Recherche pharmaceutique

A l’occasion de la Journée mondiale Alzheimer, les entreprises du médicament (LEEM) publient un état des lieux de la recherche, qui s’effectue selon quatre axes thérapeutiques : agir sur les symptômes ; cibler le processus pathologique lui-même ; favoriser la neuroprotection ; lutter contre les facteurs de risque vasculaire. En juin 2011, quarante-sept laboratoires (dont un grand nombre de petites sociétés de biotechnologie) testaient soixante-douze molécules, dont seulement dix en phase III (études à grande échelle chez l’homme). Dans ce pipeline, 90% des molécules ont pour cible la cascade amyloïde. Selon le LEEM, la recherche clinique dans la maladie d’Alzheimer soulève plusieurs difficultés : le manque d’effet des molécules, le recrutement des patients à un stade trop avancé de la maladie, un manque de recul entre l’effet de diminution des plaques amyloïdes et l’amélioration des symptômes, le recueil du consentement des personnes malades pour participer au essais cliniques, le choix des critères de résultat des essais cliniques (symptômes, modification de la pathologie…).

www.leem.org, 20 septembre 2011. www.agevillagepro.com, 3 octobre 2011. LEEM. Dossier Alzheimer : contexte économique et état de la recherche. Juin 2011. www.leem.org/sites/default/files/Alzheimer-Juin-2011-Leem.pdf.

Même en l’absence d’avancées, on doit faire mieux !

« Il aura fallu trente années pour que naisse et meure la théorie cholinergique. Que l’on privilégie la cascade amyloïde ou les anomalies de phosphorylation de la protéine tau, on n’est guère rendu actuellement qu’à la deuxième dizaine d’années de recherche sur ces concepts physiopathologiques, sans avoir encore recueilli le moindre signal encourageant pour la thérapeutique. Il faut donc à la fois persévérer en évitant les erreurs grossières et les simplifications abusives, et chercher ailleurs, mais où ? », écrit Joël Ménard, président du comité scientifique de la fondation Plan Alzheimer, dans l’éditorial de la monographie Maladies d’Alzheimer de la Revue du praticien de septembre (le troisième numéro en vingt ans). « Même en l’absence d’avancées, on doit faire mieux ! » proclame-t-il. « C’est d’une forme de rigueur intellectuelle que viendra la capacité de notre société à faire face aux souffrances causées par cette maladie aux personnes malades et à leurs familles, étroitement associée à de l’altruisme. Il faut tout faire mieux, et c’est atteignable, même en l’absence de saut qualitatif des connaissances. En miroir, il faut surtout essayer de ne pas faire n’importe quoi, et ce risque existe. On imagine que les soins et l’accompagnement s’amélioreront et ne seront pas conçus pour le bénéfice de ceux qui les dispensent, que les recherches seront ciblées et ne seront pas la simple alimentation de la curiosité intellectuelle de ceux qui les réalisent, et que les organisations seront construites pour garantir un juste équilibre entre les générations, les disponibilités financières, et les lieux de vie. A la perte de l’individualité des personnes malades, la première réponse appropriée est l’atténuation des individualismes : c’est pour cette raison qu’un plan de santé publique rapproche en permanence la recherche, le soin, l’accompagnement et l’éthique ».

Ménard J. Maladies d’Alzheimer. Même en l’absence d’avancées, on doit faire mieux ! Rev Prat 2011 ; 61 : 912-913. Septembre 2011.

Insuline intranasale

Un essai clinique pilote, contrôlé et randomisé, mené par des chercheurs de la Caisse des anciens combattants américains et l’Université de médecine Washington de Seattle (Etats-Unis), auprès de cent quatre personnes atteints de déficit cognitif léger ou de maladie d’Alzheimer jusqu’au stade modéré, montre qu’un traitement de quatre mois par des vaporisations d’insuline à faible dose (20 UI) améliore un test de mémoire à court terme - écouter une histoire puis la raconter - mais pas une dose plus élevée (40 UI). Les deux doses d'insuline arrêtent la progression de la maladie durant six mois, selon les tests ADAS-Cog pour les malades jeunes et les capacités fonctionnelles pour la vie quotidienne ADCS-ADL pour les adultes atteints de la maladie d’Alzheimer. L'insuline est impliquée dans l'utilisation du glucose par le cerveau.

Craft S et al. Intranasal Insulin Therapy for Alzheimer Disease and Amnestic Mild Cognitive Impairment: A Pilot Clinical Trial. Arch Neurol, 12 septembre 2011. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/21911655.

Retarder l’entrée en institution

Une étude observationnelle (non contrôlée, non randomisée, observant simplement la pratique courante), menée par Emad Salib et Jessica Thompson, de l’Université de Liverpool (Royaume-Uni) auprès de trois cent trente-neuf personnes atteintes de démence, suivies par des services de psychiatrie et dont un sur quatre était traité par un inhibiteur de la cholinestérase, constate, pendant les premiers trente mois de suivi, que les personnes traitées par ces médicaments restent un an de plus à leur domicile, par rapport aux personnes non traitées. Toutefois, cette différence n’est pas statistiquement significative, et le schéma de l’étude ne permet pas de conclure à un quelconque lien de causalité.

Salib E et Thompson J. Use of anti-dementia drugs and delayed care home placement: an observational study. The Psychiatrist 2011; 35(10) : 384-388. Octobre 2011. http://pb.rcpsych.org/content/35/10/384.abstract. www.onmedica.com, 3 octobre 2011.

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