Hospitalisations

Une étude menée par le Professeur Yves Rolland, du gérontopôle de Toulouse, portant sur deux mille deux cents résidents de trois cents établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (âge moyen 85.7 ans, 42% très dépendantes, classées en GIR 1 et 2), montre que les transferts (entrées ou sorties) concernent en moyenne 25% des résidents de chaque EHPAD sur une période de trois mois. Ces transferts ont lieu à 70% depuis l’hôpital et à 70% vers l’hôpital. Les résidents en transfert sont majoritairement atteints de démence, chuteurs, perdant du poids, et ayant des troubles du comportement. Les marqueurs de fragilité sont d’autant plus fréquents qu’ils concernent une population souffrant de maladie d’Alzheimer ou d’une maladie apparentée. « Un travail de concertation entre les acteurs hospitaliers et ceux des EHPAD est nécessaire pour améliorer les conditions des transferts, en limitant autant que possible le passage par les urgences dont on connaît le potentiel déstabilisant pour les patients comme pour les unités d’urgence. Une réduction des hospitalisations inappropriées traduirait une amélioration des pratiques », soulignent les auteurs.

Rolland Y et al. Les flux d’entrée et de sortie des résidents des EHPAD en France : résultats de l’étude PLEIAD. Revue de Gériatrie 2012; 37: 543-548. www.revuedegeriatrie.net/index.php.

Unités de soins aigus : le maillon manquant du plan Alzheimer

Pour l’équipe du Professeur Jean-Luc Novella, du service de gériatrie et médecine interne de l’hôpital Maison-Blanche au CHU de Reims, si « le plan Alzheimer 2008-2012, par ses mesures 16 et 17, a permis la création de nouvelles unités spécifiques pour la prise en charge des patients atteints de syndrome démentiel (unité d’hospitalisation renforcée, unité cognitivo-comportementale…), les unités aigües Alzheimer constituent le maillon manquant de ce plan ». À Reims, une unité de médecine gériatrique du court séjour au CHU, d’une capacité de dix lits, est une unité aigüe de diagnostic et d’adaptation thérapeutique pour des patients ayant une démence avérée et/ou ayant des troubles du comportement. C’est la troisième unité de ce type ouverte en France, après celle de Toulouse (1996) et Bordeaux (2003). L’unité de Reims est ouverte trois cent soixante-cinq jours par an, vingt-quatre heures sur vingt-quatre. L’équipe comprend un médecin praticien hospitalier (0.5 équivalent temps plein), un interne, deux infirmières diplômées d’État, une aide-soignante, un kinésithérapeute (0.2 ETP), un psychologue (0.3 ETP), une orthophoniste (0.2 ETP), un cadre de santé (0.5 ETP) et une assistante sociale (0.3 ETP). Une analyse portant sur cinq cent vingt patients hospitalisés dans l’unité montre une durée moyenne de séjour de 8.6 jours et pour des personnes d’âge moyen de 80.9 ans (44.6% d’hommes). Les cinq classes de diagnostic principal les plus fréquentes sont la démence et les syndromes apparentés (67.6%) ; les troubles du comportement (11.9%), des pathologies neurologiques hors accident vasculaire cérébral (5.4%) ; des pathologies cardiovasculaires (5.4%) et des pathologies infectieuses (3.8%).

Mahmoudi R et al. Une unité de soins aigus pour les patients atteints de maladie d’Alzheimer et syndromes apparentés : l’expérience rémoise. Neurologie Psychiatrie Gériatrie 2012 ; 12 : 230-236.

Équipe mobile gériatrique

Les patients âgés fragiles peuvent bénéficier, lors d’un séjour hospitalier, d’une évaluation par une équipe mobile de gériatrie. Thomas Morin et ses collègues, de la clinique universitaire de médecine gériatrique au CHU de Grenoble, ont évalué le suivi des recommandations de l’équipe trois mois après l’hospitalisation initiale, auprès de cent cinquante personnes âgées en moyenne de 85.6 ans, et vivant à domicile dans 94% des cas. Sept sur dix avaient un « environnement porteur », 85% étaient fragiles et 11% atteints de démence. Concernant le parcours hospitalier, 93% des patients ont transité par les urgences et 61% y ont été évalués. Après l’hospitalisation, 76% sont retournés à leur lieu de vie antérieur, 12% sont entrés en établissement d’hébergement et 12% sont décédés. Lors de l’évaluation, sept recommandations ont été faites, avec un taux moyen de mise en œuvre de 78%. La recommandation médicale la plus fréquente et suivie concerne les soins (95%), et la moins suivie concerne les sphères cognitive (62%) et sociale (62%). Le taux de suivi n’est pas significativement différent à l’hôpital ou en ville. A trois mois de l’hospitalisation, il n’est pas associé à la mortalité, ni à la réhospitalisation.

Morin T et al. Évaluation du suivi des recommandations à 3 mois après prise en charge par une équipe mobile gériatrique hospitalière. Geriatr Psychol Neuropsychiatr Vieil 2012 ; 10(3) : 245-253. Septembre 2012.

www.jle.com/fr/revues/medecine/gpn/e-docs/00/04/7B/78/resume.phtml.

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