Vaccin

Les essais cliniques les plus avancés sur les vaccins dirigés contre la protéine bêta-amyloïde avaient été arrêtés en raison de la survenue de cas de méningo-encéphalite. Un essai clinique international, mené par le Professeur Bengt Winblad, du centre de recherche Alzheimer de l’Institut Karolinska de Stockholm (Suède), auprès de cinquante-huit personnes, a testé la sécurité, la tolérabilité et la réponse immunitaire d’un nouveau type d’immunothérapie utilisant le CAD 106, conçu pour induire des anticorps spécifiquement dirigés contre la protéine amyloïde sans induire la réponse des lymphocytes T, qui détruisent les cellules considérées comme étrangères. Le candidat-vaccin a induit une réponse immunitaire chez 80% des participants. Il s’agit d’une immunisation active : on utilise des antigènes pour induire la production d’anticorps par le système immunitaire. Si, cette fois-ci, le profil de sécurité est favorable, d’autres essais seront nécessaires pour établir l’efficacité du nouveau candidat vaccin.

Winblad B et al. Safety, tolerability, and antibody response of active Aβ immunotherapy with CAD106 in patients with Alzheimer's disease: randomised, double-blind, placebo-controlled, first-in-human study. Lancet Neurol, 1er juin 2012.

www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/22677258. http://clinicaltrial.gov/.

Médicaments spécifiques et co-médications : effets indésirables cardio-vasculaires

L'analyse des données 1998-2010 de la base nationale de pharmacovigilance met en évidence trois cent quatre-vingt-quinze cas d'effets indésirables chez trois cent vingt-quatre patients traités par des médicaments de la classe des anticholinestérasiques indiqués dans la maladie d'Alzheimer, selon le Dr Sabrina Crépin et ses collègues, du centre régional de pharmacovigilance au CHU de Limoges. 76.5% de ces effets indésirables étaient des affections cardiaques, 19.5% des affections vasculaires et 4% associés à des examens anormaux. Une arythmie a été rapportée dans 74% des cas, un changement de la pression artérielle dans 18% et un autre événement cardiovasculaire dans 8%. L'événement cardiovasculaire était considéré comme sévère dans 78.1% des cas (dont 63% conduisant à une hospitalisation et 11.7% mortels ou potentiellement mortels), indiquent les chercheurs, précisant que la sévérité des effets indésirables cardiovasculaires était similaire entre les trois anticholinestérasiques. Des antécédents cardiovasculaires ont été signalés chez 41,4% des patients. Enfin, l'analyse suggère que parmi les co-médications administrées ayant pu jouer un rôle dans la survenue des effets indésirables cardiovasculaires, 38.5% avaient des indications cardiovasculaires et 35% des indications neurologiques. La surveillance du risque cardiovasculaire apparaît donc importante, en particulier chez ces patients déjà fragiles, et en cas de prise concomitante d’autres médicaments à risque vasculaire connu, comme les antipsychotiques, ajoutent les auteurs.

http://intereq.apmnews.info/story.php?numero=L224971, 11 avril 2012. La Lettre mensuelle de l’année gérontologique, mai 2012.

Médicaments inappropriés

Une étude menée par Joshua Thorpe, du département de pharmacie de l’Université de Pittsburgh (Etats-Unis), auprès de cinq cent soixante-six personnes atteintes de démence, âgées de soixante-cinq ans et plus, montre que 33% prennent au moins un médicament inapproprié (qu’il ait été prescrit par un médecin ou pris en auto-médication). La proportion est de 39% chez leurs aidants. Le risque d’avoir un médicament inapproprié est accru lorsque l’aidant prend lui aussi des médicaments non appropriés, lorsque l’aidant est un conjoint, issu de la communauté hispanophone ou qu’il vit depuis longtemps aux Etats-Unis. Plus l’aidant est âgé, plus le risque de prendre un médicament inapproprié diminue.

Thorpe TM et al. The Impact of Family Caregivers on Potentially Inappropriate Medication Use in Noninstitutionalized Older Adults With Dementia. Am J Geriatr Pharmacother, 8 juin 2012. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/22683399.

Comportement et prise en charge de la douleur

De nombreuses personnes âgées prennent régulièrement des médicaments analgésiques pour soulager leurs douleurs. Comme il n’existe aucune recommandation solide de pratique clinique pour le traitement de la douleur chez les personnes atteintes de démence, le risque de traitement inadéquat est élevé. La compréhension des mécanismes de la douleur et du rôle potentiel des pathologies neurologiques associées à la démence reste limitée. La douleur non traitée contribue de façon majeure à la perte de qualité de vie et à l’incapacité, et peut être à l’origine de symptômes psycho-comportementaux. Des experts internationaux, coordonnés par le Professeur Clive Ballard, du King’s College de Londres, directeur scientifique de la Société Alzheimer britannique, publient dans Nature une revue systématique des meilleures pratiques d’évaluation et de prise en charge de la douleur chez les personnes atteintes de démence.

Corbett A et al. Assessment and treatment of pain in people with dementia. Nat Rev Neurol 2012 ; 8 : 264-274. Mai 2012. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/22487749.

Evaluation et suivi nutritionnels en réseau

La malnutrition en maison de retraite reste élevée, particulièrement lorsque les résidents sont atteints de démence. Le Limousin a la deuxième population régionale la plus âgée de France, les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer représentant plus de 9% de cet effectif. Une étude menée par l’unité de nutrition du CHU de Limoges (INSERM U1094), en collaboration avec le réseau Linut d’Isle (le premier réseau ville-hôpital spécialisé dans la prise en charge nutritionnelle des personnes âgées en Limousin) et Sadir Assistance, auprès de trois cent quarante-six résidents de vingt-six maisons de retraite, montre que 67% étaient atteints de démence, 53% dénutris et 27% obèses. L’autonomie n’est pas affectée par l’obésité. Les résidents atteints de démence pesaient en moyenne 60.1 kg contre 64.7 kg pour les résidents sans troubles cognitifs, étaient plus souvent dénutris (56.1% contre 46.4%), et moins souvent obèses (22.0% contre 39.1%). Les apports énergétiques (26.4 kcal/kg/jour) étaient à la limite basse des recommandations françaises (>25 kcal/kg/jour). Quatre mois plus tard, tous les résidents avaient un meilleur score nutritionnel, avec un apport protéique amélioré de 3.3 g/jour et un apport énergétique amélioré de 41.4 kcal/jour.

Jesus P et al. Nutritional assessment and follow-up of residents with and without dementia in nursing homes in the Limousin region of France: a health network initiative. J Nutr Health Aging 2012; 16(5) : 504-508. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/22555799. Mai 2012.

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