Réduire la dépendance iatrogène liée à l’hospitalisation : les 6 principales causes (2)

Les chutes sont fréquentes chez les personnes âgées hospitalisées. Elles sont source de blessures dans 30 à 40 % des cas, de traumatismes (sévères dans 5% des cas), de peur de tomber, de syndrome post-chute, de perte d’autonomie et d’une augmentation de la durée de séjour à l’hôpital. Elles résultent de l’intrication de multiples facteurs prédisposants et précipitants : sédentarité, sarcopénie [fonte musculaire], dénutrition, obésité, déficits sensoriels (visuels, auditifs, proprioceptifs [perception de la position du corps dans l’espace]), troubles cognitifs, dépression, hypotension orthostatique, incontinence vésicale, ostéoporose, arthrose, troubles du sommeil, médicaments psychotropes, environnement, et de la peur de tomber. L’incontinence urinaire est fréquente (20 % des personnes âgées) et sa fréquence augmente avec l’hospitalisation (14% à l’admission et 33.5% à la sortie). Elle est un facteur de risque de déclin fonctionnel, de chutes, d’infections urinaires, d’altération de la qualité de vie et d’entrées en institution. Elle est multifactorielle, liée au vieillissement de l’appareil vésico-sphinctérien, aux comorbidités et aux troubles cognitifs. Lors de l’hospitalisation, elle est favorisée par certaines médications, des conseils diététiques ou prises en charge inadaptés, en particulier le port de protection urinaire non justifié. La rétention vésicale et le sondage vésical sont aussi des facteurs de risque d’incontinence urinaire, de confusion, de syndrome d’immobilisation et d’infection urinaire. La rétention vésicale doit être dépistée. Le sondage vésical doit être justifié et sa durée réduite. Les effets indésirables des médicaments peuvent être liés aux effets pharmacologiques, aux interactions médicamenteuses, au caractère inapproprié ou inutile du traitement, à des prescriptions manquantes, à une non-observance ou à des erreurs. Leur prévalence augmente avec la polymédication, pour atteindre 58% avec 5 médicaments et 82% avec 7 médicaments et plus. Ils sont associés à une augmentation des risques de chute, de confusion, de déclin fonctionnel et de décès, et à une augmentation de la durée de séjour hospitalier. Les prescriptions inappropriées les plus fréquentes concernent les psychotropes et les anticholinergiques. Les benzodiazépines et les anticholinergiques sont les deux classes médicamenteuses les plus impliquées dans le déclin fonctionnel des personnes âgées.

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