Prévention des chutes : le temps de réaction est un facteur prédictif

Les mesures du temps de réaction à un stimulus ont un potentiel considérable en évaluation neuropsychologique, quel que soit le lieu d’examen. L’une de ces mesures est le temps de réaction intra-individuel (propre à chaque personne). David Bunce, de l’Université de Leeds (Royaume-Uni), le groupe de recherche sur les chutes et l’équilibre et le centre collaborateur de recherche sur la démence de l’Université de Nouvelle-Galles-du Sud à Sydney (Australie), ont suivi près de trois cents personnes sans troubles cognitifs et cent cinquante personnes atteintes de déficit cognitif léger, vivant à domicile et âgés de soixante-dix à quatre-vingt-dix ans. Les chercheurs montrent qu’un temps de réaction intra-individuel élevé peut être un indicateur d’une circuiterie neuronale défaillante, impliquée dans la fonction exécutive [impliquée dans toute action orientée vers un but : organisation/planification, inhibition, adaptation à la nouveauté, jugement, autocritique], la marche et la posture. Ces défaillances accroissent le risque de chute.

Bunce D. Intraindividual Stepping Reaction Time Variability Predicts Falls in Older Adults With Mild Cognitive Impairment. J Gerontol A Biol Sci Med Sci, 3 septembre 2016. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/27591431.

Prévention des chutes : freinée par la peur d’en parler

« Les chutes entraînent une forte morbi-mortalité. La littérature recommande le dépistage et l’identification des facteurs de risque pour appliquer des mesures de prévention, rappellent Maud Lamouille, médecin généraliste à     St-Malo (Ille-et-Vilaine), et ses collègues du service de gériatrie du CHU de Rennes. « Pourtant, la majorité des chutes n’est pas signalée. Quels sont les déterminants de la déclaration des chutes, par les patients de plus de soixante-cinq ans, à leur médecin ? Quelles sont leurs représentations des chutes ? Pendant neuf mois, un médecin généraliste remplaçant a demandé à tous les patients âgés s’ils avaient chuté au cours des douze derniers mois, et si oui, s’ils en avaient parlé au confrère remplacé. Les patients se répartissent en deux groupes : les "chuteurs déclarés" et ceux "non déclarés". Plusieurs critères semblent influer la déclaration des chutes : le type de chute (non accidentelle), un symptôme suite à la chute (malaise, traumatisme, douleur), la localisation du traumatisme (crâne), l’incitation d’un proche à consulter. La présence d’une culpabilité, à l’inverse, favorise la non-déclaration. Le questionnement direct par le médecin semble inciter à la déclaration. Les attentes du patient lors d’une consultation pour chute sont : un examen clinique complet, l’analyse de l’ordonnance, la prescription de kinésithérapie, des conseils, une réassurance. Parfois, la consultation génère de la peur, ce qui ne favorise pas la déclaration d’une nouvelle chute. La chute représente une sorte de "déchéance" pour l’individu, en parler relève de la confidence. Développer une politique de prévention des chutes passe par leur déclaration, favorisée par une communication appropriée prenant en compte les représentations mises en évidence dans les entretiens. »

Lamouille M et al. Chute du sujet âgé : en parler à son médecin ou pas ? Gérontologie et société 2016 ; 38(150) : 113-126. Septembre 2016. www.cairn.info/revue-gerontologie-et-societe-2016-2-page-113.htm.

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