Facteurs de risque modifiables

Sept facteurs de risque modifiables liés à la maladie d’Alzheimer contribuent à la moitié des cas de maladie d’Alzheimer dans le monde, selon un modèle élaboré par Deborah Barnes et Kristine Yaffe, du service de psychiatrie de l’Université de Californie et du centre médical des Anciens combattants à San Francisco (Etats-Unis) : un faible niveau d’instruction (19%), le tabagisme (14%), l’inactivité physique (13%), la dépression (11%), l’hypertension (5%), l’obésité (2%), le diabète (2%). Les auteurs ont évalué le risque attribuable à chacun des facteurs en population générale. Une réduction de 10 à 25% de l’ensemble de ces sept facteurs de risque permettrait de prévenir entre 1.1 et 3.0 millions de cas (sur un total de 33.9 millions) dans le monde (entre 184 000 et 492 000 aux Etats-Unis).

Barnes D et Yaffe K. The projected effect of risk factor reduction on Alzheimer's disease prevalence. Lancet Neurol, 19 juillet 2011.www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/21775213.

Démence et conduite automobile

Pour le Dr Monique Ferry, de l’INSERM Paris XIII, rester au volant représente, bien souvent, le dernier rempart contre la dépendance, en particulier si l’on habite loin d’un centre-ville : c’est ainsi que l’on connaît l’isolement des « veuves sans permis ». Par ailleurs, il semble impossible à ce jour de chiffrer le nombre de personnes atteintes de maladies neuro-dégénératives qui conduisent. Un arrêté du 21 décembre 2005 fixant la liste des affections médicales incompatibles avec l'obtention ou le maintien du permis de conduire ou pouvant donner lieu à la délivrance de permis de conduire de durée de validité limitée identifie la « démence documentée, après avis spécialisé si nécessaire », comme un cas d’incompatibilité.

Pour le Professeur Henry Hamard, ophtalmologiste et membre de l’Académie nationale de médecine, il ne faut pas confondre les troubles cognitifs à proprement parler et les composantes cognitives de la vision. Les phénomènes cognitifs en physiologie sensorielle conditionnent bien plus que la simple mesure quantitative de l’acuité visuelle, le champ visuel, la perception des contrastes. Chez les personnes présentant des pertes partielles du champ visuel (scotomes), il existe un remodelage des cartes corticales au bénéfice des modalités auditives et somesthésiques (sensations corporelles). Il faut donc prendre en compte l’ensemble de la perception sensorielle et sa traduction visuelle, en adoptant l’option des gériatres qui demandent, plutôt qu’une évaluation du risque fondée sur les seuls phénomènes cognitifs, une approche globale et fonctionnelle prenant en compte la cognition, la vigilance, la motricité et l’attitude de vie. Pour le Professeur Régis Gonthier, du service de gérontologie clinique de l’hôpital de La Charité au CHU de Saint-Etienne (Loire), les formes avérées de démence (score CDR ≥1) s’accompagnent d’un sur-risque d’accident de la route. L’attitude à avoir est plus difficile pour les maladies débutantes et modérées, surtout lorsqu’il existe des comorbidités. Aucun test réalisé isolément ne permet d’évaluer le risque.

Arrêté du 21 décembre 2005 fixant la liste des affections médicales incompatibles avec l'obtention ou le maintien du permis de conduire ou pouvant donner lieu à la délivrance de permis de conduire de durée de validité limitée. NOR : EQUS0500620A.www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000000265763&dateTexte=. Hamard H. Vision et conduite automobile ? Rev Gériatrie 36(6) : 343. Juin 2011. www.revuedegeriatrie.fr/2011/06/vision-et-conduite-automobile/. Hamard H et Corbe C. L’organisation cognitive de la vision. Intérêt de sa prise en compte pour la conduite automobile. Rev Gériatrie 36(6) : 347-356. Juin 2011. www.revuedegeriatrie.fr/2011/06/lorganisation-cognitive-de-la-vision-interet-de-sa-prise-en-compte-pour-la-conduite-automobile/.  Gonthier R et Crawford-Achour E. Conduite et atteintes cognitives. Rev Gériatrie 36(6) : 357-363. Juin 2011. www.revuedegeriatrie.fr/2011/06/conduite-et-atteintes-cognitives/.

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