Déficit cognitif léger : facteurs de protection

Rosebud Roberts et ses collègues, des départements d’épidémiologie, neurologie, psychiatrie et psychologie des cliniques Mayo (Etats-Unis), ont suivi pendant quatre ans deux cents octogénaires sans troubles cognitifs à l’inclusion. 47% ont développé un déficit cognitif léger pendant la durée de l’étude. Les facteurs prédictifs significatifs les plus importants de survenue de ce déficit sont la présence d’une mutation dans le gène de prédisposition APOEε4 (codant pour un transporteur du cholestérol ; risque multiplié par 1.9), la présence d’une dépression (risque multiplié par 1.8) ; une hypertension installée au milieu de la vie (risque multiplié par 2.4). En revanche, le risque de déficit cognitif léger est réduit chez les personnes participant à des activités artistiques (risque réduit de 73%), manuelles (risque réduit de 44%) et sociales (risque réduit de 55%), que ce soit au milieu ou à la fin de la vie, et l’utilisation d’un ordinateur à la fin de la vie (risque réduit de 55%).

Roberts RO et al. Risk and protective factors for cognitive impairment in persons aged 85 years and older. Neurology, 8 avril 2015. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/25854867.

Comment promouvoir une meilleure nutrition à domicile ?

Taija Puranen et ses collègues, du département de médecine générale de l’Université d’Helsinki, ont mené pendant un an un essai contrôlé et randomisé auprès de quarante personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer et de leurs aidants, pour tester l’efficacité d’une intervention de conseil en nutrition. Les chercheurs identifient plusieurs éléments permettant de promouvoir une meilleure nutrition : une attitude positive sur la nutrition, fondée sur une approche centrée sur la personne, un retour d’expérience, l’utilisation de cahiers d’alimentation et des conseils pratiques. Des visites d’un diététicien à domicile ont été appréciées : les participants ont eu le sentiment que quelqu’un prenait soin d’eux. Des réunions de groupe avec des aliments protéinés à grignoter ont renforcé le message nutritionnel en facilitant les discussions et la socialisation. Les suppléments nutritionnels oraux ont permis aux participants de retrouver de l’énergie, de les motiver à faire de l’exercice et de modifier leur régime alimentaire. Les idées fausses sur la nutrition, notamment la croyance que manger fait prendre du poids, constituent des freins à la modification du régime. Les problèmes de santé et les limitations fonctionnelles gênent la gestion de la nourriture, ainsi que certaines habitudes familiales invétérées.

Puranen TM et al. Tailored Nutritional Guidance for Home-Dwelling AD Families: The Feasibility of and Elements Promoting Positive Changes in Diet (NuAD-Trial). J Nutr Health Aging 2015; 19(4): 454-459. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/25809810.

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