La prévention est prioritaire

Le Professeur Bruno Vellas, responsable du pôle de gériatrie et du gérontopôle du CHU de Toulouse, milite pour que davantage de personnes soient incluses dans les essais de prévention. « En France, actuellement, on inclut deux cent cinquante patients par an. C’est notre frein principal, car ce n’est pas suffisant. Plus il y aura de patients, plus on ira vite ». Il y en avait cent fois plus pour le SIDA ». « Pratiquer un exercice physique est extrêmement important, car cela produit une augmentation du nombre de cellules du cerveau et du volume de l’hippocampe ». Il faut combiner l’exercice physique avec une alimentation riche en oméga-3. On sera plus efficace si on agit sur tous ces domaines. Il faut également confirmer les résultats de travaux sur l’apport de la vitamine D, qui a une action sur l’os, le muscle et le cerveau ».

Doc’Alzheimer, octobre-décembre 2013. Erickson KI et al.  Exercise training increases size of hippocampus and improves memory. Proc Natl Acad Sci USA, 31 janvier 2011. MedlinePlus, 31 janvier 2011. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/21282661

Prévention : quelle efficacité clinique ?

L’étude FINGER (Finnish Geriatric Intervention Study to Prevent Cognitive Impairment and Disability) est un essai d’intervention contrôlé et randomisé, mené auprès de mille deux cents personnes à risque de déclin cognitif, par Miia Kivipelto, de l’Université de Finlande orientale à Kuopio, en collaboration avec Francesca Mangialasche et ses collègues, de l’Institut Karolinska de Stockholm (Suède). L’intervention multi-domaine, d’une durée de deux ans, se compose de conseils nutritionnels, d’exercice physique, d’entraînement cognitif et activités sociales, et de gestion des facteurs de risque métabolique et vasculaire. Les caractéristiques cliniques de la cohorte à l’inclusion indiquent que plusieurs facteurs de risque vasculaires et liés au style de vie sont présents dans la population de l’étude, ce qui ouvre une fenêtre d’opportunité pour la prévention. L’intervention se terminera en 2014.

Kivipelto M et al. The Finnish Geriatric Intervention Study to Prevent Cognitive Impairment and Disability (FINGER): Study design and progress. Alzheimers Dement, 16 janvier 2013. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/23332672.

Le traitement de l’hypertension peut-il prévenir la démence ?

Une revue des essais cliniques et méta-analyses sur les interventions anti-hypertensives dans la prévention de la démence, menée par Luis Castilla-Guerra et ses collègues, du département de médecine interne de l’hôpital de la Merced à Osuna (Espagne), suggère que ces traitements pourraient réduire le risque de démence de 3% à 30%, mais cette réduction n’est pas statistiquement significative.

Castilla-Guerra L. Can the treatment of arterial hypertension help to prevent dementia? Rev Neurol 2013 ; 56(2) : 91-100. 16 janvier 2013.

www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/23307355.

Perte de substance blanche, déficit cognitif et transition vers la dépendance

Une étude multicentrique européenne (LADIS : leukoaraiosis and disability study), portant sur six cent trente-neuf personnes âgées en moyenne de soixante-quatorze ans (55% de femmes, 9.6 ans d’éducation scolaire, 64% physiquement actives), a évalué l’impact de la perte de substance blanche (leucoaraiose) sur la transition de personnes âgées autonomes vers la dépendance. Trois ans après l’inclusion, 14% des personnes étaient atteintes de démence (démence vasculaire 8.4%, maladie d’Alzheimer avec composante vasculaire 5.3%, démence fronto-temporale 0.3%) et 23% étaient atteintes de déficit cognitif léger. L’activité physique réduit le risque de déficit cognitif de 36%, le risque de démence de 39% et le risque de démence vasculaire de 38%. Cette réduction est indépendante de l’âge, de l’éducation, de la sévérité de l’atteinte de la matière blanche, de l’atrophie médio-temporale du cerveau d’une attaque cérébrale ou du diabète (Verdelho A et al). S’ajoutant à la perte de substance blanche, les micro-infarctus lacunaires incidents sont associés à un déclin accéléré des fonctions exécutives et de la vitesse psychomotrice. Ces lacunes déterminent un déficit cognitif vasculaire progressif modeste lié aux micro-vaisseaux (Jokinen et al).

Verdelho A et al. Physical activity prevents progression for cognitive impairment and vascular dementia: results from the LADIS (Leukoaraiosis and Disability) study. Stroke 2012 ; 43(12): 3331-3335. Décembre 2012. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/23117721. Jokinen H et al. Incident lacunes influence cognitive decline: the LADIS study. Neurology 2011 ; 76(22): 1872-1878. Mai 2011. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/21543730.

Hospitalisations évitables

Une étude menée par le Centre d’évaluation de la valeur et du risque en santé du centre médical Tufts à Boston (Massachusetts, Etats-Unis), auprès de deux cent mille personnes âgées de soixante-cinq ans et plus atteintes de la maladie d’Alzheimer, et un groupe témoin du même effectif (données 2007-2008 du régime Medicare), montre que les personnes atteintes de maladie d’Alzheimer ou d’une maladie apparentée ont un risque significativement plus élevé d’hospitalisation potentiellement évitable pour les complications à court terme du diabète (risque augmenté de 43%) et d’hypertension (risque augmenté de 22%), et un risque plus faible de broncho-pneumopathie chronique obstructive (risque diminué de 15%) ou d’insuffisance cardiaque (risque diminué de 11%). Le risque d’hospitalisation potentiellement évitable s’accroît de façon significative avec le poids de la comorbidité. Chez les personnes dont l’hospitalisation aurait pu être évitée, les dépenses totales de santé sont significativement plus élevées en présence d’une maladie d’Alzheimer (ou maladie apparentée), qui semble rendre la prise en charge plus difficile. « Idéalement, les programmes de prise en charge de la maladie d’Alzheimer devraient cibler les patients à haut risque atteintes de maladies chroniques multiples ».

Lin PJ et al. Potentially avoidable hospitalizations among Medicare beneficiaries with Alzheimer's disease and related disorders. Alzheimers Dement 2013 ; 9(1) :30-8. Janvier 2013. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/23305822.

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