Orthophonie : évaluation des capacités de communication

Trois orthophonistes, T. Rousseau, directeur de recherches à l'UNADREO (ERU 17) à l'Université d'Angers, A. de Saint-André de l'Université Paris VI et P. Gatignol, directrice déléguée du département universitaire d'enseignement et de formation en orthophonie de l'Université Paris VI, ont étudié l'influence de l'âge et du thème de la conversation chez trente-trois personnes âgées sans troubles cognitifs et cent cinquante-deux personnes atteintes d'une démence de type Alzheimer. Les personnes malades produisent en premier lieu des réponses, puis des affirmations, puis des descriptions, alors que chez les personnes sans troubles cognitifs, ce sont les affirmations, puis le non-verbal, puis les descriptions et enfin les réponses. Quelle que soit l'avancée dans la maladie d'Alzheimer, le discours des personnes malades se caractérise par une simplification des actes de langage utilisés, qui n'est pas retrouvée dans le vieillissement normal.
Les auteurs proposent également une normalisation de la grille d'évaluation des capacités de communication des patients atteints de démence de type Alzheimer (Gecco) de T. Rousseau. La grille Gecco permet d'évaluer la communication d'un point de vue pragmatique, dans des conditions naturelles d'interlocution. Sa passation n'est pas perturbante pour la personne malade, car elle ne le place pas en situation de test. La complexité de la grille ne permettant pas de faire une analyse des actes de langage en même temps que se déroule l'échange, il est nécessaire de pratiquer un enregistrement vidéo (qui prend en compte la communication non verbale) ou un enregistrement audio, à condition que les actes non verbaux aient été notés par ailleurs). Le Gecco existe en version informatisée. Les auteurs envisagent d'utiliser l'évaluation orthophonique de la communication comme élément diagnostique au stade de l'évaluation initiale : une altération progressive de l'utilisation de certains types de langage au profit d'autres, de meilleures performances dans certaines situations de communication ou dans l'abord de certains thèmes de discussion seraient des signes pouvant alerter sur l'apparition d'une éventuelle maladie d'Alzheimer.

Neurologie Psychiatrie Gériatrie. Rousseau T et al. Evaluation pragmatique de la communication des personnes âgées saines. Octobre-décembre 2009.

Personnalité et troubles du comportement : quel lien ?

En présence du vice-président du Conseil régional Rhône-Alpes, l'association lyonnaise Sport Alzheimer a accordé une subvention de dix-huit mille euros pour soutenir le projet de recherche multicentrique PACO « personnalité-Alzheimer-comportement », associant les CHU de Lyon, Grenoble, Saint-Etienne, Dijon, Nice et le CH de Colmar), coordonnée par le docteur Krolak-Salmon, et visant à rechercher des liens entre la personnalité des personnes malades et le risque de développer des troubles du comportement. Ce projet multidisciplinaire, neuro-géronto-psychiatrique, fait appel aux neurosciences et à des techniques avancées d'imagerie cérébrale.

www.lyoncapitale.fr, 6 octobre 2009.

Test sanguin

La société de biotechnologie française ExonHit Therapeutics a présenté les résultats cliniques de son test sanguin de la maladie d'Alzheimer au second congrès sur les essais cliniques dans la maladie d'Alzheimer (CTAD-Conference of clinical Trials on Alzheimer's Disease) tenu à Las Vegas (Etats-Unis). La société prévoit le lancement de ce test fin 2009. Il est destiné à « distinguer les patients souffrant de la maladie d'Alzheimer des individus sains ». Le professeur Peter Snyder, de l'Université Brown à Rhode Island, souligne que « le diagnostic clinique des patients atteints de la maladie d'Alzheimer pose aujourd'hui de nombreuses difficultés », et qu'il existe « une forte demande de la part des groupes pharmaceutiques pour des biomarqueurs fiables, valides et économiques, qui pourraient améliorer la sélection des patients devant participer aux essais cliniques sur la maladie d'Alzheimer. AclarusDx (le nom du test, anciennement EHTDx21), pourrait âtre un nouvel outil important pour aider les cliniciens à identifier les populations potentiellement susceptibles de tirer le plus de bénéfices des dernières avancées thérapeutiques ».
Le cours d'ExonHit Therapeutics a augmenté de 70% ces trois derniers mois.

www.mypharma-editions.com, informationhospitaliere.com, 2 novembre 2009. Second Conference of Clinical Trials on Alzheimer's Disease, Las Vegas. Fehlbaum-Beurdeley P et al. Identification of patients with Alzheimer's disease using molecular signatures derived from splice variant expression profiles from peripheral blood. 29 octobre 2009.

Congrès mondial : morceaux choisis

La Revue de Gériatrie propose un compte-rendu en français de plusieurs communications du congrès mondial de gérontologie et gériatrie, qui s'est tenu à Paris du 5 au 9 juillet 2009 concernant la maladie d'Alzheimer.

La Revue de Gériatrie. Jouanny P. Nouvelles approches dans la prévention de la maladie d'Alzheimer. Septembre 2009. La Revue de Gériatrie. Puisieux F. Stratégies émergentes pour la maladie d'Alzheimer. La Revue de Gériatrie. Krolak-Salmon et Marquet T. Nouvelles approches dans la prévention de la maladie d'Alzheimer. Septembre 2009.

Troubles cognitifs et prise en charge des maladies cardiovasculaires et du diabète

Il existe peu de travaux concernant la façon dont les co-morbidités cardio-vasculaires sont prises en charge chez les personnes âgées atteintes de la maladie d'Alzheimer ou de troubles apparentés. Cédric Campion, du service de médecine gériatrique de Roubaix, et le pôle de gérontologie du CHRU de Lille, ont mené une étude portant sur deux cent vingt-et-une personnes âgées en moyenne de 84.2 ans. 74.2% de ces personnes présentaient un trouble cognitif ; on observe chez ces personnes une prévalence significativement plus élevée de cinq pathologies prises ensemble : diabète, insuffisance cardiaque, accident vasculaire cérébral, fibrillation auriculaire, cardiopathie ischémique. Comment expliquer ce défaut de prise en charge ? Pour les auteurs, certaines raisons sont liées au comportement de la personne ou de son entourage : les personnes âgées consultent fréquemment leur généraliste, mais moins les spécialistes, ce qui conduit à une moindre prescription des traitements de référence. La qualité de l'observance ne semble pas liée à l'âge, mais à la complexité du traitement (polymédication). Les troubles cognitifs et du comportement compromettent chez les personnes malades la régularité de prise. Un manque de coopération lors de l'examen clinique, les difficultés de l'interrogatoire et la sémiologie atypique rendent le diagnostic difficile. D'autres raisons sont liées à l'attitude des médecins : en raison du risque iatrogène, certains médecins se refusent à prescrire certains médicaments, craignant de faire plus de mal que de bien. Les auteurs ajoutent : « on ne peut ignorer aussi que le terme de « démence » est empreint d'une connotation péjorative, même dans le milieu médical. Il est volontiers associé dans l'esprit des gens non seulement aux troubles du comportement (irritabilité, déambulation, agressivité, réactions imprévisibles...) mais aussi à la dépendance, voire à la déchéance. Cet amalgame est préjudiciable au patient dément, qui peut se voir refuser, par exemple, l'entrée de certains services hospitaliers (réanimation, soins intensifs...), alors qu'une personne atteinte de troubles cognitifs, mais non diagnostiquée comme telle, aurait eu probablement moins de difficultés à y être admise et à bénéficier d'une prise en charge optimale.

La Revue de Gériatrie. Campion C et al. Troubles cognitifs et prise en charge des maladies cardiovasculaires et du diabète. Septembre 2009.

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