Réduction du cholestérol : quel impact sur le risque de démence ?

Marie-Laure Ancelin et ses collègues de l’unité INSERM U1061 au CHU de Montpellier, en collaboration avec le CMRR (centre mémoire de ressources et de recherche) de Dijon et l’Hôpital royal de Melbourne (Australie), dans une étude portant sur six mille huit cent trente personnes vivant à domicile, ne montre aucune preuve que les médicaments visant à réduire le cholestérol sanguin donnés tard dans la vie réduisent le risque de déclin cognitif et de démence. Toutefois, il est possible que les femmes ayant un niveau élevé de HDL-cholestérol, résistantes au traitement, puissent avoir un risque plus élevé de perte de mémoire visuelle.

Ancelin ML et al. Lipid Lowering Agents, Cognitive Decline and Dementia : the Three-City Study. J Alz Dis, 26 mars 2012. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/22451317.

Réserve cognitive : l’éducation est un facteur protecteur

Une vaste étude épidémiologique coordonnée par le Professeur Martin Prince, du King’s College de Londres, et réalisée par le groupe de recherche 10/66 auprès de treize mille personnes âgées de soixante-cinq ans et plus, vivant en zone urbaine à Cuba, en République dominicaine, au Vénézuela, et dans des zones rurales ou urbaines au Pérou, au Mexique et en Chine, suggère que l’éducation, l’apprentissage de la lecture et de l’écriture dans la première partie de la vie pourraient être particulièrement importants pour réduire le risque de démence dans la dernière partie de la vie. Pour les auteurs ces résultats confortent l’hypothèse de la réserve cognitive (capacité à mobiliser des réseaux de neurones différents lorsque les zones impliquées normalement dans la fonction cognitive font défaut). Pour réaliser cette étude, le groupe 10/66 a conçu des questionnaires spécifiques pour les pays en voie de développement, s’appuyant sur des tests cognitifs, cliniques, neurologique et des entretiens avec les familles L’algorithme 10/66 détecte la démence avec une sensibilité de 94%, et ses adaptations ont été culturellement validées. Par ailleurs, l’étude mesure une incidence de la démence (nombre de nouveaux cas par an) double de celle jusqu’ici observée dans les pays développés. Cette étude a été notamment soutenue par la fondation Wellcome Trust, l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’association Alzheimer des Etats-Unis, le centre national de santé publique américain.

Xiangfei Meng et Carl D’Arcy, du département de psychiatrie de l’Université du Saskatchewan (Canada) proposent une revue systématique et une méta-analyse des études menées dans le contexte de l’hypothèse de la réserve cognitive, portant sur quatre cent trente mille personnes, qui confirme les effets protecteurs de l’éducation sur le risque de survenue de la démence. Chez les personnes ayant un faible niveau d’éducation, la prévalence de la démence est multipliée par un facteur 2.61 et l’incidence (nouveaux cas) par un facteur 1.88. 

Prince M et al. Dementia incidence and mortality in middle-income countries, and associations with indicators of cognitive reserve: a 10/66 Dementia Research Group population based cohort study. The Lancet, 23 mai 2012. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/22626851. Meng X  et D’Arcy C. Education and Dementia in the Context of the Cognitive Reserve Hypothesis: A Systematic Review with MetaAnalyses and Qualitative Analyses. PLoS One 2012 ; 7(6) e38268. Juin 2012. www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3366926/  (texte intégral).

Exercice physique : un facteur protecteur

Aron Buchman et ses collègues, du Centre Alzheimer Rush de Chicago (Illinois, Etats-Unis), ont utilisé une mesure objective de l’exercice physique quotidien à l’aide d’un actigraphe (mesure en continu pendant dix jours) auprès de sept cent seize personnes âgées sans troubles cognitifs. Après quatre ans, soixante-et-onze personnes (9.9%) ont développé une maladie d’Alzheimer cliniquement observable. L’activité physique quotidienne est associée à une réduction de moitié du risque de maladie d’Alzheimer et de déclin cognitif.

Michal Schnaider Berri, du département de psychiatrie de l’Ecole de médecine Mount Sinai de New York, et Laura Middleton, du département de kinésiologie de l’Université de Waterloo (Canada), proposent une revue sur l’exercice physique comme facteur protecteur de la maladie d’Alzheimer et de la démence vasculaire. Les auteurs notent qu’à la différence de nombreux autres facteurs de risque ou de protection de la maladie d’Alzheimer, l’exercice physique s’avère toujours efficace, bien que les échantillons soient relativement petits. Ces effets sont pertinents pour la prévention chez les personnes âgées sans troubles cognitifs, (prévention primaire), au stade du déficit cognitif léger (prévention secondaire) et au stade de la maladie d’Alzheimer (prévention tertiaire). Les mécanismes potentiels de protection concernent la modification des niveaux de facteur neurotrophique dérivé du cerveau, de facteurs vasculaires endothéliaux et un meilleur fonctionnement dans le métabolisme des sucres.

Buchman AS et al. Total daily physical activity and the risk of AD and cognitive decline in older adults. Neurology 2012 ; 78(17): 1323-1329. 24 avril 2012. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/22517108. Beeri MS et Middleton L. Being physically active may protect the brain from Alzheimer disease. Neurology  2012; 78(17): 1290-1291. Avril 2012.  www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/22517099

Avoir un but dans la vie : un facteur protecteur

Une étude menée par Patricia Boyle et ses collègues du Centre médical Rush de Chicago (Illinois, Etats-Unis), auprès de deux cent quarante-six personnes âgées (Rush Memory and Aging Project), suivies pendant leur vie et examinées post-mortem, montre qu’avoir un but dans la vie est associé de façon significative à une meilleure fonction cognitive et à une réduction des neurofibrilles cérébrales. 

Boyle PA et al. Effect of purpose in life on the relation between Alzheimer disease pathologic changes on cognitive function in advanced age. Arch Gen Psychiatry 2012; 69(5): 499-504. Mai 2012. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/22566582.

Stimulation olfactive : un effet dans la prévention des chutes ?

Un essai contrôlé et randomisé, mené par le département de médecine interne et réhabilitation de l’Université Tohoku à Sendai (Japon), auprès de cent quarante-cinq résidents de trois maisons de retraite sélectionnées au hasard, montre qu’une stimulation olfactive par un patch de lavande pourrait réduire de moitié l’incidence des chutes et réduit significativement l’agitation des résidents.  Ces résultats préliminaires restent à confirmer. 

Sakamoto Y et al. J Am Geriatr Soc 2012; 60(6):1005-1011. Fall prevention using olfactory stimulation with lavender odor in elderly nursing home residents: a randomized controlled trial. J Am Geriatr Soc, 30 mai 2012. 

www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/22646853

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