Parc de recherche

L’allongement de la vie pose à la science des questions spécifiques. C’est pour tenter d’y répondre que le Biopark d’Archamps, situé à la frontière franco-suisse, sera inauguré dans les prochains mois. A terme, il accueillera une cinquantaine de chercheurs, pour moitié français (du CNRS et de l’INSERM) et pour moitié suisses (Université et hôpitaux universitaires de Genève), travaillant sur les thématiques du vieillissement, de la longévité et du bien-être, qui travaillent déjà au sein d’un groupement d’intérêt scientifique transfrontalier. Un des points forts du nouveau laboratoire sera la mise en place de modèles animaux originaux, grâce à une animalerie totalement adossée à des stations d’expertise technique uniques, notamment d’imagerie et d’analyse biochimique par spectrométrie : « nous allons développer une infrastructure d’étude d’un lémurien, le microcèbe, qui est un, modèle naturel de la maladie d’Alzheimer », explique François Rieger, neurobiologiste, directeur de recherche au CNRS (laboratoire « techniques en ingénierie médicale et complexité » de Grenoble) et responsable du projet Biopark . L’activité du centre se partagera entre des problématiques très fondamentales, la définition d’outils de diagnostic et le développement de thérapeutiques pouvant déboucher sur une valorisation industrielle. Environ 20% de l’activité du centre sera consacrée à des problématiques médico-psycho-sociales, avec le développement d’appartements intelligents.
www2.cnrs.fr , juillet-août 2008.

Nouveau marqueur génétique

Des équipes américaines, italienne, britannique, australienne et françaises (INSERM U744 de Lille, INSERM U614 de Rouen, Université de Lille), associées dans la recherche, viennent de découvrir, à partir des informations d’une banque tissulaire, un gène préférentiellement exprimé dans l’hippocampe et associé à la forme tardive de la maladie d’Alzheimer. Ce gène, CALMH1, code pour une glycoprotéine transmembranaire qui contrôle les concentrations intracellulaires de calcium et les niveaux de peptide amyloïde Abeta. Une association significative avec les formes tardives de survenue de la maladie d’Alzheimer a été observée dans une étude indépendante portant sur trois mille quatre cents personnes malades (qui ont un risque relatif de présenter un polymorphisme génétique au niveau du gène CALHM1 de 44%). Il pourrait s’agir d’une découverte majeure. Auparavant, le seul marqueur non ambigu de susceptibilité génétique était le gène ApoE sur le chromosome 19. Le nouveau gène est situé sur le chromosome 10.
www.elysee.fr, www.politique-digitale.fr26 juin 2008. Cell . Dreses-Werringloer U et al. A polymorphism in CALHM1 influences CA2 homeostasis, Abeta levels, and Alzheimer’s disease risk. 27 juin 2008. www.sciencedaily.com , 26 juin 2008.

Tests génétiques via Internet : quel droit, quel encadrement ?

La prolifération des sociétés vendant des tests génétiques via Internet a poussé le département californien de la santé publique à tenter de mettre un peu d’ordre dans ce secteur encore totalement incontrôlé. Si ces entreprises veulent continuer à faire des affaires en Californie, elles devront obtenir un agrément des autorités sanitaires. Si le test génétique est à finalité médicale, il devra être prescrit puis interprété par un médecin. Jusqu’à présent, la Californie s’était montrée libérale : les tests de paternité sont en vente libre et les clubs de généalogie utilisent couramment les tests génétiques pour leur recherche. Mais, très récemment, deux nouvelles entreprises, 23andMe et Navigenics , ont commencé à proposer des produits à plus large spectre, qui informent notamment les clients sur leur prédisposition à développer certaines maladies graves. L’argument de vente dit qu’en disposant de son code génétique, chaque client prend le pouvoir sur son propre corps, sans tutelle ni intermédiaire. Selon Yves Eudes, du Monde , ces sociétés sont regardées avec méfiance par les associations de médecins. Malgré l’injonction, les deux sociétés continuent à vendre leurs services, rappelant que leurs tests sont effectués par des laboratoires extérieurs agréés par l’Etat, et qu’elles emploient des médecins. Soutenues financièrement par de grands actionnaires (Google, NEA, Genentech…) , elles sont appuyées par les ligues de défense des droits civiques, les associations de malades… et indirectement par le Congrès américain, qui a voté en mai une loi interdisant toute discrimination fondée sur la génétique par les employeurs ou les assureurs.
Le Monde, 2 juillet 2008.

Réserve cognitive

Depuis une quinzaine d’années, les études de neuro-imagerie ont révélé l’importance de réseaux cérébraux qui prendraient le relais de zones altérées afin que la personne puisse réaliser des tâches cognitives. Grégoria Kalpouzos, Francis Eustache et Béatrice Desgranges du CHU de Caen présentent une revue thématique sur la notion récente de réserve cognitive et le fonctionnement cérébral au cours du vieillissement normal et de la maladie d’Alzheimer.
Psychol Neuropsychiatr Vieil. Kalpouzos G et al. Réserve cognitive et fonctionnement cérébral au cours du vieillissement normal et de la maladie d’Alzheimer. Juin 2008.

Handicap verbal

Pour Robert Moulias, du groupe de réflexion « éthique et vieillesse » de l’Espace éthique de l’AP-HP, et Sophie Moulias, du service de gériatrie de l’hôpital Ambroise Paré de Boulogne-Billancourt, la perte partielle ou totale de la parole est confondue trop souvent avec un handicap mental, alors que perte de la parole ne signifie pas altération ou perte de la pensée, ou avec un handicap psychique, lorsque la difficulté de se faire comprendre ou de comprendre peut entraîner de pseudo troubles du comportement. Ces confusions fréquentes peuvent altérer gravement le regard porté sur ces personnes ou l’attitude des aidants et des soignants à leur égard. Leur silence peut les faire considérer comme des objets. Cette dramatique négation de leur humanité altère inutilement la qualité de vie des personnes souffrant de ces déficiences ».
Gérontologie vision nouvelle, 15 juillet 2008.

Retour haut de page