Fragilité

Le réseau mondial de recherche sur le vieillissement de l’Association internationale de gériatrie et de gérontologie (IAGG-GARN : Global Aging Research Network) publie les actes d’un colloque conjoint organisé avec l’OMS (Organisation mondiale de la santé) sur le concept de fragilité. Une initiative est en préparation pour appliquer ce concept en pratique clinique courante. Les professeurs Bruno Vellas de l’Institut du vieillissement de Toulouse, président de l’IAGG et Renato Guimaraes, ancien président de l’IAGG et président du réseau, distinguent trois sous-populations ayant des besoins de santé différents les sujets âgés « robustes » qui sont en bonne et totale autonomie ; les sujets âgés « fragiles » présentant des limitations fonctionnelles et une baisse des capacités d’adaptation au stress mais qui n’entrent pas dans la définition de la dépendance ; et les sujets âgés dépendants pour les activités de base de la vie quotidienne, qui ont besoin d’aide. « Cependant, malgré les preuves scientifiques montrant un lien entre la fragilité et un risque de complications, le concept de fragilité n’est pas mis en œuvre au niveau clinique dans la plupart des pays. De nombreuses personnes, qui ne sont pas identifiées comme fragiles, sont traitées de façon inappropriée dans des lieux de soins. Nous ne pouvons pas attendre plus longtemps pour évaluer les personnes âgées fragiles et pré-fragiles, et nous devons agir préventivement avant que la cascade irréversible de la dépendance se mette en place ».

Berrut G et al. Promoting access to innovation for frail old persons. J Nutr Health Aging, 14 février 2013. Subra J et al. Intégrer le concept de fragilité dans la pratique clinique : l’expérience du Gérontopôle à travers la plateforme d’évaluation des fragilités et de prévention de la dépendance. Cah Année Gérontol 2012 ; DOI 10.1007/s12612-012-0303-9. www.ensembleprevenonsladependance.fr/wp-content/uploads/2012/10/Int%C3%A9grer-le-concept-de-fragilit%C3%A9-dans-la-pratique-clinique-.pdf(texte intégral).

Peut-on prévenir la maladie d’Alzheimer ?

Dans un numéro spécial du journal de formation continue de l’Association américaine de neurologie consacré à la démence, le Professeur Kristin Yaffe, chef de service de psychiatrie gériatrique de l’Université de Californie à Los Angeles, et Tina Hoang, chercheur associé, rappellent les facteurs de risque modifiables. Les résultats des essais contrôlés randomisés concernant le traitement du risque cardiovasculaire restent controversés, alors que les interventions centrées sur le style de vie, en augmentant l’activité physique, cognitive et sociale, ont démontré des effets protecteurs sur le risque de démence. Les essais de supplémentation nutritionnelle concernant un seul nutriment ne sont pas concluants, mais la supplémentation avec des nutriments multiples est prometteuse. Des données observationnelles indiquent que la qualité du sommeil peut être un facteur de risque modifiable pour la prévention de la maladie d’Alzheimer.

Un groupe d’experts réuni par l’Association Alzheimer américaine fait le point sur la possibilité d’une prévention secondaire de la maladie d’Alzheimer (une fois la maladie installée), voire primaire (avant l’apparition de la maladie) à la lumière des connaissances actuelles utilisant les critères de diagnostic révisés, suggérant un continuum depuis le stade asymptomatique jusqu’au stade sévère de la maladie (Carrillo M et al).

Carrillo M et al. Can we prevent Alzheimer's disease? Secondary "prevention" trials in Alzheimer's disease. Alzheimers Dement 2013; 9(2): 123-131. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/23411394. Yaffe KHoang T. Nonpharmacologic treatment and prevention strategies for dementia. Continuum (Minneap Minn) 2013; 19 (2 Dementia): 372-381. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/23558483

Bêta-bloquants : un effet protecteur ?

Lon White et ses collègues, de l’Université de Hawaii (Etats-Unis), ont analysé les données de la cohorte HAAS (Honolulu-Asia Aging Study), qui a suivi pendant dix ans des hommes âgés de soixante-et-onze à quatre-vingt-treize ans à l’inclusion. Les lésions neurologiques ont été étudiées post-mortem chez près de huit cents personnes. Les personnes ayant été traitées durant leur vie uniquement par un antihypertenseur de type bêta bloquant, présentent significativement moins de lésions cérébrales caractéristiques de la maladie d’Alzheimer (plaques amyloïdes et dégénérescence neurofibrillaire) et de micro-infarctus. Ces lésions sont réduites, mais de façon moins importante ou marginale, avec les autres classes d’antihypertenseurs.

La Lettre mensuelle de l’année gérontologique. Recherche et pratique clinique. Février 2013. White L et al. Can Blood Pressure Drugs Reduce the Risk of Dementia? 65th American Academy of Neurology Meeting, San Diego, 7 janvier 2013.

www.aan.com/globals/axon/assets/10428.pdf.

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