La maladie d’Alzheimer : un diabète du troisième type ? (1)

Quel lien entre le diabète et la maladie d’Alzheimer ? D’une part, le diabète est l’un des facteurs de risque de survenue de la maladie, et d’autre part, l’insuline aurait un rôle protecteur sur les connexions entre cellules nerveuses impliquées dans la mémoire, selon deux études récentes.
L’équipe de Laura Fratiglioni, du service de neurobiologie de l’Institut Karolinska à Stockholm (Suède), a vérifié l’association entre diabète, risque de maladie d’Alzheimer et démence vasculaire chez treize mille sept cents jumeaux âgés de soixante-cinq ans ou plus (l’intérêt de la recherche sur les jumeaux est d’éliminer les facteurs génétiques). Les résultats sur les paires discordantes de jumeaux montrent que l’apparition précoce (avant soixante-cinq ans) d’un diabète de type 2, où une production d’insuline subsiste mais reste inefficace, multiplie le risque de survenue d’une maladie d’Alzheimer ou d’une maladie apparentée par un facteur 2.4. Des facteurs génétiques et environnementaux pourraient contribuer à l’association entre un diabète d’apparition tardive et une démence, mais l’environnement chez l’adulte (alimentation et mode de vie) pourrait être responsable de l’association entre diabète survenu au milieu de la vie et démence, concluent les auteurs de l’article.
Reuters , 2 février 2009. Le Monde , 14 février 2009. www.agevillage.com , 9 février 2009.Diabetes . Xu W et al. Mid- and late-life diabetes in relation to the risk of dementia: a population-based twin study. Janvier 2009.

La maladie d’Alzheimer : un diabète du troisième type ? (2)

L’autre étude, du service de neurobiologie et physiologie de l’Université Northwesternd’Evanston (Etats-Unis) a mis en évidence in vitro , sur des neurones d’hippocampe en culture, un mécanisme protégeant les synapses (connexions entre les neurones) de la détérioration provoquée par les oligomères solubles toxiques dérivés de la protéine bêta-amyloïde. Ces molécules toxiques engendrent un stress oxydatif, des altérations et des déplacements de récepteurs membranaires cruciaux pour les mécanismes de plasticité neuronale et de mémorisation. Ces effets peuvent être totalement prévenus par l’insuline. A des doses d’insuline inférieures à la dose maximale, la protection des synapses est potentialisée par la rosiglitazone, un anidiabétique. Ces résultats suggèrent l’éventualité d’un troisième type de diabète, où l’action de l’insuline dans le cerveau serait diminuée, notamment en raison de l’âge. La possibilité de s’opposer aux effets délétères de la protéine amyloïde, grâce à l’insuline, ouvre de nouvelles pistes pour ralentir la pathogénèse.
Le Monde , 14 février 2009. Proc Natl Acad Sci USA . De Felice F et al. Protection of synapses against Alzheimer’s-linked toxins: insulin signaling prevents the pathogenic binding of Abeta oligomers. 10 février 2009.

Détection téléphonique des troubles cognitifs

Laurence Lacoste, psychologue, et Christophe Trivalle, praticien hospitalier au pôle « vieillissement, réadaptation et accompagnement » de l’hôpital Paul-Brousse à Villejuif (Val-de-Marne), présentent l’adaptation française d’un test de détection des troubles cognitifs par téléphone (TICS: Telephone interview for cognitive status) , le plus souvent utilisé dans la littérature internationale. L’INSERM évalue actuellement ce test en français dans le but de l’utiliser pour des études épidémiologiques.
Neurologie Psychiatrie Gériatrie. Lacoste L et Trivalle C. Adaptation française d’un outil d’évaluation par téléphone des troubles mnésiques : le French Telephone Interview for Cognitive Status Modified (F-TICS-m). Février 2009.

Amalgames : toxiques ?

Répondant à une question du sénateur de la Moselle Jean-Louis Masson, s’inquiétant du risque de toxicité des amalgames dentaires à base de mercure et d’un lien possible avec la maladie d’Alzheimer, le ministère de la Santé répond que « malgré les très nombreux amalgames dentaires posés depuis des décennies, on ne connaît pas un seul cas avéré d’intoxication mercurielle d’un patient par les amalgames dont il est porteur. Les doses de mercure libérées dans l’organisme par les amalgames dentaires sont infimes et, en tout état de cause, très en deçà des seuils auxquels des effets toxiques pourraient être observés (…). Les pays qui ont interdit ou restreint l’utilisation des amalgames dentaires l’ont fait en se fondant sur des considérations environnementales et non pas en raison d’une hypothétique toxicité des amalgames sur les personnes soignées. Une information objective et très complète sur ce sujet est disponible dans le rapport de l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (AFSSAPS) d’octobre 2005, intitulé ‘le mercure des amalgames dentaires’. Ce rapport peut être consulté sur le site internet de l’AFSSAPS ».
www.senat.fr . Question 06086 de Jean-Louis Masson. JO Sénat du 12 février 2009.

Comment évaluer les situations des personnes en perte d’autonomie ? (1)

Les premières journées scientifiques sur l’autonomie organisées par la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA) le 12 février 2009 avaient pour thème « évaluer pour accompagner ». L’événement a réuni sept cents personnes, et a permis de partager les études et expériences françaises et internationales sur les définitions et les modes opératoires de l’évaluation des situations des personnes en perte d’autonomie. Evaluer : « qui en est capable, qui en a la légitimité ? » s’interroge le Pr Gérard Saillant, chirurgien orthopédiste et président du Conseil scientifique de la CNSA. « qui est autonome, qui est vulnérable ? qui peut reconnaître les capacités à raconter, à donner du sens à l’existence humaine ? », interroge la philosophe Agata Zielinski. « Pourquoi les résidents de maisons de retraite sont-ils souvent absents de l’évaluation ? », questionne Martyne-Isabel Forest, juriste québécoise. Demandes, besoins, réponses ? « L’évaluation, ce n’est pas prendre des informations, mais échanger des informations pour faire surgir du sens », selon Jacques Ardoino, professeur en sciences de l’éducation. La CNSA n’a pas pour rôle de définir le ou les référentiels d’évaluation, mais de participer, en tant qu’agence, à la recherche scientifique sur les enjeux clés, à la mutualisation des bonnes pratiques, aux côtés de l’ANESM (agence nationale de l’évaluation sociale et médico-sociale)», explique Laurent Vachey, directeur de la CNSA.
www.cnsa.fr , 12 février 2009. www.agevillagepro.com , 16 février 2009.

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