Instruction accélérée

Aux Etats-Unis, La Food and Drug Administration a accordé un statut d’instruction accélérée (Fast Track, procédure accélérant l’examen et le circuit d’approbation de « nouveaux médicaments destinés au traitement d’une maladie grave ou potentiellement mortelle et qui démontrent le potentiel de réponse à des besoins médicaux non satisfaits ») à la molécule TTP488 de TransTechPharma. Cette molécule empêche l’interaction de la protéine bêta-amyloïde et la protéine RAGE (receptor for advanced glycation endproducts - récepteur de produits de glycosylation avancés).  Les produits de glycosylation avancés, issus de réactions chimiques de sucres, sont impliqués dans différents mécanismes moléculaires du vieillissement des tissus. La protéine RAGE, un récepteur transmembranaire apparenté à un anticorps, est une cible relativement nouvelle dans la recherche sur la maladie d’Alzheimer.  La protéine RAGE est impliquée dans plusieurs maladies chroniques associées à des lésions cardio-vasculaires et à des processus inflammatoires chroniques (athérosclérose, maladie vasculaire périphérique, infarctus du myocarde, insuffisance cardiaque congestive, rétinopathie diabétique…)

AFP, 18 mars 2013. Sorci G et al. RAGE in tissue homeostasis, repair and regeneration. Biochim Biophys Acta 2013 ; 1833(1): 101-109. Janvier 2013.

www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/23103427.

Les recommandations du groupe d’action conjointe européenne sur la démence : une stratégie globale pour les troubles du comportement (1)

Le groupe ALCOVE rappelle que les symptômes psychologiques et comportementaux des démences (SPCD) dits « perturbateurs » sont la première cause de fardeau et de dépression des aidants et d’institutionnalisation des personnes atteintes de démence. Pour les experts, les pays devraient développer une stratégie globale en trois dimensions : le développement de structures et organisations de soins adaptées ; la mise en œuvre d’interventions personnalisées patient-aidant (IPPA), combinant des interventions psychosociales pour aidants et patients, et des thérapies pharmacologiques et non pharmacologiques pour les patients ; la garantie de qualification des équipes et professionnels vis-à-vis des troubles du comportement, au moyen de programmes systématiques de formation pour les professionnels de santé et du secteur médico-social. Les experts recommandent de considérer les troubles psycho-comportementaux à chaque étape du parcours du patient : pour la prévention et la prise en charge des symptômes modérés, pour les moments de crise avec symptômes majeurs, et pour la phase de post-crise, y compris concernant la prévention secondaire. « Ces choix devraient être élaborés en coopération étroite entre les décideurs, les services sanitaires et sociaux, les professionnels, les associations représentatives des personnes malades et de leurs familles. L'information du grand public sur la prévention et la prise en charge des symptômes psychologiques et comportementaux des démences et sur les risques des neuroleptiques devraient faire partie de campagnes générales de sensibilisation pour réduire la peur et la stigmatisation vis-à-vis de la démence. 

ALCOVE. Action conjointe européenne sur la démence. Présentation générale. Recommandations. 28 mars 2013.

www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/2013-03/alcove_pressbook_vf.pdf (texte intégral).

Les recommandations du groupe d’action conjointe européenne sur la démence : une stratégie globale pour les troubles du comportement (2)

« Des structures et organisations de soins en ambulatoire devraient être développées pour les personnes présentant des symptômes psychologiques et comportementaux des démences », recommande le groupe ALCOVE, « car il est essentiel de prévenir et gérer ces symptômes à un stade précoce » : cela favorise le maintien de la personne à son domicile aussi longtemps que cela est adapté. Les experts soulignent l’intérêt d’ « équipes mobiles avec des compétences spécifiques pour la prise en charge des symptômes psychologiques et comportementaux, à domicile ou en établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) : par exemple, des équipes mobiles spécifiques dédiées aux symptômes psychologiques et comportementaux dans des zones à forte densité de population et des équipes mobiles avec des compétences en gérontopsychiatrie dans les

zones à faible densité de population ». Les experts préconisent aussi des consultations « semi-urgentes » (délai de consultation inférieur à une semaine), dédiées aux symptômes psychologiques et comportementaux des démences, à l’hôpital ou via la télémédecine, « l'objectif étant de répondre assez rapidement à des troubles du comportement afin d'éviter une hospitalisation aux urgences. Différents spécialistes, tels que les neurologues, les gériatres ou les psychiatres pourraient réaliser ce type de consultation. Une approche multidisciplinaire impliquant des infirmiers spécialisés et des psychologues, tout comme fournir une assistance téléphonique à la personne et/ou à son aidant peuvent être aussi utiles » Quant aux structures et/ou plateformes de répit (accueils de jour, hébergement temporaire, accompagnement professionnel à domicile), elles sont « nécessaires, car il est essentiel de soulager les aidants informels en leur permettant une pause quand ils en ont besoin. Cela permet de prévenir l'épuisement psychologique et physique de l’aidant. L’analyse de la littérature montre que la bonne santé de l’aidant peut prévenir les symptômes psychologiques et comportementaux des démences ». Les unités dédiées à ces symptômes dans les établissements hospitaliers ou les EHPAD (établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes) devraient être développées, recommandent les experts : elles apportent une aide considérable aux personnes présentant des symptômes psychologiques et comportementaux majeurs.

ALCOVE. Action conjointe européenne sur la démence. Présentation générale. Recommandations. 28 mars 2013.

www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/2013-03/alcove_pressbook_vf.pdf(texte intégral).

Les recommandations du groupe d’action conjointe européenne sur la démence : une stratégie globale pour les troubles du comportement (3)

Les experts du groupe ALCOVE préconisent d’encourager « un dossier patient médical et social partagé en tant qu’outil optimal et clé indispensable d’une approche multidisciplinaire : « pour un bon niveau d’efficacité et de réactivité des soins, il semble important de partager rapidement les données médico-sociales, cliniques, diagnostiques, psychologiques et comportementales concernant la personne et son aidant principal. Un dossier partagé devrait être tenu à jour tout au long du parcours du patient. Une approche multidisciplinaire devrait être mise en place à la fois au niveau des structures (EHPAD, unité spécialisée, équipe mobile) et au niveau des interventions individualisées tout au long du parcours du patient (coopération entre médecin généraliste et autres médecins, gestionnaire de cas, travailleur social…). Les services infirmiers de soins à domicile multidisciplinaires comprenant des psychomotriciens ou des ergothérapeutes ont montré un bénéfice dans la prévention et la prise en charge des symptômes psychologiques et comportementaux modérés à domicile. En ce qui concerne les symptômes plus sévères, l'intervention d'un médecin et d'un psychologue serait utile pour prévenir l'hospitalisation d'urgence. Il est nécessaire, au sein des diverses structures et organisations de soins, de disposer de compétences clés spécifiques pour prendre en charge les personnes jeunes vivant avec la démence, en raison des besoins spécifiques de ces personnes et de leurs familles. Les indicateurs de qualité et d’impact, pour les personnes présentant des symptômes psychologiques et comportementaux, pour les aidants familiaux, et pour les professionnels, devraient être recueillis, car il est important dans la pratique quotidienne de garantir et de suivre la qualité des soins dans les différentes structures et organisations de soins ». Ces indicateurs d’impact doivent également cibler les soignants et aidants professionnels, estiment les experts.

ALCOVE. Action conjointe européenne sur la démence. Présentation générale. Recommandations. 28 mars 2013.

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Jeunes chercheurs en gériatrie

Enjeux épidémiologiques, économiques, sociétaux, organisationnels et pratiques : la revue Gériatrie et Psychologie Neuropsychiatrie du vieillissement inaugure cette année une nouvelle rubrique « jeunes chercheurs », destinée à publier spécifiquement les productions scientifiques des jeunes gériatres francophones (étudiants, internes et jeunes médecins). Pour Cédric Anweiler, du centre mémoire de ressources et de recherches (CMRR) du CHU d’Angers (EA 4638), « la pratique clinique ne doit plus se passer de l’apport de la recherche, et la recherche ne doit plus être pensée sans action. Et cet effort particulier ne pourra être consenti sans l’enthousiasme, la motivation et parfois aussi la naïveté des néophytes » : « il ne savait pas que c’était impossible, alors il l’a fait », disait Pagnol.

Annweiler C. Jeunes chercheurs en gériatrie : de l’action et de la recherche pour une Gériatr Psychol Neuropsychiatr Vieil 2013 ; 11(1) : 5-6. Mars 2013.

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