Évaluation et prise en charge cognitive chez le patient âgé

Le Professeur Pierre Krolak-Salmon, responsable du centre mémoire de ressources et de recherche (CMRR) des Hospices civils de Lyon, a coordonné un dossier thématique sur l’évaluation et la prise en charge cognitive chez le patient âgé dans le Journal d’oncogériatrie. « Les dysfonctions cognitives post-opératoires sont extrêmement fréquentes chez le sujet âgé, qu’elles s’inscrivent dans un contexte aigu (syndrome confusionnel) ou dans le cadre d’un développement progressif à distance de l’acte opératoire (troubles neurocognitifs majeurs puis mineurs », explique-t-il. « Ces dysfonctions cognitives impactent le taux de mortalité péri-opératoire, le taux de dépendance et de perte d’autonomie dans la période post-opératoire immédiate et à distance de l’intervention, le taux de mortalité et la durée moyenne de séjour ».

Krolak-Salmon (coord.). Dossier thématique « Évaluation et prise en charge cognitive chez le patient âgé ». Editorial. J Oncogériatrie 2015 ; 6(2) : 98. Avril-juin 2015.

Empoisonnement par les médicaments

Une étude coordonnée par l’équipe du Pr Henry Brodaty, du centre collaboratif de recherche sur la démence de l’Université de Nouvelle-Galles-du-Sud à Randwick (Australie), examine les empoisonnements (poisoning) intentionnels ou non par les médicaments chez les personnes âgées hospitalisées entre 2003 et 2012. Le taux d’hospitalisation est deux fois plus important chez les personnes atteintes de démence (69.5/100 000 pour les empoisonnements non intentionnels et 56.4/100 000 pour les empoisonnements intentionnels) que chez les personnes sans troubles cognitifs (31.6/100 000 pour les empoisonnements non intentionnels et 32.5/100 000 pour les empoisonnements intentionnels). Le lieu de survenue le plus fréquent de ces empoisonnements par les médicaments est le domicile. Les empoisonnements non intentionnels surviennent plus fréquemment dans des établissements d’hébergement (risque multiplié par 2) et dans des établissements de santé (risque multiplié par 4), conduisant à une mortalité plus élevée et à des hospitalisations prolongées. Les chercheurs alertent les cliniciens sur ce risque et appellent à davantage d’attention en matière de prescription, d’administration et du potentiel délétère de certains médicaments courants tels que les anti-cholinestérasiques, les anti-hypertenseurs et les laxatifs.

Mitchell RJ et al. Dementia and intentional and unintentional poisoning in older people: a 10 year review of hospitalization records in New South Wales, Australia. Int Psychogeriatr, 4 août 2015. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/26239355.

La prise en charge de la démence en Chine : les centres mémoire

« Le diagnostic et le traitement de la démence sont inaccessibles à de nombreux patients en Chine en raison d’un manque de médecins connaissant la maladie et de centres mémoire », écrivent Jianping Jia et ses collègues, du groupe de recherche China Cognition and Aging Study, qui ont mené une étude dans les consultations ambulatoires de neurologie de trente-six hôpitaux choisis au hasard. Au début de l’étude, les chercheurs ont recueilli des données sur le nombre de médecins spécialistes de la démence, des centres mémoire et des patients ayant un diagnostic de démence. Dans une seconde étape, les chercheurs sont intervenus sur les problèmes découverts à l’étape précédente, et ont mis en œuvre un programme de prise en charge de la démence. Dans une troisième étape, les chercheurs ont évalué les patients vivant à domicile pour mesurer les effets de l’intervention. Au début de l’étude, seuls six hôpitaux sur trente-six disposaient d’un centre mémoire. Après l’intervention, tous les hôpitaux étaient équipés. Le nombre de médecins spécialistes de la démence est passé dans le même temps de quarante-sept à deux cent cinq. La proportion des patients ayant un diagnostic de démence a augmenté significativement après l’intervention, passant de 0.10% à l’étape 1 à 0.14% à l’étape 3.

Jia J et al. Diagnosis and treatment of dementia in neurology outpatient departments of general hospitals in China. Alzheimers Dement, 6 août 2015.

www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/26256457.

La prise en charge de la démence en Chine : les soins infirmiers

Une étude infirmière chinoise, menée par Lin Juan, du second hôpital de Shaoxing, auprès de soixante-dix-huit personnes hospitalisées atteintes de la maladie d’Alzheimer, montre qu’une intervention multi-domaines, portant sur la nutrition, l’aménagement de l’environnement, des conseils de réhabilitation et de sécurité) améliore significativement le score cognitif et l’autonomie des personnes lorsque cette intervention est réalisée par des infirmières spécialisées dans la prise en charge spécifique de la démence plutôt que par des infirmières généralistes.

Lin J. Effect of Specialist Nursing on Cognitive Function and Life Quality of Patients with Alzheimer. Hospit Manag Forum, juin 2015.

http://d.wanfangdata.com.cn/Periodical/yygllt201506019 (article en chinois)

La prise en charge de la démence en Chine : le parcours de soins

Le centre de recherche et de soins sur la démence de l’Institut universitaire de santé mentale de Pékin, au laboratoire municipal clé pour la recherche translationnelle sur le diagnostic et la démence, a suivi mille personnes recrutées dans l’étude « parcours de soins dans la maladie d’Alzheimer en Chine ». Le délai médian entre l’apparition des premiers symptômes et la première visite pour diagnostic ou traitement est de 1.77 année, même dans les centres mémoire les mieux établis. Le délai est plus long chez les personnes ayant des antécédents familiaux de démence. Le délai au diagnostic est le plus court pour les personnes atteintes de démence vasculaire. Le délai le plus long pour la démence fronto-temporale, le délai pour la maladie d’Alzheimer se situant entre les deux.

Zhao M et al. Delayed help seeking behavior in dementia care: preliminary findings from the Clinical Pathway for Alzheimer's Disease in China (CPAD) study. Int Psychogeriatr, 3 juillet 2015. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/26138923.

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