Tester les médicaments chez les patients dont on est sûr qu’ils vont développer la maladie

« Forts des succès récents pour diagnostiquer le plus tôt possible la maladie d’Alzheimer, les chercheurs ont décidé de réévaluer certaines stratégies thérapeutiques, en les testant cette fois chez certains types de patients », explique Recherche et santé, la revue d'information des donateurs de la Fondation pour la recherche médicale. « La première piste, la plus développée, est l’immunothérapie, qui consiste à cibler précisément le peptide bêta amyloïde anormal afin de le détruire. » Florence Pasquier, professeur de neurologie à l’Université Lille-2 et responsable duCentre national de référence pour les malades Alzheimer jeunes au CHRU de Lille, « il y a quelques années, les essais ont dû être stoppés car les médicaments testés avaient des effets indésirables trop importants (forte inflammation du cerveau). Mais aujourd’hui, de nouvelles molécules ont été mises au point, qui ne ciblent qu’une partie du peptide bâta-amyloïde : les patients enrôlés dans les essais sont à une phase précoce de la maladie et bénéficient d’une surveillance bien plus active. Par ailleurs, nous travaillons avec des patients dont on est sûr qu’ils vont développer la maladie, car ils sont porteurs d’une mutation génétique impliquée dans une forme héréditaire, très rare, de la maladie d’Alzheimer. Ce sont les conditions idéales. Les premiers résultats sont attendus d’ici trois ou quatre ans. »

Recherche et santé, 3è trimestre 2016.

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