Espérance de vie sans incapacité cognitive

Une étude de l’équipe de Carol Brayne, de l’Institut de santé publique de l’Université de Cambridge (Royaume-Uni), utilisant les données des études Cognitive function and ageing, montre qu’entre 1991 et 2011, l’espérance de vie à l’âge de soixante-cinq ansa augmenté de 4.5 ans pour les hommes et 3.6 ans pour les femmes. Ce gain d’espérance de vie s’est accompagné d’un gain équivalent d’années sans troubles cognitifs (+4.2 ans pour les hommes et +4.4 ans pour les femmes), d’une réduction du nombre d’années passées avec un déficit léger à modéré, et d’un gain de la santé perçue par les personnes âgées (+3.8 ans en bonne ou excellente santé pour les hommes et +3.1 ans pour les femmes). Quant aux années passées sans incapacité, elles ont augmenté moins vite : +2.1 ans chez les hommes et +0.5 ans chez les femmes, pour l’essentiel en raison d’une augmentation de l’incapacité légère. Les chercheurs résument : depuis deux décennies en Angleterre, on observe une compression absolue [réduction] du déficit cognitif, une augmentation de la part de la vie en bonne santé et un équilibre dynamique de l’incapacité (l’incapacité légère à modérée augmente, mais pas l’incapacité sévère). Les causes de ces changements pourraient refléter, d’une part, la meilleure santé vasculaire de la population générale et la correction des déficits sensoriels durant les décennies précédentes, contrebalancée par l’augmentation de l’obésité, de l’arthrose d’autre part, qui concourent à l’augmentation de l’incapacité légère et à des limitations de mobilité. Pour les auteurs, « ces résultats ont des implications importantes pour les gouvernements, les employeurs et les personnes, en particulier en ce qui concerne le relèvement de l’âge de la retraite et l’allongement de l’activité professionnelle, ainsi que pour les services de proximité et les aidants familiaux, qui soutiennent principalement des personnes à un stade léger à modéré de dépendance, pour leur permettre de continuer à mener une vie autonome. »

Jagger A et al. A comparison of health expectancies over two decades in England: results of the Cognitive Function and Ageing Study I and II. Lancet 2016; 387: 779–786. 20 février 2016. www.thelancet.com/pdfs/journals/lancet/PIIS0140-6736(15)00947-2.pdf(texte intégral).

Prévention des crises comportementales

Le projet européen ALCOVE (Alzheimer Cooperative Valuation in Europe) vise à promouvoir les interventions d’équipes mobiles pour prévenir les crises liées aux symptômes psycho-comportementaux sévères chez les personnes atteintes de démence. Le Pr Pierre Krolak-Salmon, responsable du centre mémoire de ressources et de recherche (CMRR) de Lyon, a suivi pendant deux ans une cohorte de quatre cent vingt-quatre personnes atteintes de ces troubles, quel que soit le stade de leur déclin cognitif ou fonctionnel, vivant à domicile ou en maison de retraite. Dans 52% des cas, le médecin généraliste a envisagé une hospitalisation. L’intervention d’une équipe mobile Alzheimer a permis d’éviter 82% de ces hospitalisations. Après l’intervention, les troubles neuropsychiatriques ont diminué significativement. Les troubles du sommeil et de l’appétit de la personne malade rendent la situation plus dangereuse et l’épuisement de l’aidant augmente le risque de recours à l’hospitalisation.

Krolak-Salmon P et al. Evaluation of a mobile team dedicated to behavioural disorders as recommended by the Alzheimer Cooperative Valuation in Europe joint action: observational cohort study. Eur J Neurol, 6 mars 2016.

http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/ene.12975/abstract.

Traverser la rue

« Les difficultés des piétons âgés, un groupe très vulnérable d’utilisateurs de la route, sont beaucoup moins bien étudiées que celles des conducteurs âgés », soulignent Isabelle Tournier et ses collègues, du LEPSIS (laboratoire exploitation, perception, simulateurs et simulations) à l’Institut français des sciences et technologies des transports, de l’aménagement et des réseaux (IFSTTAR) de Versailles. Les chercheurs proposent une revue des connaissances actuelles de ces difficultés : la marche, l’équilibre, la négociation des obstacles, l’orientation et la traversée de la route. Ces difficultés sont associées à des changements liés à l’âge dans les capacités sensorielles, cognitives, physiques et de perception de soi. Si l’on sait que les déficits visuels, la fragilité physique ou les déficits de l’attention ont un impact majeur sur la sécurité et la mobilité des personnes âgées, les rôles d’auto-évaluation et d’auto-régulation restent mal connus.

Tournier I et al. Review of safety and mobility issues among older pedestrians. Accid Anal Prev 2016; 91: 24-35. Juin 2016. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/26950033.

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