux Etats-Unis, le centre de ressources national ADEAR (Alzheimer’s Disease Education and Referral Center) informe les personnes intéressées des essais cliniques et études ouverts dans le domaine de la démence près de chez elles. Toutes ne concernent pas des essais de médicaments. Ainsi, un centre recrute des participants pour optimiser les soins et l’accompagnement (Alabama), un autre pour étudier les activités liées au style de vie (Californie), pour évaluer les effets de la stimulation électrique transcrânienne sur le sommeil et la performance cognitive (Colorado), ou encore s’inscrire dans des registres nationaux pour participer à des études de prévention ou de prédisposition génétique.

National Institute on Ageing. Alzheimer’s Disease Education and Referral Center. 11 mai 2017.

www.nia.nih.gov/alzheimers/clinical-trials?utm_source=201705_trials&utm_medium=email&utm_campaign=ealert&utm_content=intro

Les laboratoires changent d’approche

« Les laboratoires ne se résignent pas à abandonner l'hypothèse de la responsabilité des plaques dites amyloïdes dans la maladie d'Alzheimer », explique Catherine Ducruet, des Échos. « Il faut dire que ces agrégats entre les neurones sont le présupposé actuel de la quasi-totalité des molécules en développement. Puisqu'il apparaît qu'une fois les symptômes présents, aucune molécule n'est aujourd'hui efficace, le seul espoir est qu'elles le soient à un stade où le patient ne présente aucun symptôme. Il ne s'agit plus de soigner les gens déjà malades mais d'essayer de retarder l'entrée des bien-portants dans la maladie. Pour cela, il faut tester les traitements plus en amont. Mais comment faire alors pour choisir les participants ? L'étude menée par l'équipe de Bruno Dubois avec l'aide de Pfizer, de l'Institut du cerveau et de la moelle épinière (ICM) et du CHU de Bordeaux, est une illustration du problème. Elle porte sur trois cent dix-huit sujets volontaires, « normaux » sur le plan cognitif, recrutés dans la population de plus de soixante-dix ans. Parmi eux, quatre-vingt-huit sont porteurs de plaques amyloïdes. « Au bout de deux ans et demi, seulement quatre sur les quatre-vingt-huit ont progressé vers la maladie, observe Bruno Dubois. Il faudra donc suivre ces personnes longtemps ». Ou bien, dans la mesure où le taux de passage dans la maladie est faible dans le court terme, il faudrait élargir considérablement la taille de la population suivie. Ce qui serait très coûteux. » Les laboratoires Novartis, qui financent depuis 2015 une étude avec le Banner Alzheimer's Institute aux Etats-Unis, a choisi de restreindre le panel à une population plus susceptible de développer la maladie. Pour ce faire, le groupe s'est focalisé sur les patients porteurs d'une double mutation d'un gène (le gène APOEε4), parce qu'ils ont un risque 30 fois supérieur de développer Alzheimer. Les résultats seront ainsi plus rapidement obtenus. « En revanche, le recrutement des participants sera très long, car 2% seulement de la population est porteuse de cette double mutation », observe Bruno Dubois.

Médecine chinoise : pharmacopée occidentale, phytothérapie et acupuncture

Des recherches cliniques menées en Chine visent à établir l’efficacité de la pharmacopée traditionnelle en utilisant le système de preuves scientifiques occidental. Ainsi, Cheng Huali et son équipe, de l’université de médecine du Hubei [province du centre de la Chine], ont comparé les effets de la décoction bushen huoxue, associée à l’acupuncture dans le traitement de la maladie d’Alzheimer, en complément des médicaments donépézil (spécifique de la maladie d’Alzheimer) et nimodipine (anti-hypertenseur). Le mélange Bushen huoxue, constitué principalement de deux plantes : Epimedium sp. [« fleur des elfes », une plante herbacée de l’ordre des renoncules, et Salvia miltiorrhiza, la sauge chinoise, est reconnu dans la pharmacopée chinoise traditionnelle pour traiter les déficits neurologiques et la démence vasculaire. Les chercheurs ont suivi, pendant seize mois, cinquante-six personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer, dont vingt-six d’un groupe témoin ne recevant que le donépézil et la nimodipine. Une progression de la maladie, mesurée par divers tests cognitifs, comportementaux et de qualité de vie (BEHAVE-AD, MMSE, ADI, CMAI, PSP et SF-36) n’est observée que chez 10% des personnes traitées par l’association des médicaments, de la phytothérapie et de l’acupuncture, contre 38.5% des personnes traitées uniquement par la pharmacopée occidentale.

L’approvisionnement des hôpitaux chinois en médicaments de médecine traditionnelle pose problème, et des mesures sont prises pour décorréler les prix des médicaments des fluctuations des prix agricoles. Les hôpitaux publics de la municipalité de Pékin ne peuvent plus décider eux-mêmes du prix de vente des médicaments, afin d’éviter les abus et d’assurer des tarifs similaires d’un établissement à l’autre. Une plateforme unique de gestion de l’approvisionnement en médicaments et de leurs prix est mise en place. Le prix de vente des hôpitaux aux patients doit être le même que le prix d’achat des hôpitaux à leurs fournisseurs. Les hôpitaux peuvent désormais avoir une visibilité sur les performances de qualité des fournisseurs et sur l’évolution du prix de certains médicaments (notamment les médicaments de médecine chinoise dont certains dépendent fortement des fluctuations des prix de produits agricoles). Ce système permet de contrôler les inflations de prix concernant des médicaments très demandés et d’en faciliter l’accès sur les zones où la demande est la plus forte.

Cheng H et al. The Clinical Observation of Senile Dementia with Bushen Huoxue Decoction in Combination with Acupuncture. Henan Traditional Chinese Medecine, 11 avril 2017. http://fashion.ifeng.com/a/20170413/40201409_0.shtml, 13 avril 2017 (site en chinois). www.weixinyidu.com/n_4951693, 24 avril 2017 (site en chinois). Veille en chinois et traduction bénévole de Julien Dreyfuss (Centre de recherche Naidao).

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