Phytothérapie

Plusieurs études in vitro et in vivo ont montré que les cannabinoïdes (les composants actifs de la plante Cannabis sativa) peuvent réduire le stress oxydatif, la neuro-inflammation et la formation de plaques amyloïdes et de neurofibrilles. Des études en population générale ont montré que les cannabinoïdes réduisent les troubles comportementaux associés à la démence. Dans un essai clinique portant sur cinquante personnes atteintes de démence, le Pr Marcel Olde Rikkert, du centre médical Alzheimer de l’Université Radboud de Nimègue (Pays-Bas) et ses collègues gériatres, pharmaciens et toxicologues, ont testé la « marijuana médicale »  pour évaluer son efficacité potentielle et sa sécurité dans le traitement de ces troubles. Une dose de 1.5 mg de tétrahydrocannabinol trois fois par jour durant trois semaines n’est pas plus efficace qu’un placebo. Mais comme aucun effet indésirable n’a été observé, les chercheurs espèrent obtenir de meilleurs résultats en augmentant la dose de principe actif dans un prochain essai.

www.nlm.nih.gov/medlineplus/news/fullstory_152520.html, 13 mai 2015. Van den Elsen GA et al. Tetrahydrocannabinol for neuropsychiatric symptoms in dementia: A randomized controlled trial. Neurology, 13 mai 2015. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/25972490.   Ahmed A et al. Cannabinoids in late-onset Alzheimer's disease. Clin Pharmacol Ther, 18 mars 2015. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/25788394.

Chine : recherche sur le cerveau

« Avec son futur Brain Project China, la Chine vient concurrencer les ambitieux projets américains et européens et marque sa volonté de s'inscrire en tant que leader dans la compréhension du cerveau », souligne l’Ambassade de France en Chine. Concurrent de la Brain Initiative des Etats-Unis et du Human Brain Project de l’Europe, tous les deux lancés en 2013, le projet chinois Brain Project China devrait être lancé fin 2015 et s’organiser autour de trois axes : l’étude des mécanismes des circuits neuronaux responsables des fonctions cognitives ; la création d'outils de diagnostic et de traitement précoce des maladies mentales et neurodégénératives ; le développement de technologies intelligentes alliant cerveau et machine. Le premier axe devrait exploiter des résultats issus de la plateforme de recherche du projet Brainnetome lancé il y a une dizaine d’années, qui a analysé un grand nombre de variables génétiques, protéiques, cellulaires, anatomiques et fonctionnelles pour caractériser des réseaux neuronaux impliqués dans la cognition.  Le deuxième axe reposerait sur la détection de biomarqueurs potentiellement impliqués dans les maladies neurologiques en s'appuyant sur la création de banques génétiques et histologiques. Les technologies décrites par le troisième axe pourraient être développées en étroite relation avec l'entreprise internet chinoise Baidu (concurrente de l’américain Google), qui propose de lancer un programme national d'intelligence artificielle nommé China Brain.

Ambassade de France en Chine, 7 mai 2015.

Royaume-Uni : financement de la recherche sur la démence

Le financement institutionnel total (public et associatif) de la recherche britannique sur le cancer, l’insuffisance coronarienne, la démence et les accidents vasculaires cérébraux (AVC) atteignait 856 millions de livres sterling en 2012, dont 11% pour la démence. Par rapport au coût de chaque maladie, pour 10 livres de dépenses en aide et en soins, l’investissement de recherche représente 1.08 livres pour le cancer, 65 pence pour l’insuffisance coronarienne, 19 pence pour les AVC et 8 pence pour la démence. La distribution des financements a évolué de façon notable entre 2008 et 2012, la part allouée à la recherche sur la démence passant de 9% à 21% du financement total. Pour les seuls fonds publics, la part est passée à 33%. Les coûts de santé attribuables à la démence sont estimés à 1.4 milliards de livres. Les coûts sociaux de la démence (10.2 milliards de livres) dépassent ceux du cancer, des AVC et de l’insuffisance coronarienne réunies.

J Dementia Care, mai-juin 2015. Luengo-Fernandez R et Gray JLA. UK research spend in 2008 and 2012: comparing stroke, cancer, coronary heart disease and dementia. BMJ Open 2015; 5:e006648, 6 février 2015.

http://bmjopen.bmj.com/content/5/4/e006648.full.pdf+html (texte intégral).

Antipsychotiques et psychotropes : les avertissements des autorités ont peu d’impact

Aux Etats-Unis, la Food and Drug Administration (autorité fédérale de régulation des médicaments et des aliments) a imposé en 2005, sur la notice des médicaments, un avertissement encadré de noir (black box warning) pour ne pas utiliser les antipsychotiques atypiques ou des médicaments psychotropes alternatifs chez les personnes ayant un diagnostic de maladie d’Alzheimer vivant à domicile. L’enquête nationale sur les dépenses médicales de 2004 à 2007 montre cependant que cette utilisation de ces médicaments hors des indications autorisées n’a eu qu’un « impact minimal ». Les antipsychotiques ont été substitués en partie par des médicaments spécifiques de la maladie d’Alzheimer et par des benzodiazépines (hypnotiques).

Singh RR et Nayak R. Impact of FDA Black Box Warning on Psychotropic Drug Use in Noninstitutionalized Elderly Patients Diagnosed With Dementia: A Retrospective Study. J Pharm Pract, 27 avril 2015. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/25917167.

Retour haut de page