La recherche doit avoir une vocation sociétale

Dans un article rédigé pour les Echos , Valérie Pécresse décrit le paradoxe de la recherche française : à son excellence académique ne répondent pas toujours les bénéfices que les citoyens pourraient attendre de la vie au quotidien. La France dépose trois fois moins de brevets que l’Allemagne. La ministre voit deux explications : d’une part « le manque de proximité entre recherche, société et économie », et d’autre part « un déficit de vision globale de l’effort national de recherche ». Si certaines thématiques comme la maladie d’Alzheimer ont été déclarées priorités nationales de recherche, les gouvernements successifs « l’ont fait par focus successifs et non en formulant une véritable stratégie scientifique d’ensemble pour notre pays ». Pour rendre la recherche française « plus dynamique, plus efficiente et plus réactive », la ministre souhaite « mettre fin au cloisonnement stérile entre chercheurs » et associer à la définition de la stratégie nationale de recherche, dans une large concertation, les scientifiques, les représentants des associations « porteuses d’enjeux » et du monde économique, pour « faire entendre la voix de la société française et exprimer avec la plus grande liberté ses attentes, ses besoins ou ses craintes ».
Les Echos, 3 septembre 2008.

Mort cellulaire

Julie Dunys, doctorante à l’Institut de pharmacologie moléculaire et cellulaire (CNRS/Université de Sophia Antipolis) a publié une thèse intitulée « le complexe gamma-sécrétase et la mort cellulaire par apoptose : implication dans la maladie d’Alzheimer ». Le complexe protéique gamma-sécrétase clive le précurseur membranaire de la protéine bêta-amyloïde, ce qui conduit à l’agrégation du peptide amyloïde et à la formation de plaques. Ces travaux apportent une meilleure connaissance des régulations entre les différentes protéines du complexe et du lien entre les protéines amyloîdes et l’expression de l’oncogène p53, impliqué dans la mort cellulaire par apoptose de cellules cancéreuses.
Le complexe gamma-sécrétase et la mort cellulaire par apoptose : implication dans la maladie d’Alzheimer. Thèse. tel.archives-ouvertes.fr , 3 septembre 2008.

Maladies neurodégénératives : des causes environnementales ?

Sensibilisant un nombre croissant de personnes dans le monde, la thèse d’un rôle contributif de l’environnement dans la survenance des maladies, avancée par les chercheurs de l’ARTAC (Association pour la recherche thérapeutique anti-cancéreuse, présidée par le Pr Dominique Belpomme, cancérologue à l’hôpital européen Georges Pompidou) est de plus en plus reprise. A chaque type de maladie, on associe des causes environnementales. La classification des maladies environnementales proposée par l’ARTAC comprend les maladies infectieuses, persistantes, émergentes ou réémergentes ; les maladies de type cancérogène, mutagène et reprotoxique ; les maladies du système nerveux central (notamment les maladies de Parkinson et Alzheimer), les maladies liées au stress, les maladies du système immunitaire, les maladies toxiques, hormonales ou inflammatoires, l’altération des fonctions vitales liées à des conditions extrêmes. Pour Alain Quibeuf, président du directoire du réassureur Prévoyance-Ré, l’approche environnementale pourrait avoir des incidences sur la manière d’apprécier les risques. Cela pourrait faire naître des aspirations à une révision des questionnaires de santé en introduisant de nouvelles questions prenant en compte les facteurs de risque environnementaux.
Cadences. Actualités de l’assurance dans l’économie sociale. Septembre 2008.

Troubles de l’équilibre et fonctions cognitives

Les troubles de la marche peuvent être présents au cours de la maladie d’Alzheimer, y compris aux stades léger à modéré de la maladie. Le risque de chute est important et les conséquences des chutes plus graves chez les personnes atteintes. Les chutes itératives constituent des facteurs de risque d’entrée en institution. Les études de prévention sont encore peu concluantes. Les principes de prévention comprennent des mesures individuelles et environnementales. Les premiers résultats de l’étude GuidAge, suivant plus de quatre mille personnes présentant une plainte mnésique subjective spontanée à leur médecin traitant, montrent que 16.6% de ces personnes présentaient à l’inclusion une station unipodale anormale. Il s’agit majoritairement de femmes, présentant un indice de masse corporelle plus élevé que dans le groupe sans anomalie de l’équilibre (76.6% contre 63.4%), plus fréquemment dépendantes pour une activité ou plus des activités instrumentales de la vie quotidienne (43.4% vs 24.3%), et chez qui on observe plus fréquemment une altération cognitive (plus de 60% ont un score CDR de 0.5 contre 53% dans le groupe sans anomalie).
La Lettre mensuelle de l’année gérontologique. Août-septembre 2008.

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