Réserve cognitive et changements neuronaux

Sylvia Villeneuve et Sylvie Belleville, du service de psychologie de l’Université de Montréal (Québec), publient une revue sur la notion de réserve cognitive. Cette hypothèse, récente, et appuyée par de très nombreuses données empiriques, a été proposée pour rendre compte des données indiquant que la sévérité de l’atteinte cérébrale n’est pas toujours un bon indicateur de la sévérité des déficits qui lui sont associés. La réserve cognitive fait référence à la capacité qu’ont les individus à résister aux dommages cérébraux. Les données de la littérature montrent qu’une plus grande réserve retarde l’impact clinique des maladies neurodégénératives. Après l’apparition des signes cliniques, le déclin cognitif est toutefois plus rapide chez les patients dont la réserve cognitive est supérieure. L’éducation, le type d’emploi et le style de vie sont souvent utilisés comme des indicateurs de la réserve. Les facteurs de risque et maladies vasculaires pourraient réduire la réserve cognitive. La réserve cognitive est hautement variable d’un individu à l’autre : des différences individuelles anatomiques, comme le nombre de connexions synaptiques, ou fonctionnelles (capacité du cerveau à recruter des réseaux neuronaux compensatoires), sous-tendraient l’effet protecteur de la réserve.

Psychol NeuroPsychiatr Vieil. Villeneuve S et Belleville S. Réserve cognitive et changements neuronaux associés au vieillissement. Juin 2010.

Le cerveau, un défi pour la médecine

Les pôles de compétitivité Eurobiomed et Alsace-Biovalley, en collaboration avec Inserm-Transfert, ont organisé une journée de partage d’expérience entre chercheurs, médecins et industriels des neurosciences. Cette discipline doit, pour déboucher sur des innovations, produire d’abord des connaissances scientifiques. Pour Yehezkel Ben-Ari, fondateur et directeur de l'Institut de neurobiologie de Méditerranée (Inmed) à Marseille, il faut éviter les partis-pris dogmatiques et caricaturaux : « s'agissant du cerveau, organe éminemment plastique et adaptable, les approches simplistes sont vouées à l'échec », et croire qu'on va tout résoudre avec la génétique, et en particulier la thérapie génique, constitue pour lui une impasse. Encore plus que dans d'autres pathologies, le hiatus est énorme entre l'appréhension que les chercheurs fondamentalistes ont de la maladie et l'expérience qu'en ont les cliniciens, qui sont au contact des malades, écrit Catherine Ducruet, des Echos. Selon elle, « la jeunesse relative des neurosciences et la complexité de leur objet rendent aussi particulièrement inadaptée la démarche actuelle de développement des médicaments, séquentielle et stéréotypée ». Le projet européen Pharma-Cog, impliquant une trentaine de participants universitaires et industriels et doté de vingt millions d’euros, vise à développer des biomarqueurs pour les essais cliniques dans la maladie d'Alzheimer. Mira Didic, neurologue à l'Hôpital de la Timone de Marseille, explique : « nous sommes partis du constat que s'il y avait autant d'échecs avec les médicaments potentiels contre la maladie d'Alzheimer, c'est qu'on n'avait pas su ou pas pu choisir correctement la cible ou la dose administrée, ou qu'on avait mal sélectionné les patients. Le projet Pharma-Cog nous donne la possibilité de travailler à la mise au point de biomarqueurs biologiques ou comportementaux ». Parmi les collaborations public-privé de recherche et développement labellisées, trois projets concernent la maladie d’Alzheimer : DiaTral (diagnostic et traitement de la maladie d’Alzheimer) à Eurobiomed, Althera (dispositifs transdermiques pour automédication des patients atteints de la maladie d’Alzheimer) et Pharma-Cog (nouveaux biomarqueurs dans la maladie d’Alzheimer) à Alsace-Biovalley.

Les Echos, 3 juin 2010.

Prix de la Fondation NRJ

Créée il y a onze ans sous l’égide de l’Institut de France, et dotée d’un capital de trente millions d’euros, la Fondation NRJ soutient la recherche médicale en neurosciences. Le grand prix scientifique 2010, d’un montant de cent mille euros, a récompensé José Antonio Esteban, professeur associé au Centre de biologie moléculaire de Madrid (Espagne) et Bruno Dubois, professeur à la Faculté de médecine de la Pitié-Salpêtrière de Paris, pour leurs travaux sur la maladie d’Alzheimer.

www.radioactu.com, 4 juin 2010.

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