Chirurgie de la cataracte : quels effets sur la vision et la cognition ?

Julie Belkin, ophtalmologiste et ses collègues des hôpitaux universitaires de Cleveland (Ohio, Etats-Unis), mènent une étude pour mesurer les effets d’une opération de la cataracte sur les capacités visuelles et cognitives de personnes atteintes de maladie d’Alzheimer. Quarante-deux personnes ont déjà été incluses dans l’essai clinique. Une analyse intermédiaire, portant sur vingt personnes ayant été opérées et huit non opérées, montre que la chirurgie de la cataracte améliore non seulement l’acuité visuelle, mais aussi la vitesse de perception et le score cognitif (mesuré sur l’échelle MMSE-mini-mental state examination).

Agitation

Une étude contrôlée et randomisée, menée par Anton Porsteinsson, psychiatre à l’Université de Rochester (New York, Etats-Unis), auprès de cent quatre-vingt-six personnes atteintes de maladie d’Alzheimer probable et présentant une agitation cliniquement importante, montre que l’association d’une intervention psychosociale et d’un antidépresseur, le citalopram) réduit significativement l’agitation et la souffrance psychologique des aidants par rapport à un placebo. Toutefois, les effets indésirables cognitifs et cardiaques du citalopram limitent son application pratique à un dosage de 30 mg par jour.

Porsteinsson AP. Effect of citalopram on agitation in Alzheimer disease: the CitAD randomized clinical trial. JAMA 2014; 311(7): 682-691. Février 2014.

www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/24549548.

Acupuncture : quel effet ?

Zhiqun Wang, du département de radiologie de l’hôpital Xuanwu de Pékin (Chine), et ses collègues de l’hôpital général de la police du peuple chinois, du laboratoire clé des maladies neurodégénératives du ministère de l’Éducation et du laboratoire clé d’imagerie et d’informatique cérébrale, tentent de clarifier les effets de l’acupuncture sur la connectivité des neurones de l’hippocampe, en utilisant les méthodes d’imagerie fonctionnelle. La médecine chinoise traditionnelle utilise deux points d’acupuncture pour la démence, nommés He gu (le canal associé au gros intestin sur de dos de la main, pour « dissiper les vents et restaurer la conscience »), et Tai chong (le canal associé au foie sur le dos du pied, pour « soumettre le vent endogène et maîtriser les sédatifs »). Dans une étude menée auprès de quatorze personnes atteintes de maladie d’Alzheimer et quatorze personnes âgées sans troubles cognitifs, les chercheurs observent, chez les personnes malades, une connectivité accrue entre l’hippocampe et plusieurs régions du cortex fronto-temporal après stimulation des deux points d’acupuncture.

Wang Z et al. Acupuncture Modulates Resting State Hippocampal Functional Connectivity in Alzheimer Disease. PLoS One 2014 ; 9(3): e91160. 6 mars 2014.

www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3946345/pdf/pone.0091160.pdf (texte intégral).

Hopitalisations en neurologie

Selon une étude présentée aux Journées de neurologie de langue française à Strasbourg et signalée par l’Agence de presse médicale, le nombre d’hospitalisations pour pathologie neurologique est passé de 495 000 à 587 000 par an entre 2000 et 2012 (+19% en douze ans). Le Dr Emmanuel Ellie, neurologue au Centre hospitalier de la Côte basque à Bayonne s’inquiète : « Il n’y a que deux mille neurologues en France, trois fois moins que de cardiologues, c’est probablement trop peu face au défi qui nous attend. » La difficulté tient également à la répartition de ces neurologues. Pour les deux tiers d’entre eux, ils exercent à l’hôpital. « Or l’hôpital ne pourra pas, et ce n’est pas son rôle, assumer la prise en charge au long cours des patients atteints d’Alzheimer ou de Parkinson par exemple. Pour faire face à cette explosion annoncée des maladies neurologiques, le système de santé français doit donc se doter de structures médico-sociales pouvant accueillir ces malades mais également d’un tissu de neurologues exerçant en cabinet de ville sur tout le territoire français pour assurer le suivi de ces pathologies chroniques. Dans les villes moyennes, faute de CHU, il y a moins de neurologues et ils sont moins spécialisés. Il est important de développer des centres experts en dehors des CHU aussi », alerte Emmanuel Ellie, qui rappelle que « la prise en charge des maladies neurologiques offre d’ailleurs déjà deux exemples réussis de maillage territorial : les unités neurovasculaires (UNV) qui assurent partout en France la prise en charge en urgence des personnes victimes d’accidents vasculaires cérébraux et les consultations mémoire permettant le repérage de la maladie d’Alzheimer. »

www.pourquoidocteur.fr, 10 avril 2014.

Maladie d’Alzheimer et hospitalisation à domicile (1)

La prise en charge des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer en hospitalisation à domicile est faible, et concerne avant tout la fin de vie, quand la dépendance devient importante et justifie des soins fréquents et médicalisés. En 2012, 1.6% des séjours d’hospitalisation à domicile (HAD) concernaient un patient atteint de la maladie d’Alzheimer, rappelle Élisabeth Hubert, présidente de la FNEHAD (Fédération nationale de l’hospitalisation à domicile). Des soins palliatifs étaient dispensés dans 39% des séjours, la moitié se concluant par le décès des patients. L’âge moyen des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer en soins palliatifs et en HAD était de quatre-vingt-quatre ans. 66% étaient des femmes et la durée moyenne de séjour était de quarante-six jours. 25% de ces patients étaient pris en charge en EHPAD, avec dans ce cas une durée de séjour plus brève (vingt-quatre jours), et souvent une prise en charge à la phase ultime (77% des décès). Au moment de l’intervention de l’HAD, le diagnostic de maladie d’Alzheimer n’a pas encore été posé, en raison des difficultés de repérage de ces patients en ville, explique Élisabeth Hubert. Les données de prise en charge sont donc sous-estimées. Les spécificités cliniques de ces patients, comme les troubles du comportement et les hallucinations, posent des difficultés particulières, et les équipes doivent en tenir compte afin d’adapter les interventions et d’ajuster les soins. Une autre difficulté concerne la communication avec le patient et l’évaluation de la douleur. « Les professionnels doivent être vigilants, trouver des modes de communication autres que la communication verbale, souvent par le toucher, afin de comprendre le patient et ses besoins. C’est une véritable démarche d’apprivoisement qui est alors mise en place. »

Les Cahiers de la FNADEPA, mars 2014.

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