Prévention de la démence : une approche multimodale personnalisée

« Au niveau mondial, la démence est la forme la plus fréquente de maladie neurodégénérative dans la population adulte et pose un problème de santé majeur avec des conséquences socio-économiques importantes », écrivent les coordonnateurs des études sur la fonction cognitive et le vieillissement (CFAS) financées par le Conseil pour la recherche médicale du Royaume-Uni. « Jusqu’à présent, les essais d’interventions visant à modifier la survenue ou la progression de la maladie ont largement échoué, ce qui a réorienté l’attention vers les interventions visant à modifier les facteurs de risque survenant tout au long de la vie. Un groupe expert recommande la poursuite d’études de haute qualité pour étudier les effets des interventions psycho-comportementales sur le délai de survenue du déclin cognitif et de la démence. « Le développement d’un futur essai de prévention devrait utiliser une approche multi-modale, multi-factorielle, multi-niveaux et personnalisée. »

Cognitive Function and Ageing Studies. Medical Research Council. A multi-modal approach to dementia prevention: A Report from the Institute of Public Health Cambridge. 2015. www.repository.cam.ac.uk/handle/1810/250429.

L’attitude des Chinois face au risque de maladie d’Alzheimer

« En raison des différences culturelles, les résultats d’études occidentales portant sur la connaissance et les attitudes face à la maladie d’Alzheimer sont difficiles à généraliser au grand public chinois ». L’École infirmière de l’Université médicale de Tianjin (Nord-Est de la Chine, 7.5 millions d’habitants) a interrogé cent quarante personnes âgées de vingt à soixante-quinze ans. 15.7% connaissent les facteurs de risque de la maladie d’Alzheimer. 98.6% pensent que les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer ne doivent pas être discriminées, et 55.7% ne savent pas si elles devraient partager le diagnostic de la maladie d’Alzheimer avec la personne malade. Changer de style de vie pour préserver sa santé ? Les personnes les moins disposées à le faire ont un faible revenu, des maladies chroniques ou une faible connaissance de la maladie d’Alzheimer.

Yang HF et al. A study on knowledge, attitudes and health behaviours regarding Alzheimer's disease among community residents in Tianjin, China. J Psychiatr Ment Health Nurs, 17 août 2015. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/26282709.

Prédiction du risque de démence : une application mobile

L’échelle CAIDE (Cardiovascular Risk Factors, Aging and Incidence of Dementia) est un instrument validé permettant de prédire le risque de démence dans la dernière partie de la vie, à partir de facteurs vasculaires observés au milieu de la vie, vingt ans auparavant. Miia Kivipelto et ses collègues, du centre Alzheimer de l’Institut Karolinska de Stockholm (Suède) ont développé une application mobile pour obtenir un score de risque sur son téléphone mobile, des conseils pour la modification de ces risques et suggérer d’aller consulter un médecin si besoin. Cette application permet également aux médecins de discuter des mesures préventives et de suivre la réduction du risque. L’application est téléchargeable gratuitement sur le site https://itunes.apple.com/us/app/caide-risk-score-app/id897853817?mt=8.

Sindi S et al. The CAIDE Dementia Risk Score App: The development of an evidence-based mobile application to predict the risk of dementia. Alzheimers Dement 2015; 1(3): 328–333. www.dadm.alzdem.com/article/S2352-8729(15)00061-5/pdf(texte intégral).

Effets protecteurs de l’exercice physique : quelles bases biologiques ?

David Ward et ses collègues, du centre de recherche et de formation sur la démence à l’Université de Tasmanie à Hobart (Australie), en collaboration avec Karen Ritchie du département de neuropsychiatrie de l’Université de Montpellier (INSERM U1061), ont suivi quatre cents personnes en bonne santé âgées de cinquante à soixante-dix-neuf ans (Tasmanian Healthy Brain Project). Les chercheurs montrent que le facteur neurotrophique dérivé du cerveau (BDNF, brain-derived neurotrophic factor), une protéine impliquée dans la croissance des neurones et la plasticité synaptique, a une influence sur la relation entre la fonction exécutive [capacités nécessaires à une personne pour s’adapter à des situations nouvelles, c’est-à-dire non routinières, pour lesquelles il n’y a pas de solution toute faite] et la réserve cognitive [ensemble des connaissances et des acquis cognitifs amassés par l'ensemble des activités (scolarité, loisirs, interactions sociales,…) menées lors de la vie. Ces activités développent une sorte de réserve mentale qui permet de compenser le vieillissement naturel de la cognition ou la détérioration des facultés mentales.]

Ward DD et al. The BDNF Val66Met polymorphism moderates the relationship between cognitive reserve and executive function. Transl Psychiatry 2015; 5: e590. www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC4490292/pdf/tp201582a.pdf (texte intégral). http://reflexions.ulg.ac.be/cms/c_30595/fr/reserve-cognitive, 18 septembre 2015.

Prévention des chutes chez les personnes atteintes de troubles cognitifs

Vicky Booth et ses collègues, de la division de rééducation et vieillissement à l’Université de Nottingham (Royaume-Uni), proposent une revue de la littérature scientifique sur les interventions visant à prévenir les chutes chez les personnes âgées atteintes de troubles cognitifs. Les interventions la plus étudiées sont l’exercice physique et des interventions multi-domaines. Les résultats sont « prometteurs », mais le manque de cohérence méthodologique des études ne permet pas d’affirmer de façon probante l’efficacité de ces interventions, avec un niveau de preuve suffisant pour élaborer des recommandations cliniques.

Booth V et al. Falls prevention interventions in older adults with cognitive impairment: A systematic review of reviews. Int J Therapy Rehab 2015 ; 22: 6. 4 juin 2015.

www.magonlinelibrary.com/doi/abs/10.12968/ijtr.2015.22.6.289.

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