Réduire la prescription de médicaments

L’Institut du bien vieillir du groupe Korian a testé plusieurs interventions pour diminuer la prescription de médicaments dans cinq maisons de retraite parisiennes : des outils d'information pour les médecins prescripteurs, dont un livret du médicament qui présente une analyse gériatrique des différentes classes de médicaments (antalgiques, cardiotropes, inhibiteurs de la pompe à protons, psychotropes...) et les recommandations de bonne pratique de la Haute Autorité de santé ; des ateliers thérapeutiques et l'analyse du circuit du médicament pour diminuer au maximum le nombre de prises par jour ; des « animations flash » (promenades, activités manuelles, mandalas, musiques, récits de vie, photos souvenirs) pour distraire le résident en cas de crise d'angoisse ; l'installation de PASA (pôles d'activité et de soins adaptés). L'Institut mesure une réduction de moitié de la prescription de neuroleptiques dans ces cinq établissements (11.8%) par rapport à la moyenne nationale (24.5%). Le nombre total de médicaments distribués est passé de 6.4 à 6.1. Le nombre de prise par jour évolue peu : de 3 à 2.9 prises par jour. Entre 2011 et 2013, l’Institut mesure une baisse de 18% du coût total des médicaments. « Ce gain bénéficie surtout à l'assurance maladie, car les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes du groupe Korian sont sans pharmacie à usage intérieur (PUI), précise le Dr Denormandie, directeur général adjoint du Groupe Korian [les médicaments sont délivrés par un pharmacien d’officine de proximité et payés par l’assurance maladie]. Pour Annie de Vivie, d’Agevillage, cette étude démontre le « potentiel thérapeutique » d’une animation socioculturelle professionnelle avec entretien du lien social.

www.agevillagepro.com, 15 juillet 2014.

L’horizon d’un traitement s’éloigne

L’un des objectifs du sommet du G8, tenu à Londres en 2013, était d’identifier un traitement curatif ou modifiant le cours de la maladie d’ici à 2025. Cette hypothèse est-elle plausible ? « Découvrir un traitement curatif semble improbable », estime Jeffrey Cummings, directeur du centre pour la santé du cerveau Lou Ruvo à la Clinique de Cleveland (Ohio, Etats-Unis). « Mais je pense que nous aurons identifié un médicament modifiant le cours de la maladie d’ici-là. L’horizon de 2025 est très serré, compte tenu du délai de développement des médicaments (treize ans en moyenne pour les médicaments de la maladie d’Alzheimer, entre les premiers essais au laboratoire et la fin d’un essai clinique de phase III [essais à grande échelle chez l’homme]. Tout ajustement que nous faisons aujourd’hui n’aura d’effets que dans une décennie. Si nous n’augmentons pas nos efforts maintenant, nous n’aurons pas de nouveaux traitements en 2025. »

www.biomedcentral.com/biome/jeffrey-cummings-on-problems-with-the-alzheimers-drug-development-pipeline/, 7 juillet 2014. Cummings JL et al. Alzheimer's disease drug-development pipeline: few candidates, frequent failures. Alzheimers Res Ther 2014; 6(4): 37. 3 juillet 2014. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/25024750.

Co-morbidités : recommandations de pratique

Aux Pays-Bas, un groupe d’experts propose une recommandation de pratique pour soulager les personnes atteintes de pneumonie et de démence hébergées en établissement.

Au Royaume-Uni, un groupe d’experts propose un modèle de soins intégrés pour les soins et l’accompagnement de personnes atteintes de démence et de diabète.

Van der Maaden T et al. Development of a practice guideline for optimal symptom relief for patients with pneumonia and dementia in nursing homes using a Delphi study. Int J Geriatr Psychiatry, 7 juillet 2014. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/25043614. Sinclair AJ et al.Diabetes and dementia in older people: a Best Clinical Practice Statement by a multidisciplinary National Expert Working Group. Diabet Med 2014; 31(9):1024-31. Septembre 2014. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/25131194.

Besoins des personnes au stade sévère en soins palliatifs

Le psychiatre Klaus-Maria Perrar et ses collègues du département de médecine palliative de l’hôpital universitaire de Cologne (Allemagne) proposent une revue systématique de la littérature sur les besoins des personnes atteintes de démence au stade sévère, aux derniers instants de leur vie. Dix études ont été identifiées. Les besoins les plus fréquemment mentionnés sont physiques, sociaux et psychologiques, puis viennent les besoins spirituels, de soutien et les besoins liés à l’environnement.

Perrar KM et al. Needs of People with Severe Dementia at the End-of-Life: A Systematic Review. J Alzheimers Dis 2014. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/25096623.

Soins et accompagnement en zone rurale

Proposer des soins et du soutien à des personnes atteintes de démence et à leurs aidants en zone rurale ou isolée est particulièrement difficile, constatent Vanina Dal-Bello Haas, de l’École des sciences de la réhabilitation de l’Université McMaster (Hamilton, Canada) et ses collègues de l’Université du Saskatchewan à Saskatoon. La province canadienne du Saskatchewan compte un million de personnes vivant sur 651 000 kilomètres carrés. Un tiers des aidants informels ne sont pas satisfaits des soins reçus avant leur consultation en centre mémoire, et considèrent le manque de diagnostic et les longs délais d’accès aux services comme des priorités.

Dal Bello-Haas V et al. Rural and remote dementia care challenges and needs: perspectives of formal and informal care providers residing in Saskatchewan, Canada. Rural and Remote Health 2014 ; 14: 2747. Juillet-septembre 2014.

www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/25081857(texte intégral).

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