Recherche en neurosciences : harmonisation internationale

Trois organismes nationaux, le Deutsches Zentrum für Neurodegenerative Erkränkungen (Allemagne), le Medical Research Council (Royaume-Uni) et les Instituts canadiens de la Santé (CIHR) ont signé un accord de coopération pour établir des recommandations et des technologies harmonisées pour la recherche en sciences de la neurodégénérescence. Les gouvernements allemand, britanniques et canadien soutiennent cet accord.

www.cihr.ca, 10 juin 2010.

Essais de prévention : taux d’abandon dans les essais cliniques

La sortie d’essai (participant dropout) compromet les effets cliniques en réduisant la puissance statistique et en introduisant des biais de représentativité de l’échantillon. Ronald Petersen, professeur à l’Ecole de médecine de la Mayo Clinic de Rochester (Minnesota, Etats-Unis), et ancien médecin du président Ronald Reagan lorsqu’il était atteint de la maladie d’Alzheimer, montre, sur une étude de prévention secondaire (prévention de l’aggravation de la maladie) portant sur sept cent soixante-neuf personnes atteintes de démence, que 30% des participants quittent prématurément l’essai. Le risque d’abandon est plus élevé chez les personnes malades issues des minorités ethniques (risque multiplié par 2.1), chez celles ayant un niveau d’éducation inférieur à l’Université (risque multiplié par 1.6), une dépression (risque multiplié par 1.3), chez les hommes non mariés (risque multiplié par 2.1 par rapport aux hommes mariés) et les participants recrutés par des sociétés commerciales réalisant des essais cliniques (risque multiplié par 2.2 par rapport aux participants recrutés par des centres de recherche sur la maladie d’Alzheimer financés par l’Institut national du vieillissement (National Institute on Aging). Les centres académiques, qui pratiquent une « rétention ciblée » des participants aux essais cliniques, s’estiment plus performants que les sociétés privées pour améliorer la puissance statistique et la validité des futurs essais cliniques chez les personnes âgées présentant des déficits cognitifs. 

Alzh Dis Assoc Disorders. Edland SD et al. NIA-funded Alzheimer centers are more efficient than commercial clinical recruitment sites for conducting secondary prevention trials of dementia. Avril-juin 2010

Démence vasculaire : promotion de la santé

Rachel Price, infirmière coordinatrice au centre de santé mentale communautaire de Pennine Care NHS Trust de Stockport, et John Keady, professeur de sciences infirmières en santé mentale des personnes âgées à l’Université de Manchester (Royaume-Uni) proposent une revue systématique de la littérature sur le rôle de l’infirmière dans la promotion de la santé pour la prévention et la réduction des risques modifiables de démence vasculaire.

Journal of Nursing and Healthcare of Chronic Illness. Price RS et Keady J. Systematic review: role of health promotion in vascular dementia. 17 mai 2010.

Apathie et fonction exécutive

L’apathie, définie comme une réduction dans les comportements volontaires orientés vers un but, est l’un des symptômes comportementaux les plus fréquents de la maladie d’Alzheimer. L’équipe de Martial van der Linden, professeur de psychologie clinique à l'Université de Genève (Suisse) et à l’Université de Liège (Belgique), et traducteur du Mythe Alzheimer, a mené un essai clinique comparant trente-sept personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer à un groupe témoin de trente personnes, pour leur capacité à réaliser plusieurs tâches exécutives (multitasking) particulièrement importantes pour la vie quotidienne (MSET-Modified Six Elements Task). Simultanément, un membre de la famille proche a complété un inventaire d’apathie, évaluant trois dimensions distinctes : le manque d’initiative, le manque d’intérêt et l’émoussement émotionnel (emotional blunting). Par rapport au groupe témoin, les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer présentent davantage de déficits dans la réalisation de tâches multiples. L’analyse statistique montre que le nombre de règles non respectées lors du test MSET (incapacité à réaliser plusieurs tâches dans un temps prédéfini en observant certaines règles) serait le meilleur critère prédictif de l’apathie, et particulièrement le manque d’initiative. 

Alzh Dis Assoc Disorders. Esposito F et al. Apathy and executive dysfunction in Alzheimer’s disease. Avril-juin 2010.

Apathie et dépression

La position nosologique de l’apathie reste obscure, certaines études suggérant que l’apathie et la dépression sont des constructions distinctes, d’autres montrant un recouvrement significatif des deux pathologies. Pour G. da Ponte et ses collègues des hôpitaux Nossa Senhora do Rosário de Barreiro et São Bernardo de Setúbal (Portugal), qui ont réalisé une revue de littérature, le concept moderne d’apathie implique une réduction de la volition (acte de volonté en tant que faculté). L’apathie existe à la fois dans la dépression et la démence, le syndrome étant caractérisé par la perte d’intérêt, le retard psychomoteur, la perte d’énergie et la perte d’appétit. L’apathie, qui peut se présenter dans la démence sans être accompagnée de dépression, est associée significativement à des déficits cognitifs plus sévères. Pour les auteurs, dans la démence, la dépression peut résulter d’une combinaison des symptômes de l’anxiété et de l’apathie. La plupart des personnes présentant à la fois une démence et une apathie ont une dépression concomitante, alors que des personnes moins déprimées ont une apathie concomitante. Les symptômes de l’humeur sont des clés pour poser le diagnostic, selon les auteurs : la dysthymie pourrait être due à une réaction émotionnelle négative au déclin progressif de la démence, alors que la dépression majeure serait plus fortement associée à des facteurs biologiques. 

European Psychiatry. Da Ponte G et al. Apathy in the spectrum dementia-depression. P01-349, 18th European Congress of Psychiatry. 7 juin 2010

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