Epigénétique

Johannes Gräff et Isabelle Mansuy, de l’Institut fédéral suisse de technologie de Zürich (Suisse), publient une revue sur les marqueurs épigénétiques de la cognition et du comportement. Il s’agit de l’assemblage tridimensionnel de la double hélice d’ADN et des protéines qui la recouvrent (histones). Cette conformation est hautement dynamique. Dans le système nerveux, les codes épigénétiques sont impliqués dans certains processus cellulaires fondamentaux, comme la plasticité des synapses, et dans les comportements complexes liés à l’apprentissage et à la mémoire. Les marqueurs épigénétiques peuvent être transmis de façon stable à travers la division cellulaire et la transmission héréditaire non génomique.
Behavioural brain research. Gräff J et Mansuy IM. Epignetic codes in cognition and behaviour.Septembre 2008.

Formes toxiques

Quel est l’agent pathogène de la maladie d’Alzheimer présent dans le cerveau humain ? Des neurologues et neurobiologistes de l’école de médecine de Harvard (Boston, Etats-Unis), duTrinity College et de l’University College de Dublin (Irlande) ont extrait les oligomères solubles de la protéine Abeta directement du cortex cérébral de personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer et les ont injectés à des souris. Les oligomères désorganisent gravement, et de façon spécifique, la structure et la fonction des neurones et des synapses. Les dimères sont l’espèce toxique la plus petite.
www.news-medical.net26 juin 2008. www.nih.gov , 22 juin 2008. Bulletin électronique de l’ambassade de France aux Etats-Unis, ADIT-www.bulletins-électroniques.com, 4 juillet 2008. Nature Med. Shankar GM et al. Amyloid-beta protein dimers isolated directly from Alzheimer’s brains impair synaptic plasticity and memory. 22 juin 2008.

Vaccin

Le magazine scientifique Scientific American consacre un article de vulgarisation au développement expérimental, chez la souris, de vaccins basés sur un vecteur viral de typeHerpes simplex , pouvant exprimer simultanément des antigènes multiples et des gènes immunomodulateurs (amplicons). Selon William Bowers, de l’Université médicale de Rochester (New York, Etats-Unis), cette méthode de production d’anticorps pourrait être plus sûre que celle développée par les laboratoires Elan, arrêtée en cours d’essai clinique chez l’homme en raison de sa toxicité.
Scientific American, www.sciam.com, 11 juillet 2008. Mol Ther. Frazer ME et al. Reduced pathology and improved behavioural performance in Alzheime’s disease mice vaccinated with HSV amplicons expressing amyloid-beta and interleukin 4. Mai 2008.

Données d’imagerie, données d’autopsie : quelle corrélation ?

L’équipe du Pr Steven DeKosky, du service de neurologie de l’Université de Pittsburgh (Etats-Unis) a mis au point un radiomarqueur (PiB-Pittsburgh compound-B) pour la tomographie à émission de positons (PET-scan) , qui se fixe avec une haute affinité sur les agrégats de plaques amyloïdes in vitro . La rétention du PiB in vivo dans le cerveau de personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer montre une distribution dans les aires cérébrales très proche de celle observée post-mortem . Ces travaux, réalisés sur vingt-huit personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer et pour qui l’on disposait à la fois d’un PET-scan réalisé dix mois avant leur décès et de données d’autopsie, soutient la validité de l’imagerie PiB-PET comme méthode d’évaluation in vivo de la charge en plaque Abeta.
Brain . Ikonomovic MD et al. Post-mortem correlates of in vivo PiB-PET amyloid imaging in a typical case of Alzheimer’s disease. 2008. 

Imagerie : un consortium européen pour la maladie d’Alzheimer

En Amérique du Nord, le groupe ADNI (Alzheimer’s disease neuroimaging initiative-initiative pour l’imagerie de la maladie d’Alzheimer) a mis en place une plateforme de recherche pour suivre l’évolution de la maladie d’Alzheimer dans le cerveau. Une étude pilote a été réalisée pour tester la faisabilité de cette démarche en Europe (pilot E-ADNI) dans plusieurs sites universitaires (EADC-European Alzheimer’s disease consortium) : centre San Giovanni di Dio de Brescia (Italie), Université libre d’Amsterdam (Pays-Bas), Inserm U558 de Toulouse, Université d’Edimbourg (Royaume-Uni), Université Ludwig-Maximilian de Munich (Allemagne), Hôpital universitaire Sahlgrenska de Mölndal (Suède), Hôpital universitaire de Copenhague (Danemark), Institut Karolinska de Stockholm (Suède), Hôpital San Giovanni Calibita de Rome. Le consortium européen a inclus dix-neuf personnes atteintes de déficit cognitif léger, vingt-deux atteintes de la maladie d’Alzheimer et dix-huit personnes âgées en bonne santé. Les images obtenues par résonance magnétique, des échantillons de sang et de liquide céphalo-rachidiens ont été rassemblés en un lieu unique. Le taux de recrutement est de 3.5 personnes par mois et par site. Les caractéristiques cognitives, comportementales et neuropsychologiques des personnes malades suivies par les centres européens étaient similaires à celles observées chez leurs homologues américains.
Alzheimer’s and dementia. Frisoni GB et al. The pilot European Alzheimer’s disease neuroimaging initiative of the European Alzheimer’s disease consortium. Juillet 2008.

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